1Propos On parle peu des sorciers chez les Bobo, ils nâapparaissent pas au premier plan des prĂ©occupations et il ne semble pas quâil sâagisse lĂ dâune simple attitude avec beaucoup dâassurance, on prĂ©tend en effet que les pĂ©rils de la sorcellerie sâils ont Ă©tĂ© rĂ©els dans le passĂ©, sont jugulĂ©s aujourdâhui grĂące Ă lâefficacitĂ© des moyens qui ont Ă©tĂ© mis en Ćuvre. Il reste que la contre-sorcellerie, toute triomphante quâelle soit, est maintenue en activitĂ©. On essaiera ici de prĂ©ciser ce quâest le personnage du sorcier chez les Bobo et, aprĂšs quelques rĂ©flexions sur le sens de cette contre-sorcellerie qui survit Ă ses incessantes victoires, on dĂ©crira les moyens employĂ©s pour dĂ©tecter et dĂ©truire les sorciers. 2Chez les Bobo, les sorciers tuent leurs victimes en les empoisonnant. La contre-sorcellerie est extrĂȘmement agissante, elle sâappuie aujourdâhui sur des cultes rĂ©pandus dans tout le pays. Autrefois, on dĂ©tectait les sorciers par un interrogatoire du cadavre ». Par la suite, se sont dĂ©veloppĂ©s les cultes dâesprits particuliers, duba et surtout vyetĂŽgo, qui dĂ©noncent les sorciers par le procĂ©dĂ© de la possession et provoquent leur mort. 3Les Bobo sont maĂźtres en lâart des poisons. Chaque clan et souvent mĂȘme chacun des lignages composant ce clan, conserve comme son bien personnel une recette originale qui comprend aussi bien la formule dâun poison que celle de son antidote. Ces poisons servent Ă enduire flĂšches et lances, ils sont essentiellement employĂ©s dans la chasse et dans la guerre. Mais, la science acquise par les Bobo en matiĂšre de substances vĂ©nĂ©neuses ne sâest pas limitĂ©e Ă ces usages en quelque sorte licites, elle a Ă©tĂ© dĂ©tournĂ©e, trĂšs tĂŽt sans doute, vers des fins purement criminelles. 4Le poison est chez les Bobo le moyen le plus frĂ©quemment utilisĂ© pour attenter Ă la vie dâautrui. Lâhomme qui est dĂ©cidĂ© Ă tuer Ă©labore en secret un poison mortel, trĂšs diffĂ©rent des poisons violents quâemploie son lignage pour la chasse et qui provoquent une paralysie foudroyante. Le criminel doit en effet disposer dâun poison Ă effets lents, capable dâaltĂ©rer insidieusement la santĂ© de sa victime, ce qui permet de diffĂ©rer le moment de la mort et dâĂ©garer les soupçons. 5Sans doute, dans bon nombre de cas, le crime restera occasionnel une fois sa vengeance accomplie et sa haine tarie, le coupable ne rĂ©cidive pas. Dans lâesprit des Bobo cependant, il est fermement Ă©tabli quâexiste une catĂ©gorie dâindividus infiniment plus redoutables, qui emploient le poison de façon rĂ©pĂ©tĂ©e, poussĂ©s par une sorte de passion pour le mal. On prĂȘte Ă ces individus certains pouvoirs surnaturels ils pratiqueraient le culte dâesprits vindicatifs, manieraient des forces malĂ©fiques et emprunteraient leurs techniques Ă la magie usant de charmes et jetant des sorts ; mais ce qui reste, de lâavis de tous, constant et caractĂ©ristique, câest lâemploi bien rĂ©el quâils font du poison pour tuer leurs victimes. Ce sont par-dessus tout des maĂźtres du poison » et câest par ces termes exactement quâon les dĂ©signe en bobo kyente de kyen poison » et te propriĂ©taire, maĂźtre de » en dialecte syĂȘkĂŽma des rĂ©gions du centre ou kyonosĂŽ en dialecte syakĂŽma de la rĂ©gion de Bobo Dioulasso. 6Peut-on parler de sorcellerie Ă propos des pratiques du kyente bobo ? Il faut rappeler, au prĂ©alable, quâen français nous ne disposons que du seul terme de sorcellerie » pour dĂ©signer un phĂ©nomĂšne exceptionnellement complexe et qui recouvre des types dâagissements et de croyances fort diffĂ©rents, voire mĂȘme opposĂ©s. Les Anglo-Saxons, grĂące Ă deux termes, sorcery et witchcraft, opĂšrent, quant Ă eux, une distinction qui sâest rĂ©vĂ©lĂ©e pertinente dans de nombreuses ethnies Evans-Pritchard 1972; Middleton et Winter 1963 et qui semble bien rendre compte aussi des faits particuliers aux Bobo. Le sorcerer qui reste par certains cĂŽtĂ©s encore proche du magicien nâest pas le dĂ©positaire dâun don hĂ©rĂ©ditaire, il agit volontairement et avec une pleine conscience de ce quâil fait, suivant en cela un but personnel et