Nous vous proposons aujourd’hui, un nouveau sujet de dissertation pour vous entraîner avant l’épreuve anticipée de français au baccalauréat. N’oubliez, si ce n’est déjà fait de consulter le premier sujet de dissertation que nous vous avons proposé. Ce sujet de dissertation proposé en classe de première vise à mettre en situation l’élève qui se retrouve face à ses compétences en matière de méthodologie et de connaissances de la littérature française principalement. Ce corrigé sans en exclure d’autres possibles s’avère utile pour se préparer au bac s’entraîner à l’épreuve de dissertation, consolider ses références littéraires ou encore améliorer son niveau de langue. Dans tous les cas, il est conseillé de faire régulièrement des exercices pratiques jusqu’à l’avant-veille des écrits du bac pour tester ses capacités. Sujet Est-il plus efficace de défendre une cause ou de dénoncer une injustice à travers une fiction ou à travers une argumentation ? » Les termes du sujet nous invitent à réfléchir sur deux modes d’écriture – l’argumentation et la fiction – pour savoir si l’un des deux est susceptible de l’emporter en termes d’efficacité dans la défense d’une cause ou la dénonciation d’une injustice » Est-il plus efficace de défendre une cause ou de dénoncer une injustice à travers une fiction ou à travers une argumentation? ». L’argumentation ou discours est une forme d’éloquence soumise à des règles qui remontent à l’Antiquité. Elle a pour objectif de convaincre et de persuader le lecteur ou l’auditeur. A titre d’exemple, le discours judiciaire vise à dénoncer ou défendre quelqu’un ou une cause. Les œuvres en revanche portant mention de roman ou poème relèvent pour leur part de la fiction. L’auteur s’ingénie à transformer une réalité extratextuelle » un fait divers par exemple en réalité textuelle ». Il s’agira donc en premier lieu de montrer en quoi l’argumentation peut se révéler particulièrement efficace notamment par la stratégie rigoureuse d’un raisonnement et l’efficacité des émotions. En second lieu, nous verrons que les œuvres fictives ne manquent cependant pas de ressources en la matière juste avant d’aborder des textes qui conjuguent à la fois argumentation et fiction tels que le conte philosophique par exemple ou l’apologue. Certains discours du siècle des Lumières laissent penser que l’argumentation est particulièrement efficace en termes de dénonciation d’une injustice ou de défense d’une cause. Que l’on songe au Traité sur la tolérance 1763 de Voltaire ou encore L’Esprit des lois 1748 de Montesquieu. Dans le premier cas, Voltaire défend la justice à partir de l’affaire Marc Antoine Calas. Il s’agit d’un jeune protestant prêt à se convertir au catholicisme que l’on retrouve mort chez son père. Ce dernier sera accusé d’assassinat . Le parlement de Toulouse le condamne, le torture et l’exécute sans preuve. Voltaire relance l’affaire pour obtenir la réhabilitation de la famille Calas. Dans l’essai L’Esprit des lois, Montesquieu dénonce l’esclavage colonial dont l’Encyclopédie se fait l’écho et affirme que les Noirs sont des hommes, les égaux des Blancs. L’efficacité de ces textes tient à la stratégie mise en oeuvre. Celle-ci repose sur la rigueur de l’évidence. L’auteur généralement réussit à s’effacer derrière les faits qui parlent d’eux-mêmes. Il parle au nom de la raison. Cela dit, les arguments dépassent la dimension purement théorique. Ils sont chargés d’émotion. Voltaire parle par exemple d' »affreux supplice ». Raison et compassion s’entremêlent pour plus d’efficacité. Si l’on prend l’exemple d’un extrait de L’Esprit des lois où Montesquieu dénonce l’esclavage, on se rendra compte que les arguments s’enchaînent rigoureusement et sont de plusieurs types à la fois économiques, philosophiques et moraux. Par ailleurs, la subtilité du raisonnement par l’absurde est redoutable. En effet, Montesquieu prend stratégiquement et ironiquement le point de vue de l’esclavagiste pour dénoncer l’esclavage. Les arguments employés justifient l’esclavage tandis que le raisonnement par l’absurde le dénonce. La dimension ironique du propos démultiplie l’efficacité du raisonnement. Les textes sont démonstratifs et finissent par avoir un caractère exemplaire. A ce titre, il semble que l’on ne puisse douter de leur efficacité. Reste que l’on ne peut restreindre l’analyse à ce seul et unique type d’écriture. Les ressources de la fiction méritent d’être prises en compte. La fiction a plutôt vocation à divertir. En effet, le roman est une fiction et en aucun cas un traité politique ou idéologique. On peut citer dans cette perspective, les romans d’évasion Robinson Crusoë de Defoe, L’Or de Blaise Cendrars ou Le Chercheur d’or de Le Clezio. Les romans d’aventures s’inscrivent dans la même perspective les romans de cape et d’épée de Dumas Les Trois mousquetaires par exemple ou les romans d’Agatha Christie ou encore le roman L’Atlantide de Pierre Benoît. Mais ce n’est là qu’une facette possible des romans. Certains autres laissent une place importante aux idées politiques. La Curée de Zola dénonce l’enrichissement des banquiers sous le second Empire. Germinal du même auteur décrit les débuts du prolétariat et la revendication d’un droit de grève. L’auteur se fait le porte-parole d’une catégorie sociale. Si l’on regarde d’un peu plus près L’Assommoir 1877 de Zola, on se rend compte que l’auteur dénonce des conditions de vie du milieu ouvrier en insistant sur leur existence marquée par la misère, la déchéance et la mort. L’animalisation du père Bru transforme certains passages en dénonciation d’une classe sociale. L’efficacité de l’écriture reflète le courant naturaliste dans lequel l’oeuvre s’inscrit. Le rôle du personnage est à ce titre essentiel. Les idées défendues acquièrent une dimension universelle surtout quand elles sont incarnées par des personnages de ce type. On pourrait citer dans cette perspective, le personnage de Julien Sorel dans Le Rouge et le Noir de Stendhal 1830, notamment sa plaidoirie en toute fin de roman. Julien Sorel est condamné pour avoir tiré sur Madame de Rénal. Il prononce un discours, non pour se défendre mais pour critiquer la société. Le discours se révèle construit et captivant par le mélange de plusieurs registres polémique, dramatique et pathétique. Il en ressort un personnage martyr au destin joué d’avance, victime de l’injustice de ses bourreaux, des bourgeois. Le choix des idées ou le choix d’une forme, en l’occurrence le roman mais on aurait pu citer la forme épistolaire des Lettres persanes ou encore la création d’un personnage incarnant des valeurs pour finir universelles peuvent se combiner pour un maximum d’efficacité. Ajoutons que le contexte historique et/ou idéologique favorise la réception des textes. L’efficacité du roman tient également au pacte de lecture que l’auteur établit avec son lecteur. Avec davantage d’attention, on remarque que certaines œuvres combinent le discours et la fiction. C’est le cas du conte philosophique Candide de Voltaire. L’auteur insère dans un cadre narratif proche du merveilleux avec des personnages stéréotypés, voire indéterminés, naïfs et ingénus tel le héros Candide, des critiques ciblées de la noblesse, de la religion et de l’éducation ou encore du pouvoir qui cherche à manipuler les gens. Le style est percutant d’autant qu’on a affaire à une réécriture parodique de la genèse avec un château le Jardin d’Eden, une femme appétissante » Cunégonde la pomme et Candide amoureux en quête de connaissance l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Dans la même perspective, il conviendrait de citer les Fables de Jean de La Fontaine qui sont un pur divertissement au service de la critique. L’auteur utilise les ressources de la fable pour amener le lecteur à réfléchir avec lucidité sur les travers de la société et/ou de la nature humaine. L’efficacité de ces apologues est indubitable l’auteur met en scène des contre-modèles pour opérer chez le lecteur une catharsis. Voyant ce à quoi mènent l’orgueil et l’avarice, le lecteur se détourne de la grenouille qui explose à force de gonfler d’orgueil. Le divertissement et la critique voire l’instruction se combinent pour une efficacité argumentative maximum. Au terme de notre propos, on peut convenir que le discours argumentatif tel qu’on a pu l’explorer à travers une série d’exemples empruntés à la littérature du XVIIIème siècle, est particulièrement efficace en termes de défense d’une cause ou de dénonciation d’une injustice. Le choix d’une idée comme la lutte contre l’esclavage colonial défendue sur le mode d’un raisonnement par l’absurde qui n’exclut pas les émotions rendent le texte convaincant et persuasif. D’autres exemples relevant de la fiction peuvent – à y regarder de plus près – avoir tout autant d’efficacité. Les romans réalistes du XIXème siècle puisqu’on ne parle pas de fictionnalité à proprement parler dans les siècles précédents illustrent parfaitement le sujet. Enfin d’autres exemples combinent à la fois fiction et argumentation tels que les Fables de la Fontaine. Il s’agissait donc non seulement d’illustrer les idée évoquées dans le sujet et dépasser la formulation plutôt restrictive. Reste qu’on aurait pu également explorer la poésie et le théâtre où les exemples mêlant fiction et argumentation foisonnent. Les pièces les plus efficaces sont probablement celles qui ont payé le prix fort de la censure. J'interviens avec le souci constant de répondre au plus près des besoins des élèves de collège et de lycée dans un espace inédit de travail en petits groupes.MichelSerres projetait de consacrer un grand ouvrage aux Fables de La Fontaine. Sa mort en 2019 l’en aura empêché. Les éditions Le
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Importance Of Doing Homework . gcse art coursework identity And the world's so good thatmoi gt comme je te lé di... tomber sur les animaux malades de la peste.. je c pa si tu la coné, tout les animaux sont réunis parce qu'il y a la peste et un doit se désigner kelklunpour qu'elle disparaisse, tout le monde s'accuse, le lion en premier qui est le plus "fort" en se déculpabilisant, puie tte les rangs de classe passe jusqu'à l'âne, qui se fait "détruire"et donc la prof mavé demandé si je pensé que ct toujours d'actualité et g commencé par dire non parce que pour moi, on avé plus un régime comme avant aussi inégale...si tu vois ce que je veux dire, mais bon vu sa tete g changé d'avis, et g dis oui, parce que en fait falé dire qu'aujourd'hui, qd il arrive un pépin excuse l'expression si c par exemple à un homme politique ou au président je ne porte ps de jugement c pa moi qui lé dit !!! ..... bref qd ile leurs arrivé kekchose, il se débrouiller pour s'en sortir sans rien....voila c un peu pré tout ce qu'ellex mavé dit, ...je pense pas que ça puisse tédé bcp en fait.... enfin bonne chanc qd mm ....!!! !!!! je sui de tout avec toi !!!! LaFontaine semble lui accorder un rôle important dans ses Fables et bien d'autres écrivains font rimer imagination et argumentation. les Fables de La Fontaine,une œuvre composite? Il s'agit donc de comprendre en quoi l'imagination, loin de nuire au travail de la raison et au débat d'idées, peut se révéler particulièrement précieuse. Bac de français 2020-La littérature d’idées Objectif connaître la vie et l'oeuvre d'un auteur majeur du XVIIe siècle. 1. Biographie 1621-1695 a. Sous la protection de Fouquet Maître des Eaux et Forêts, Jean de La Fontaine vit à Paris. Il est reçu à la cour de Louis XIV, sous la protection de Fouquet, ministre des Finances. Il vit dans le luxe et côtoie l'élite intellectuelle de l'époque Mme de La Fayette, Mme de Sévigné, La Rochefoucauld, etc. Il écrit des poèmes mais ce ne sont pas encore des oeuvres majeures. b. A partir de 1661 Fouquet est emprisonné à vie pour avoir dépensé l'argent de l'Etat sans raison. La Fontaine reste fidèle à son ami, de sorte que Louis XIV lui ferme les portes de la cour. L'auteur trouve donc d'autres protecteurs, parmi lesquels Mme de La Sablière. En 1665, La Fontaine connaît le succès avec Contes et Nouvelles en vers, puis paraissent en 1668 les six premiers livres des Fables. La Fontaine est reconnu comme un auteur de talent et entre à l'Académie française en 1684. 2. Les Fables a. Présentation générale du recueil Les Fables sont regroupées en 12 livres d'une vingtaine de fables chacun, qui sont publiés de 1668 à 1694. Il s'agit de poèmes inspirés des auteurs antiques, le fabuliste grec Esope VIe siècle av. et le latin Phèdre Ier siècle av. siècle ap. On remarque là l'appartenance de La Fontaine au groupe des Anciens dans la querelle des Anciens et des Modernes. Cependant, si l'auteur s'inspire de l'Antiquité, il privilégie à la copie une imitation libre, modernisant ainsi la matière des Anciens. La fable contient souvent une morale car elle a un objectif pédagogique. Mais cette morale n'est pas toujours exprimée. b. Caractéristiques d'une fable Une fable est un texte en prose ou en vers. Celles de Jean de La Fontaine sont essentiellement versifiées. Ce sont de courtes narrations qui contiennent un enseignement. Celui-ci peut être intégré à la narration ou prendre la forme d'une morale exprimée. Cependant, la morale telle qu'elle est donnée dans la fable n'est pas toujours celle qu'il faut appliquer. Le lecteur a donc parfois à charge de déduire l'enseignement du texte. D'autre part, si La Fontaine met souvent en scène des animaux Les fables ne sont pas ce qu'elles semblent être ; Le plus simple animal nous y tient lieu de maître. » Le Pâtre et le Lion », VI, 1, cela n'a rien de systématique. c. L'objectif des fables Les fables sont destinées à délivrer un enseignement au lecteur notamment par le biais de la morale tout en le distrayant. De cette double vocation découlent des textes courts qui privilégient l'agrément du récit tout en abordant des sujets sérieux. L'essentiel Jean de La Fontaine est un auteur majeur du XVIIe siècle. C'est essentiellement à travers ses Fables qu'il nous est connu, s'affirmant comme le spécialiste français de cette forme littéraire. Au moyen de courts récits en prose ou en vers, les fables sont destinées à délivrer un enseignement au lecteur notamment par le biais de la morale tout en le distrayant. Vous avez déjà mis une note à ce cours. Découvrez les autres cours offerts par Maxicours ! Découvrez Maxicours Comment as-tu trouvé ce cours ? Évalue ce cours ! Danscette dissertation nous allons parler des fables de Jean de la Fontaine plus précisément les livres 7 à 11 sorti en 1678 avec des thèmes variés on peut se demander si on retient les fables pour le récit ou pour la morale? En premier temps je vais dire ce qui rend le récit efficace et en deuxième temps pourquoi on retient la morale.