conforme Ă son intĂ©rĂȘt, mais surtout il opĂšre Ă lâaide dâune technique qui fait appel Ă des moyens matĂ©riels. Le witch au contraire possĂšde un pouvoir innĂ©, il agit involontairement et reste inconscient de son Ă©tat, faisant le mal pour le mal sans en tirer de bĂ©nĂ©fice personnel. Le witch, enfin, nâopĂšre que sur un plan psychique et souvent Ă distance avec des moyens spirituels dâordre surnaturel. Sorcery et witchcraft, que lâon a rassemblĂ©s sous le terme de wizardry, Middleton, op. cit. sâopposent Ă magie, notamment en ce quâelles sont toutes deux uniquement orientĂ©es vers le mal. 7Le witch, ĂȘtre nocturne coureur de sabbats, monstre psychique capable de se dĂ©doubler et dâagir non pas dâailleurs sur les corps directement, mais sur les principes spirituels qui composent la personne, mangeur dâĂąmes ou vampire, ce sorcier au sens le plus fort du mot, rien nâindique quâil ait une existence dans la pensĂ©e bobo. Celui quâon redoute exclusivement câest lâempoisonneur », le kyente, et son portrait correspond bien Ă la description du sorcerer. Le kyente un homme trĂšs gĂ©nĂ©ralement nâa rien dans son apparence physique qui attire lâattention. Si, comme nous lâavons dit, on le soupçonne dâemployer quelques moyens magiques et de vouer un culte Ă des puissances malĂ©fiques, câest toujours Ă un moyen matĂ©riel, au poison, quâil fait appel pour donner la mort. AnimĂ© par une froide volontĂ© de dĂ©truire, câest en pleine luciditĂ© que le kyente agit, prĂ©parant longuement la mixture mortelle quâil administrera avec une sournoise habiletĂ©, Ă©piant le lent travail du poison et lâirrĂ©versible cheminement du mal. 8Les Bobo disent gĂ©nĂ©ralement que le kyente choisit ses victimes dans le but de satisfaire un ressentiment, ou pour remplir quelque dessein personnel inavouable, mais on prĂ©tend aussi quâil cĂšde bientĂŽt Ă la sombre dĂ©lectation de tuer et nâagit plus dĂšs lors que gratuitement. 9On sait, aprĂšs les nombreuses Ă©tudes qui lui ont Ă©tĂ© consacrĂ©es, que le phĂ©nomĂšne de la sorcellerie aussi bien sorcery que witchcraft est rĂ©vĂ©lateur de certaines rĂ©alitĂ©s psychologiques et sociales gĂ©nĂ©ralement dissimulĂ©es ; on sait que la sorcellerie est liĂ©e Ă des situations de conflit et quâelle reflĂšte les contradictions du systĂšme social. Aussi les conduites du sorcier, rĂ©elles ou imaginaires, apparaissent-elles comme chargĂ©es de sens et propres Ă fournir dâutiles enseignements sur les problĂšmes spĂ©cifiques des individus ou du groupe concernĂ©. 10Chez les Bobo, le kyente semble bien nâavoir jamais exercĂ© ses mĂ©faits de façon exclusive Ă lâintĂ©rieur de son lignage, bien plutĂŽt câest au niveau de la communautĂ© villageoise multi-lignagĂšre quâil aurait le plus souvent opĂ©rĂ©. Cela prend tout son sens si lâon tient compte du fait que la sociĂ©tĂ© bobo se caractĂ©rise par la volontĂ© de rĂ©aliser des communautĂ©s villageoises aussi fortement intĂ©grĂ©es que possible, ce qui suppose lâĂ©dification dâĂ©quilibres dĂ©licats fondĂ©s sur des Ă©changes et sur des dosages entre droits et devoirs, entraĂźnant de subtiles tractations et ouvrant le champ Ă des menĂ©es souterraines et Ă des formes de pression qui sont dans la ligne directe de la sorcellerie. Ăgalement significatif sans doute est le fait que cette mĂȘme sociĂ©tĂ© bobo nâa pas incarnĂ© le mal sous la forme du witch, si riche en fantasmes, mais quâelle a produit le sorcier-empoisonneur calculateur, froid et lucide. 11Tout porte Ă croire que les actes du kyente nâĂ©taient pas, ainsi que feignent de le croire les Bobo, parfaitement gratuits ou mĂȘme seulement limitĂ©s Ă la satisfaction de basses vengeances privĂ©es. La sorcellerie est un instrument dâaction, plus souvent dâailleurs au service du pouvoir et, paradoxalement, des rĂšgles Ă©tablies quâĂ celui de la contestation AugĂ© 1974. 12Parlant du kyente bobo, nous devrions donc ĂȘtre en mesure de dire quelle est sa fonction sociale, quels sont le sens, le but et le rĂ©sultat de ses actions. Cela ne nous est pourtant guĂšre possible en raison dâune difficultĂ© majeure il nây a plus de sorciers en pays bobo ! 