La Fontaine Fables livre 1 1 sur 16 http//damienbe. chez. com/fablesl. htm livre 1 A Monseigneur le Dauphin Je chante les héros dont Esope est le père, Troupe de qui l’histoire, encor que mensongère, Contient des vérités qui servent de leçons. Tout parle en mon ouvrage, et même les poissons Je me sers d’animaux Illustre rejeton d’un p 0 Sur qui le monde enti a S. v. p page Et qui faisant fléchir Comptera désormais êtes, Quelque autre te dira d’une plus forte voix Les faits de tes aïeux et les vertus des rois. Je vais t’entretenir de moindres aventures, Te tracer en ces vers de légères peintures; Et si de t’agréer je n’emporte le prix, J’aurai du moins l’honneur de l’avoir entrepris. Ce qu’ils disent s’adresse à tous tant que nous sommes; La Cigale et la Fourmi La cigale, ayant chanté Tout l’été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue. pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau cette emprunteuse. Nuit et Jour à tout venant Je chantais, ne vous déplaise. – Vous chantiez ? j’en suis fort aise. Eh bien dansez maintenant. » 02/1 1/2014 1708 2 sur 16 Le Corbeau et le Renard Maître corbeau, sur un arbre perché Tenait en son bec un fromage. Maitre renard par l’odeur alléché Lui tint à peu près ce langage Hé! bonjour Monsieur du Corbeau Que vous êtes joli! que vous me semblez beau! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage Vous êtes le phénix des hôtes de ces bois » A ces mots le corbeau ne se sent pas de joie Et pour montrer sa belle voix Il ouvre un large bec laisse tomber sa proie. Le renard s’en saisit et dit Mon bon Monsieur Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le corbeau honteux et confus Jura mais un peu tard , qu’on ne ly prendrait plus. La grenouille qui veut se faire aussi grosse que e boeuf Une grenouille vit un boeu 20 approchez point. La chétive pécore S’enfla si bien qu’elle creva. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages. Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs Tout prince a des ambassadeurs, Tout marquis veut avoir des pages. sur16 Les deux mulets Deux mulets cheminaient, l’un d’avoine chargé, L’autre portant l’argent de la gabelle Celui-ci, glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette Quand, l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le mulet du fisc une troupe se jette, Le saisit au frein et l’arrête. Le mulet, en se défendant, Se sent percé de coups; il gémit, il soupire. Est-ce donc là , dit-il, ce qu’on m’avait promis? Ce mulet qui me suit du danger se retire; Et moi jy tombe et je péris! Ami, lui dit son camarade, Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut emploi Si tu n’avais servi qu’un meunier comme moi, Tu ne serais pas si malade fallait livrer bataille, Et la mâtin était de taille A se défendre hardiment. e loup donc, l’aborde humblement, Entre en propos, et lui fait compliment Sur son embonpoint, qu’il admire. Il ne tiendra qu’à vous, beau sire, D’être aussi gras que moi, lui répartit le chien. Quittez les bois, vous ferez bien Vos pareils y sont misérables, Cancres, hères, et pauvres diables, Dont la condition est de mourir de faim. Car quoi? ien dassuré; point de franche lippée; Tout à la pointe de l’épée. Suivez moi, vous aurez un bien meilleur destin. » e loup reprit Que me faudra-t-il faire? 4 sur 16 -Presque rien, dit le chien donner la chasse aux gens Portant bâtons et mendiants; Flatter ceux du logis, à son maître complaire Moyennant quoi votre salaire Sera force reliefs de toutes les façons Os de poulets, os de p’geons, Sans parler de mainte caresse. » Le loup déjà se forge une félicité Qui le fait pleurer de tendresse Chemin faisant, il vit le cou du chien elé. Qu’est-ce là ? lui dit-il. – ? Peu de chose. Ri 4 0 tous vos repas Je ne veux en aucune sorte, Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor. Cela dit, maitre loup s’enfuit, et court encor. La Génisse, la Chèvre et la Brebis en société avec le Lion La génisse, la chèvre et leur soeur la brebis, Avec un fier lion, seigneur du voisinage, Firent société, dit-on, au temps jadis, Et mirent en commun le gain et le dommage. Dans les lacs de la chèvre un cerf se trouva pris. Vers ses associés aussitôt elle envoie. Eux venus, le lion par ses ongles compta, Et dit Nous sommes quatre à partager la proie ». Puis, en autant de parts le cerf il dépeça; Prit pour lui la première en qualité de sire Elle doit être à moi, dit-il, et la raison, Cest que je m’appelle lion A cela l’on n’a rien à dire. La seconde, par droit, me doit échoir encor Ce droit, vous le savez, c’est le droit du plus fort. Comme le plus vaillant, je prétends la troisième. Si quelqu’une de vous touche à la quatrième, Je l’étranglerai tout d’abord. sur 16 La Besace Jupiter dit un jour Que tout ce ui respire Sen vienne comparaître a a grandeur. animaux, faites comparaison De leurs beautés avec les vôtres. Etes-vous satisfait? – Moi? it-il; pourquoi non? N’ai-je pas quatre pieds aussi bien que les autres? Mon portrait jusqu’ici ne m’a rien reproché; Mais pour mon frère l’ours, on ne l’a qu’ébauché Jamais, s’il me veut croire, il ne se fera peindre. » L’ours venant là -dessus, on crut qu’il s’allait plaindre. Tant s’en faut de sa forme il se loua très fort; Glosa sur l’éléphant, dit qu’on pourrait encor Ajouter à sa queue, ôter à ses oreilles; Que c’était une masse informe et sans beauté. L’éléphant étant écouté, Tout sage qu’il était, dit des choses pareilles I jugea qu’à son appétit Dame baleine était trop grosse. Dame fourmi trouva le ciron trop petit, Se croyant, pour elle, un colosse. lupin les renvoya s’étant censurés tous, Du reste contents d’eux. Mais parmi les plus fous Notre espèce excella; car tout ce que nous sommes, Lynx envers nos pareils, et taupes envers nous, Nous nous pardonnons tout, et rien aux autres hommes On se voit d’un autre oeil qu’on ne voit son prochain. Le fabricateur souverain Nous créa besaciers tous de même manière, Tant ceux du temps passé que du temps d’aujourd’hui I fit pour nos défauts la poche de derrière, Et celle de devant pour les défauts d’autrui. L’hirondelle et les petits oiseaux Une hirondelle en ses voyages Avait beaucoup appris. Quiconque a beaucoup vu Peut avoir beaucoup retenu. Celle-ci prévoyait iusq 6 0 beaucoup appris. Quiconque a beaucoup vu peut avoir beaucoup retenu. Celle-ci prévoyait jusqu’aux moindres orages, Et devant qu’ils ne fussent éclos, Les annonçait aux matelots. Il arriva qu’au temps que le chanvre se sème, 6 sur 16 Elle vit un manant en couvrir maints sillons. Ceci ne me plait pas, dit-elle aux oisillons Je vous plains, car pour moi, dans ce péril extrême, Je saurai m’éloigner, ou vivre en quelque coin. Voyez-vous cette main qui, par les airs chemine? Un jour viendra, qui n’est pas loin, Que ce qu’elle répand sera votre ruine. De là naîtront engins à vous envelopper, Et lacets pour vous attraper, Enfin, mainte et mainte machine Qui causera dans la saison Votre mort ou votre prison Gare la cage ou le chaudron! Cest pourquoi, leur dit l’hirondelle, Mangez ce grain et croyez-moi. Les oiseaux se moquèrent d’elle Ils trouvaient aux champs trop de quoi. Quand la chènevière fut verte, L’hirondelle leur dit Arrachez brin à brin Ce qu’a produit ce mauvais rain Ou soyez sûrs de votre pe est tôt venue. Mais puisque jusqu’ici l’on ne m’a crue en rien, Dès que vous verrez que la terre Sera couverte, et qu’à leurs blés Les gens n’étant plus occupés Feront aux oisillons la guerre; Quand reglingettes et réseaux Attraperont petits oiseaux, Ne volez plus de place en place, Demeurez au logis ou changez de climat Imitez le canard, la grue ou la bécasse. Mais vous n’êtes pas en état De passer, comme nous, les déserts et les ondes, Ni d’aller chercher d’autres mondes; Cest pourquoi vous n’avez qu’un parti qui soit sûr, C’est de vous enfermer aux trous de quelque mur. Les oisillons, las de l’entendre, Se mirent à jaser aussi confusément Que faisaient les Troyens quand la pauvre Cassandre Ouvrait la bouche seulement. Il en prit aux uns comme aux autres Maint oisillon se vit esclave retenu. Nous n’écoutons d’instincts que ceux qui sont les nôtres Et ne croyons le mal que quand il est venu. 7 sur 16 Le Rat de ville et le Rat des champs Autrefois le rat des villes qu’ils étaient en train. A la porte de la salle Ils entendirent du bruit e rat de ville détale, Son camarade le suit. Le bruit cesse, on se retire Rats en campagne aussitôt; Et le citadin de dire » Achevons tout notre rôt. -Cest assez, dit le rustique; Demain vous viendrez chez moi. Ce n’est pas que je me pique De tous vos festins de roi; Mais rien ne vient m’interrompre Je mange tout à loisir. Adieu donc. Fi du plaisir Que la crainte peut corrompre! » Le loup et l’agneau La raison du plus fort est toujours la meilleure Nous l’allons montrer tout à l’heure. un Agneau se désaltérait Dans le courant d’une onde pure. 8 sur16 Un loup survient à jeun, qui cherchait aventure, Et que la faim en ces lieux attirait. Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage? Dit cet animal plein de rap mere -Si ce n’est toi, c’est donc ton frère. – Je n’en ai point. -Cest donc l’un des tiens; Car vous ne m’épargnez guère, Vous, vos bergers et vos chiens. On me l’a dit il faut que je me venge. Là -dessus, au fond des forêts e loup l’emporte et puis le mange, Sans autre forme de procès. L’homme et son image Un homme qui s’aimait sans avoir de rivaux Passait dans son esprit pour le plus beau du monde Il accusait toujours les miroirs d’être faux, Vivant plus que content dans une erreur profonde. Afin de le guérir, le sort officieux Présentait partout à ses yeux Les conseillers muets dont se servent nos dames Miroirs dans les logis, miroirs chez les marchands, Miroirs aux poches des galands, Miroirs aux ceintures des femmes. Que fait notre Narcisse? Il se va confiner Aux lieux les plus cachés qu’il peut s’imaginer, N’osant plus des miroirs éprouver l’aventure. Mais un canal, formé par une source pure, Se trouve en ces lieux écartés I s’y voit, il se fâche, et ses yeux irrités Pensent apercevoir une chimère vaine. Il fait tout ce qu’il peut pour éviter cette eau; Mais quoi? Le canal est si beau Qu’il ne le quitte qu’avec peine. La Fontaine Fables livre 1 0 0
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C’est sur La Fontaine, un de nos classiques les plus affectionnés, que l’attention portera, donnant à réfléchir sur l’étiquette-même de classique. On sait que le fabuliste, devenu académicien en 1683, avait embrassé le parti des Anciens dans la célèbre Querelle qui divisa le monde des Belles-Lettres à la fin du XVIIe siècle1. De grands noms s’affichaient dans ce camp Furetière était une référence, mais c’est Boileauqui surtout avait donné le la avec ses Satires I-VI et VIII-IX 1666-1668, le Traité du sublime de Longin 1674, et bien-sûr L’Art poétique 1674. Rapin, avec les Réflexions sur la Poétique d’Aristote, Racine dans ses Préfaces d’Iphigénie 1675 et de Phèdre 1677 ainsi que La Bruyère et plus tard Fénelon s’illustrèrent aussi dans le débat. 2De leur côté, les Modernes avaient pour chef de file Charles Perrault Le siècle de Louis le Grand, 1687, Les Parallèles des Anciens et des Modernes, 1688, Des hommes illustres qui ont paru en France, 1696-1711, mais avant lui s’inscrivaient déjà dans cette mouvance Georges de Scudéry Alaric, 1654, Jean Chapelain, La Pucelle, 1657, Desmarets de Saint-Sorlin La comparaison de la langue et de la poésie française avec la grecque et la latine, 1670, Défense du poème héroïque, 1675, Défense de la poésie et de la langue française, 1675, et Paul Pellisson Relation contenant l’Histoire de l’Académie Françoise, 1672. Dans leurs rangs on compte également Fontenelle Dialogues des morts, 1683, Digression sur les Anciens et les Modernes, 1687, Saint-Evremond Sur les poèmes des Anciens, 1686, Sur la dispute touchant les Anciens et les Modernes, 1692, et, à l’aube du XVIIIe siècle, Pierre Bayle Dictionnaire historique et critique, 1695-1697. 3Pour les uns comme pour les autres, l’argumentaire est simple les Anciens soutiennent une conception de la création littéraire comme imitation des auteurs de l’Antiquité qui, selon eux, représentent définitivement la perfection artistique. La Poétique d’Aristote est leur bréviaire. Pour les Modernes au contraire, les œuvres de l’Antiquité ne sont pas indépassables, la création littéraire se doit d’innover dans ses formes, et d’être en phase avec son temps. Mais, on le verra, cette simplicité apparente cache des enjeux beaucoup plus profonds. Ces enjeux traversent les Fables de La Fontaine ils sous-tendent la posture originale du fabuliste, où l’ancien et le moderne se rejoignent. 2 A Monseigneur L’Evêque de Soissons, La Fontaine, Œuvres diverses, éd. P. Clarac, Paris, Gallimar ... 4Dans sa célèbre Epitre à Huet 16872, qui officialise sa prise de position en faveur des Anciens, La Fontaine prend soin de déclarer mon imitation n’est pas un esclavage » nous le savons, il s’en fallait de beaucoup en effet. A telle enseigne que souvent la critique s’est plu à insister sur la modernité» du prétendu ancien. L’étude qui suit rappellera quelques traits significatifs de cette modernité. La distanciation, revendiquée, n’était pas anodine. Dans un contexte traversé de tensions, que notre vision rétrospective tend à écraser, La Fontaine proclame avant tout son indépendance d’esprit. Dépassant la pétition de principe, il exemplifie ce qu’il dit, en se réappropriant et en transformant l’héritage des Anciens. Alors, on le verra, l’ancrage et les références puisées chez eux s’avèrent libérateurs. I. Le monde des Fables et le retour aux sources 5Certes, l’œuvre de La Fontaine ne se limite pas à ses Fables. Ce sont elles néanmoins qui occupent le premier plan de sa réception, et qui, en l’occurrence, illustreront le mieux les deux visages d’une poétique, marquée à la fois par sa révérence aux Anciens et par une sensibilité très moderne. On sait par ailleurs que sa Muse galante » s’abreuve plus notoirement à une source moderne, et que ses Contes et Nouvelles notamment, relèvent de l’inspiration grivoise de Boccace ou de l’Arioste. Cet autre ancrage de sa création ne doit pas être négligé, car il éclaire indirectement l’inspiration plurielle à laquelle nous allons nous attacher. 6Le genre des fables remonte à l’Antiquité, et La Fontaine dans ses Préfaces s’inscrit officiellement dans la tradition d’Esope, l’inventeur du bel art » 3 A Monseigneur le Dauphin, Fables éd. G. Couton, Garnier-Frères, Paris, 1962, p. 31 Je chante les Héros dont Esope est le père3, 4 Préface au premier recueil des Fables p. 5. 7Esope, suivi par Phèdre et Avenius, et dont il convient désormais d’accorder le projet avec l’harmonie de la poésie. Car les Fables d’Esope, extrêmement concises, dédaignaient tout ornement ici, La Fontaine plaide pour une certaine liberté d’adaptation, mais en s’appuyant encore sur une autorité antique, celle de Socrate lui-même. Partant de l’idée que les Grâces lacédémoniennes ne sont pas tellement ennemies des Muses françaises, que l’on ne puisse souvent les faire marcher de compagnie »4, il rappelle que selon Platon, Socrate employa les derniers moments de sa vie à mettre en vers les Fables d’Esope. Et de son côté, pour rendre hommage à celui qu’il met au rang de Sage, il ouvre son premier recueil de Fables par une transcription de Planude, La vie d’Esope le Phrygien. 8Ce positionnement clairement affiché dans le péritexte des Fables, se confirme d’emblée dans le contenu du premier recueil La Cigale et la Fourmi, Le Corbeau et le Renard, puisent leur sujet chez Esope, La grenouille qui veut de faire aussi grosse que le bœuf et Les deux mulets chez Phèdre, Le loup et le chien, La génisse, la chèvre et la brebis en société avec le lion chez Esope encore, et ainsi de suite. La fable VII, La Besace, empruntée à Avenius, mais partiellement aussi à Esope et à Phèdre, fait apparaître une autre forme d’innutrition », désormais souvent réitérée, mêlant aux acteurs de ce petit monde force personnalités mythologiques c’est Jupiter appelé aussi familièrement Jupin qui ouvre la session des doléances pour l’ensemble des créatures, et plus loin, c’est à Junon que se plaint le Paon. Cassandre, Castor et Pollux, Apollon, Mercure, Ulysse, l’Olympe et le Parnasse sont couramment pris à témoin. Mais parfois ils surgissent malicieusement au détour d’une caution forcée 5 La Tortue et les deux Canards, X, II. C’est moi qui souligne. Une Tortue était, à la tête légère,Qui, lasse de son trou, voulut voir le pays […]Deux Canards à qui la commère communiqua ce beau dessein, Lui dirent qu’ils avaient de quoi la satisfaire Vous voyez ce large chemin ? Nous vous voiturerons, par l’air, en Amérique, Vous verrez mainte République, Maint Royaume, maint peuple, et vous profiterezDes différentes mœurs que vous en fit autant. On ne s’attendait guèreDe voir Ulysse en cette Tortue écouta la proposition…5 6 L’art de la transition » que Leo Spitzer saluait chez La Fontaine se déploie aussi dans cette fa ... 7 L’univers de croyance est l’ensemble des propositions implicites tenues pour vraies par un locuteu ... 9Dans la réflexivité accrue du second recueil, l’allusion intempestive à Ulysse est, pour le fabuliste, une manière humoristique de traiter ses habituelles références, en soulignant d’un gros trait leur caractère convenu. Pareille distanciation n’empêche pas ces mêmes références d’apparaître comme parfaitement naturelles dans le vivier des anecdotes. On se reportera au caractère hybride du genre. Un récit, ou apologue, raconte une histoire exemplaire propre à délivrer une leçon de vie c’est le corps de la fable, la leçon elle-même, explicite ou implicite, intégrée ou détachée, en constitue la morale, qui est son âme ». Une fable emblématique dans son statut métadiscursif, Le pouvoir des fables » VIII, 4, révèle toute la souplesse des transitions entre différents points d’ancrage6, ou, si l’on préfère, entre différents univers de croyance »7 du discours. L’événement ici narré possède un fondement historique Dans Athène autrefois peuple vain et léger, Un Orateur voyant sa patrie en danger, Courut à la Tribune ; et d’un art tyrannique, Voulant forcer les cœurs dans une république, Il parla fortement sur le commun salut… 10Dans la figure de l’Orateur nous reconnaissons Démosthène qui tentait d’alerter ses concitoyens sur la politique conquérante de Philippe de Macédoine. En vain le peuple se montrait sourd à sa rhétorique. Il prit alors un autre tour » propre à le réveiller Cérès, commença-t-il, faisait voyage un jourAvec l’Anguille et l’Hirondelle Un fleuve les arrête ; et l’Anguille en nageant, Comme l’Hirondelle en volant, Le traversa bientôt. L’assemblée à l’instantCria tout d’une voix Et Cérès que fit-elle ? 11L’anecdote, inscrite dans un épisode de l’histoire grecque ancienne, accueille, avec l’aventure de Cérès, une inclusion mythologique. Mais il y a mieux encore ce conte d’enfant », rapproché de Peau d’Âne, offre à La Fontaine une morale œcuménique 8 Il se trouve que Peau d’âne fait partie de ces contes transmis par la tradition populaire, que jus ... A ce reproche l’assemblée,Par l’apologue réveillée, Se donne entière à l’Orateur Un trait de Fable en eut l’honneur. Nous sommes tous d’Athène en ce point ; et moi-même, Au moment que je fais cette moralité, Si Peau d’âne m’était conté8,J’y prendrais un plaisir extrême. 12Une autre fable, emblématique elle aussi de la visée des fables, L’Education, met en regard le double ancrage des références. Les personnages sont deux chiens, deux frères dont les parcours ont divergé Laridon et César, frères dont l’origineVenait de chiens fameux, beaux, bien faits et hardis, A deux maîtres divers échus au temps jadis, Hantaient l’un les forêts, et l’autre la cuisine ;Ils avaient eu d’abord chacun un autre nom ; Mais la diverse nourritureFortifiant en l’un cette heureuse nature, En l’autre l’altérant, un certain marmitonNomma celui-ci Laridon Son frère, ayant couru mainte haute aventure, Mis maint Cerf aux abois, maint Sanglier abattu,Fut le premier César que la gent chienne ait eu. VIII, 24. 13Certes, un parcours noble justifie une dénomination prestigieuse, à connotation antique César est un nom propre remotivé, qui vaut titre ; de son côté, Laridon est un nom forgé, moderne, qui, dans ses sonorités, affiche la dégénérescence de la lignée des tournebroches. Mais la morale reste ambiguë l’évocation héroï-comique des exploits du chien de chasse, rend suspecte l’admiration qui lui est portée, comme elle relativise le mépris pour le chien de cuisine. 14Au-delà des déclarations formelles, et des références affichées que l’on n’est pas près d’épuiser, il convient de souligner le dessein du poète. Et là c’est la démarche même de Prométhée, le rival des Dieux, qui se manifeste dans Le Prologue de la première fable du Livre V, Le Bûcheron et Mercure, elle se lit dans la vision ramassée, véritable mise en abyme » topique de l’œuvre Tantôt je peins en un récitLa sotte vanité jointe avecque l’envie,Deux pivots sur qui roule aujourd’hui notre est ce chétif animalQui voulut en grosseur au Bœuf se rendre quelquefois, par une double image,Le vice à la vertu, la sottise au bon sens,Les Agneaux aux loups ravissants,La mouche à la Fourmi, faisant de cet ouvrageUne ample Comédie à cent actes divers,Et dont la scène est l’Univers. 15Suivant l’exemple du héros mythique, qui avait formé l’homme à partir des traits de caractères répartis dans chaque espèce animale, La Fontaine crée un microcosme où les animaux, devenus des hommes comme les autres », sont de toutes les époques. Pour dire cet éternel humain, on parle dans le monde des fables simultanément des Dieux, de l’Antiquité, … et aussi de quelques événements très contemporains. 9 Dont certains, entraînés par leur préjugé, supposaient qu’il était Esope lui-même connu sous le no ... 16Le premier recueil des Fables s’était placé dans le sillage d’Esope ; l’Avertissement du deuxième annonce avoir cherché d’autres enrichissements ». Désireux d’introduire de la variété dans son œuvre, La Fontaine déclare maintenant une dette envers Pilpay, un sage indien9, et quelques autres ». En l’absence de source livresque avérée, comme pour la Fable III du Livre VII, Le rat qui s’est retiré du monde, le poète transpose librement l’actualité politique Les Levantins en leur légendeDisent qu’un certain Rat las des soins d’ici-bas, Dans un fromage de HollandeSe retira loin du tracas… 17 L’ermite nouveau » est bientôt sollicité par des rats venus en délégation lui demander quelques subsides pour Ratopolis assiégée. Alors le fromage de Hollande » fait entendre une allusion à la guerre de Hollande, très pertinente dans cette fable datée de 1675, année où le clergé régulier avait vivement protesté contre le don gratuit », une participation imposée aux dépenses de ladite guerre. Mais dans cette fable nous entendons également une satire, dans la tradition médiévale cette fois, à l’encontre des moines, bien protégés des soucis du siècle, hypocrites, et peu solidaires à l’égard de leurs semblables Ayant parlé de cette sorte, Le nouveau Saint ferma sa porte. Qui désignai-je à votre avis, Par ce Rat si peu secourable ?Un moine ? Non, mais un Dervis Je suppose qu’un Moine est toujours charitable. 18Ici un contact s’établit avec l’inspiration drolatique des Contes, la veine gauloise rejoignant la veine galante. C’est donc un aspect moderne des Fables qu’il convient désormais d’interroger. II. Un discours moderne. Syncrétisme et pragmatisme 19Les étiquettes sont trompeuses etla posture de La Fontaine dans ses Fables prend en défaut les dichotomies réductrices. On est évidemment plus libre lorsqu’on s’accorde plusieurs maîtres ce que révèle d’abord le syncrétisme des références rapidement évoqué, c’est la liberté d’esprit du fabuliste, et surtout sa morale qui ne craint pas d’être politiquement incorrecte. 10 Marc Fumaroli, La Querelle des Anciens et des Modernes,a illustrée d’extraits, Paris, Gallimard-Fo ... 11 Il fut longtemps l’homme de lettres » de Madame de la Sablière, et dans son salon il avait noué ... 12 Citons entre autres Les Animaux malades de la peste, Les obsèques de la Lionne, La Cour du lion… 20Sous la vulgate d’une polémique abusivement schématisée entre tenants d’une esthétique d’imitation et partisans d’une création émancipée des moules anciens, d’autres enjeux se dessinent. Les Anciens, à l’abri de leurs modèles, et bien adossés à leur monde païen, sont à certains égards plus transgressifs que les Modernes. La Fontaine est d’abord de ceux qui prennent acte de la loi de la nature. Il ne faut pas se le cacher, c’est une dure loi, qui ignore la bienséance, et qui ne ferme pas les yeux sur les pulsions ou le plaisir des sens. De leur côté, les Modernes sont plus assujettis au lissage d’une production littéraire encadrée par les autorités, comme l’Académie et la cour. Marc Fumaroli souligne les positionnements face au pouvoir qui se cachaient sous l’apparent progressisme des Modernes, permettant de mieux comprendre des options à première vue déconcertantes10. Ainsi, Boileau, défenseur des Anciens, était un proche de Port-Royal, ce haut lieu du contre-pouvoir du monde des Lettres. La Fontaine était son ami et l’on sait aussi qu’il avait plus d’affinités avec l’esprit des salons parisiens11, l’héritage galant de la Fronde, et les penseurs libertins, qu’avec un alignement courtisan tant de fois dénoncé12. Son refus des idées reçues, et un pragmatisme tranquillement provocateur, s’inscrivent dans la topique d’une œuvre qui dit un monde soumis à la raison du plus fort. 13 Il est un des pères de l’histoire politique contemporaine. 14 Paris, Ventadour, 1955. 15 Dans son Emile ou de l’Education, il considérait que les Fables encourageaient moins à se corriger ... 16 Les historiens reconnaissent Machiavel comme un des fondateurs de la pensée politique moderne voi ... 17 Le Lion amoureux, IV, I. La réflexion d’André Siegfried est fortement imprégnée par le souvenir tr ... 21Il y a un peu plus d’un demi-siècle André Siegfried, académicien et historien de renom13, écrivit un essai intituléLa Fontaine, Machiavel rapprochement peut surprendre, mais, même s’il appelle de sérieuses mises au point, l’intuition d’une parenté intellectuelle mérite qu’on s’y attarde. On se souvient des griefs de Jean-Jacques Rousseau contre ce qu’il appelait l’immoralité » de La Fontaine15. De fait, le fabuliste rejoint le célèbre Florentin reconnu comme un moderne par la postérité16, et cela précisément dans sa vision immoraliste du monde. La Fontaine aurait bien compris les leçons de réalisme politique du Prince. André Siegfried commente en ces termes la fable du Lion amoureux Samson ne doit pas se laisser couper les cheveux, le lion ne doit pas se laisser rogner les griffes un Etat désarmé ne compte plus »17. La prudence consiste à ne pas croire les discours lénifiants, et à ne pas s’engager sans s’assurer d’un possible retour, le Renard est lucide Les pas empreints sur la poussièrePar ceux qui s’en vont faire au malade leur cour,Tous, sans exception, regardent sa tanière Pas un ne marque de retour Cela nous met en Sa Majesté nous dispense Grand merci de son passe-port ;Je le crois bon ; mais dans cet antreJe vois fort bien comme l’on entre,Et ne vois pas comme on en sort. Le Lion malade et le Renard, VI, 14. 22Nous irons plus loin les victoires ne sont jamais des solutions définitives qui nous permettraient de baisser la garde, et c’est une Iliade en basse-cour qui nous l’enseigne Deux Coqs vivaient en paix une Poule survintEt voilà la guerre tu perdis Troie et c’est de toi que vintCette querelle envenimée Où du sang des Dieux même on vit le Xanthe teint !En effet, le coq vainqueur va chanter sa victoire un peu trop fort Un vautour entendit sa voix Adieu les amours et la gloire ;Tout cet orgueil périt sous l’ongle du Vautour.[…]Tout vainqueur insolent à sa perte travaille,Défions-nous du Sort, et prenons garde à nousAprès le gain d’une bataille. Les Deux coqs, VII, XII 23A nouveau, la référence à l’épopée antique s’inscrit dans un registre héroï-comique qui la désacralise quelque peu. Mythe, distanciation du mythe, et portée transtemporelle, sont interdépendants. 24Mais chez La Fontaine, le réalisme politique n’est qu’une application parmi d’autres d’une recommandation générale selon laquelle il faut en toute chose raison garder. Or nos mœurs sont rarement raisonnables… La source de la fable des Deux Chèvres passe pour être une querelle de préséances entre deux dames de haut rang, une certaine Madame de Beringhen et la duchesse de Brissac Saint-Simon qui, s’étant rencontrées dans une rue fort étroite, restèrent, dit-on, cinq heures face à face, faute d’accepter de reculer … J’imagine voir avec Louis le GrandPhilippe Quatre qui s’avance Dans l’île de la s’avançaient pas à pas,Nez à nez, nos Aventurières, Qui toutes deux étant fort fières,Vers le milieu du pont ne se voulurent pasL’une à l’autre céder. Elles avaient la gloireDe compter dans leur race à ce que dit l’HistoireL’une certaine Chèvre au mérite sans pairDont Polyphème fit présent à Galatée,Et la chèvre Amalthée, Par qui fut nourri de reculer, leur chute fut commune ;Toutes deux tombèrent dans l’eau. Les Deux Chèvres XII, IV 18 C’est sur l’île de la Conférence ou île des Faisans, au milieu de la Bidassoa en pays basque, qu ... 25Les univers de croyances sont ici particulièrement imbriqués nos chèvres peuvent se prévaloir d’aïeules mythiques, mais leur aventure est celle d’un fait divers contemporain, qui lui-même renvoie ironiquement à un événement diplomatique récent18. 26En marge des autorités, le pragmatisme de La Fontaine, son refus de l’angélisme, et son regard narquois, sont frappés au coin du bon sens. L’Âne des Animaux malades de la peste, paie cher ses scrupules excessifs. Et bien-sûr, nous répète-t-il souvent,il faut manger pour vivre. Comme nous ne sommes pas tous végétariens, la chaîne alimentaire fait que parfois aussi on mange son prochain » ! C’est la leçon du Loup et les Bergers. Le personnage du loup, ou du chat, sont loin d’être toujours négatifs Un Loup rempli d’humanitéS’il en est de tels dans le mondeFit un jour sur sa cruauté,Quoiqu’il ne l’exerçât que par nécessité, Une réflexion s’ensuit une bonne résolution Et bien, ne mangeons plus de chose ayant eu vie ;Paissons l’herbe, broutons ; mourrons de faim une chose si cruelle ?Vaut-il mieux s’attirer la haine universelle ?Disant ces mots il vit des Bergers pour leur rôtMangeants un agneau cuit en oh, dit-il, je me reprocheLe sang de cette gent. Voilà ses gardiensS’en repaissants, eux et leurs chiens ;Et moi, Loup, j’en ferais scrupule ?Non, par tous les Dieux. Non. Je serais ridicule. [...] Ce loup avait raison. Est-il dit qu’on nous voieFaire festin de toute proie,Manger les animaux, et nous les réduirons Aux mets de l’âge d’or autant que nous pourrons ?Ils n’auront ni crocs ni marmite ?Bergers, bergers, le loup n’a tortQue quand il n’est pas le plus fort Voulez-vous qu’il vive en ermite ? 19 Ovide, Métamorphoses, I., 103 20 Voir Jaubert 2000a 27Certaines expressions sont ici révélatrices. Ovide, dans ses Métamorphoses, nous dit en effet que les hommes de l’âge d’or étaient végétariens19 ; les animaux du jardin d’Eden l’étaient aussi, mais, pour La Fontaine, qui en l’occurrence renverrait dos à dos le merveilleux païen comme le merveilleux chrétien, il est clair qu’on ne reviendra pas au Paradis perdu.... Avec une sobre élégance, il récuse l’austérité excessive, et reconnaît une certaine sensualité dans l’acte de se nourrir20. 21 Voir Jaubert 1997, 2000 b, 2002. 28L’allégeance à la loi de la Nature sous-tend un humanisme de la maturité qui s’ouvre à la philosophie d’Epicure, et dépasse les clivages d’école. La nature est changeante et la suivre c’est s’adapter. Comme toujours chez les grands auteurs, entendons ceux dont la réception peut traverser les âges, La Fontaine fait converger éthique et modèle de souplesse et d’adaptation que nous offre la nature trouve une traduction dans la forme. La fable devient sous sa plume un genre qui ne cesse de se métamorphoser elle est fondée à s’assumer ainsi, car la pensée ne saurait se couler dans un moule unique. Fiction et diction progressent ensemble une autre modernité de La Fontaine, souvent remarquée des linguistes, se comprend ainsi. Ainsi la remarquable hétérogénéité énonciative, ce concert des voix qui se signale dans le discours des Fables, sera mis en relation avec la pensée plurielle très intégrée qui les caractérise. Les formes libres de discours rapporté sont ici le fer de lance d’une locution polyphonique audacieuse, très en avance sur son temps. On ne reviendra pas sur des démonstrations faites antérieurement21, mais il convenait de souligner une fois de plus la cohérence du dit et du dire, du contenu et de la forme. 29L’imitation servile des Anciens est donc bien loin en effet. La maîtrise du discours permet de dire une vérité de soi, et manifestement la sagesse de La Fontaine postule un ailleurs. A l’écart des allées du pouvoir assurément même si, comme tous les auteurs de son temps, il doit solliciter la protection d’un Grand du Royaume, en un lieu où il affirme son inaliénable liberté, et sa propre hiérarchie des valeurs Deux vrais amis vivaient au Monomotapa... ». Le réalisme fait place à l’utopie, et, en tout état de cause, à la primauté des sentiments Deux vrais amis vivaient au Monomotapa L’un ne possédait rien qui n’appartînt à l’autre Les amis de ce pays-là Valent bien dit-on ceux du nôtre. Les deux Amis, VIII, XI 30L’anecdote montre ensuite ces deux amis faisant assaut de dévouement et de délicatesse. Au moment de l’arrestation de Fouquet en 1661, et de son procès, en 1664, La Fontaine lui était resté fidèle, et cette fidélité lui avait valu l’ordre de s’exiler quelques temps dans le Limousin. C’est cette liberté de l’esprit qui fonde sa posture éthique, lui permettant de dépasser une Querelle » de principes, et de promouvoir deux cultures parfaitement compatibles aux côtés de l’innutrition antique, l’exigence d’une morale galante » qui, dans une société choisie, mettait au premier plan la délicatesse de l’esprit et du cœur, la lucidité et la tendresse des sentiments, l’excellence de l’amitié. 31L’humanisme de La Fontaine implique la qualité de l’humain ce sont les deux faces d’un même signe. Un signe des plus congruents pour l’hommage que je tiens à rendre à Chantal Kircher, à sa personne, et à son rayonnement dans l’université. DISSERTATION: LES FABLES DE LA FONTAINE C’est au XVIIème que le classicisme est à son apogée. Le classicisme se caractérise par une esthétique fondée sur une recherche de la perfection, son maître mot est la raison. C’est pourquoi sont créés à cette époque les règles de vraisemblance et de bienséance.403 ERROR The Amazon CloudFront distribution is configured to block access from your country. We can't connect to the server for this app or website at this time. There might be too much traffic or a configuration error. Try again later, or contact the app or website owner. If you provide content to customers through CloudFront, you can find steps to troubleshoot and help prevent this error by reviewing the CloudFront documentation. Generated by cloudfront CloudFront Request ID y3Ktgg79MLxuk1VcRAmMCOJSccxIHm5c6D6VhszbMAM8_lL0jXY3fQ==
Dissertationsur les Fables de La Fontaine. A l’epoque du Classissime, période artistiquement riche, les créateurs se trouvent sous le règne de Louis XIV qui n’autorise aucune liberté d’expression et se voient contraints de manier leur art pour être entretenus. C’est dans ce contexte que naît Jean de La Fontaine.
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Résumédu document. Jean de la Fontaine a été le plus grand des fabulistes du XVIIe siècle, il a écrit plusieurs recueillies de fables qui sont pour la plupart des apologues qui visent à critiquer les Hommes et la société, en utilisant la satire cet auteur a réussi à déjouer et a démontré les travers de la société via des êtres vivants, pour cela il a utilisé plusieurs
La Fontaine Fables dissertation. Jean de La Fontaine est un poète officiel, il écrit les Fables lecture des Fables en PDF pour l’éducation du Dauphin, fils du roi de France. Ainsi, plus de 200 fables sont publiées en trois recueils. Le premier livre paraît en 1668 livres 1 à 6, ensuite le deuxième recueil paraît en 1678 livres 7 et 8. Enfin un troisième recueil est publié en 1679 livres 9, 10 et 11. La Fontaine propose, à travers le genre de la fable, une réflexion sociale, morale et politique. Peut-on dire que la fiction permet de révéler la vérité? 1. Analyse du sujet de dissertation D’abord, rappelons le sujet peut-on dire que la fiction permet de révéler la vérité?Ainsi, on observe que le sujet repose sur deux termes à priori opposés. D’une part, fiction » renvoie à l’imaginaire, à ce qui est faux, mensonger, trompeur. D’autre part, vérité » renvoie à révéler, faire émerger, à montrer le monde tel qu’il s’agit donc de s’interroger sur le genre même de l’apologue et sur les fonctions de la fiction. de la dissertation sur Les Fables de La Fontaine Dès lors, le recours à l’imaginaire permet-il d’accéder à des vérités supérieures? détaillé I. L’imagination pour dénoncer A/ La personnification La Fontaine utilise dans les fables des animaux ou des végétaux pour mieux traiter des préoccupations humaines. Or, les animaux de La Fontaine sont dotés de la parole, ils sont humanisés. Par exemple, Le loup et le renard » ou bien deux pigeons ». D’ailleurs, même La cigale et la fourmi » contient de nombreuses fantaisies par rapport à la réalité entomologique. pour plus de détails, voir ICI. B/Le monde animal comme reflet du monde humain Le monde des animaux semble traversé par les mêmes problèmes que le monde humain. Ainsi, les animaux des fables ont les mêmes qualités et défauts que les êtres humains. Citons, Deux pigeons » qui reflète des défauts humains. Ainsi, l’un des deux pigeons s’ennuie auprès de l’autre qu’il aime pourtant. Il a envie de voir du pays, de découvrir d’autres contrées. Il échappe à la mort par la tempête, par la griffe du vautour et se trouve tué par la fronde d’un enfant. A la fin de la fable, La Fontaine livre une réflexion morale à travers une série de questions rhétoriques. C/La fiction pour éviter la censure De plus, La Fontaine est un poète officiel. Il est donc pensionné par le roi et les fables sont écrites pour édifier le dauphin. Ainsi, le détour par le monde animal permet au fabuliste de livrer un regard critique sur la cour sans tomber sous le coup de la censure. Ainsi, dans Les animaux malades de la peste » nous pouvons constater que les animaux représentent différentes classes sociales. D’abord, le lion incarne le roi, il est l’animal le plus puissant et le plus féroce. Ensuite, le renard apparaît comme l’incarnation du courtisan, rusé et dangereux. D’autres prédateurs incarnent les puissants le tigre, l’ours. Quant à l’âne, il renvoie à une certaine robustesse, à une certaine force de travail mais aussi à une forme d’absence de dangerosité. II. L’imagination comme manière de réfléchir A. La fable comme lieu d’une réflexion sur la fable elle-même La Fontaine s’interroge sur l’argumentation et sur le ressort argumentatif de la fable. Dans les membres et l’estomac » et le pouvoir des fables » montrent une réflexion, un métadiscours c’est-à -dire que la fable réfléchit sur la fable Ex Le pouvoir des fables » montre toute la puissance argumentative de la fable en prenant appui su un petit récit. Il indique dans la morale que le moyen le plus efficace pour édifier consiste à amuser, à divertir. B. La fable et l’interrogation philosophique Contrairement aux idées reçues, la fable ne relève pas exclusivement de la volonté de donner un enseignement moral. La Fontaine suggère la réflexion, il interroge, sur des sujets variés. Les deux rats, le renard et l’oeuf » La Fontaine relate la petite histoire entre ces animaux. Puis, il procède à une réflexion philosophique où il interroge la différence que l’on établit entre l’homme et l’animal. Or, le fabuliste attribue aux animaux une capacité à raisonner. C. La fable et le débat d’idées La Fontaine s’inscrit dans les grands débats philosophiques de l’époque. Ainsi, la raison que Descartes érige en modèle et dont il considère que les animaux sont dépourvus est discutée à plusieurs reprises par La Fontaine dans les Fables. Ex Le Discours à Mme de la Sablière » s’inscrit dans cette réflexion philosophique La Fontaine s’oppose au cartésianisme, il attribue des sensations, des sentiments et une forme de raison aux animaux. III. Les fables pour rechercher la sagesse A. Des valeurs simples Les fables valorisent la morale et la recherche d’une vie simple. Ainsi, Le savetier et le financier » relate l’histoire de la vie simple et joyeuse du savetier. Mais sa joie de vivre est réduite à néant lorsque le financier lui donne 100 écus. Il ne dort alors plus la nuit de peur d’être volé et n’a donc plus le plaisir de chanter B. En quête de bonheur La Fontaine, comme tout homme, s’interroge sur la manière d’accéder au bonheur. Ainsi, le songe d’un habitant du Mogol ». La Fontaine, à travers ce mythe oriental, fait l’éloge de la solitude et de la poésie. C. Accepter l’humaine condition Enfin, le fabuliste interroge ce qui fait partie intégrante de la vie humaine la mort. Il interroge notre manière de vivre afin d’être capables d’accepter sa finitude. Par exemple dans La mort et le mourant », il raconte l’histoire d’un vieillard de plus de 100 ans. La mort vient le chercher mais il indique qu’il n’est pas encore prête sa femme n’est pas avertie, il n’a pas fait son testament. La Fontaine montre que notre vie doit être une préparation à la mort qui, bien que difficile, doit être acceptée. Ainsi, Les fables s’inscrivent dans l’imagination sur laquelle repose le récit léger et plaisant d’animaux. Or ce recours à l’apologue, argumentation indirecte, permet au lecteur de le divertir mais également de le faire réfléchir au monde, à la vie et à lui-même. Finalement, hormis la portée morale des fables, elles se veulent aussi le lien d’une réflexion philosophique. Dès lors, le récit mensonger permet de faire émerger une vérité humaine, sociale et même philosophique. Merci de ta lecture. Pour aller plus loin que La Fontaine fables dissertation », n’hésite pas à consulter les fiches ci-dessous. N’hésite pas à poster tes remarques et tes questions dans les commentaires. –Commentaire du texte Le Corbeau et le renard » – La cigale et la fourmi » texte et analyse –Texte Les animaux malades de la peste » -Texte La laitière et le pot au lait » –Fiche biographique sur la Fontaine –Cours sur l’argumentation –lecture des Fables en PDF –Biographie de Jean-Luc LagarcempjAj.