13On affirme en effet de toutes parts quâaprĂšs avoir Ă©tĂ© pourchassĂ©s activement, par les moyens que nous dĂ©crirons, les sorciers sont dĂ©sormais pratiquement Ă©liminĂ©s. On remarquera en passant quâune telle conviction, lorsquâelle se propage, peut bien se rĂ©vĂ©ler la plus efficace de toutes les armes dans un domaine oĂč tout procĂšde de 1âimaginaire la croyance en la sorcellerie perd toute assise, dĂšs lors quâon nâadhĂšre plus aux fantasmes dont elle est la somme. 14Les choses pourtant ne sont pas si simples. La contre-sorcellerie est triomphante⊠mais on constate que partout elle est maintenue en activitĂ©, ce qui laisse penser quâelle a encore quelques raisons dâĂȘtre. Sans doute apparaĂźt-il que la contre-sorcellerie, de curative quâelle fut par la mise Ă mort effective dâinnombrables sorciers, est devenue prĂ©ventive elle dĂ©nonce le plus souvent aujourdâhui des intentions, des projets dâactes de sorcellerie et prĂ©tend ainsi sâopposer Ă leur aboutissement. Il nâen reste pas moins que les sorciers nâen finissent pas dâĂȘtre vaincus et que les Bobo ne cessent pas de courir Ă leurs trousses ; Ă tout prendre, se consacrer aussi assidĂ»ment Ă la contre-sorcellerie quand on proclame avoir chassĂ© tous les sorciers, nâest-ce pas un peu comme si lâon parlait par prĂ©tĂ©rition, comme si lâon discourait sans fin sur la sorcellerie aprĂšs avoir dĂ©clarĂ© quâil nây avait plus de raisons dâen parler, et nâest-ce pas, en dĂ©finitive, une façon dĂ©guisĂ©e dâentretenir une croyance ? 15En soi, le phĂ©nomĂšne de la contre-sorcellerie victorieuse a des significations aussi importantes que celui de la sorcellerie agissante, et il est certain que lâĂ©tude du premier jetterait bien des lumiĂšres sur le second. En lâĂ©tat de nos connaissances, lâanalyse des significations profondes du mouvement de contre-sorcellerie, tel quâil sâest dĂ©veloppĂ© chez les Bobo, nâest malheureusement pas encore Ă notre portĂ©e ; nĂ©anmoins, puisquâil est admis, dans le cadre de la prĂ©sente publication, de faire Ă©tat de recherches qui en sont au stade exploratoire, nous rĂ©unirons ici les informations que nous possĂ©dons sur les divers aspects des pratiques de contre-sorcellerie. 16Dans les temps anciens, la sorcellerie Ă©tait trĂšs rĂ©pandue et les Bobo ne disposaient pas de moyens vraiment spĂ©cifiques pour lutter contre elle, ils ne connaissaient que la coutume de lâinterrogatoire du cadavre » en bobo, sasara to dĂąga, une coutume pratiquĂ©e dâailleurs dans une grande partie de lâAfrique. 17Le sasara to dĂąga Ă©tait essentiellement destinĂ© Ă dĂ©terminer les causes, quelles quâelles fussent, de la mort quand cette derniĂšre apparaissait suspecte. Par cette mĂ©thode, il pouvait ĂȘtre rĂ©vĂ©lĂ© que le mort sâĂ©tait rendu coupable dâune faute grave et quâil sâagissait donc dâune punition en ce cas, on Ă©tait aussi informĂ© de lâidentitĂ© de la puissance spirituelle outragĂ©e, ce qui permettait dâorganiser les nĂ©cessaires rites expiatoires ; mais, par cette mĂ©thode, on pouvait aussi dĂ©couvrir que le mort Ă©tait la victime dâun sorcier-empoisonneur ce dernier Ă©tait dĂ©noncĂ© par le cadavre lui-mĂȘme et il passait spontanĂ©ment » aux aveux, avant dâĂȘtre livrĂ© Ă la vindicte publique. 18Les Bobo procĂ©daient de la façon suivante. Le cadavre, attachĂ© sur une civiĂšre, Ă©tait hissĂ© sur la tĂȘte de deux hommes. La scĂšne se passait devant la maison-temple du chef de lignage wasa. Un prĂȘtre ou un parent Ă plaisanterie koronate sâadressait au dĂ©funt et lui posait une sĂ©rie de questions prĂ©cises auxquelles il Ă©tait censĂ© rĂ©pondre par une impulsion irrĂ©sistible communiquĂ©e Ă ses porteurs et qui les poussait Ă faire quelques pas en avant rĂ©ponse affirmative ou en arriĂšre rĂ©ponse nĂ©gative. On demandait par exemple au cadavre si ce qui avait causĂ© sa mort venait de la wasa si câĂ©tait donc une affaire concernant le lignage ; si câĂ©tait une des puissances dont lâautel est dans cette mĂȘme wasa qui lâavait tuĂ© en cas de rĂ©ponse affirmative on Ă©numĂ©rait tous les autels ; on demandait si câĂ©tait les ancĂȘtres qui avaient provoquĂ© sa mort et pour quelle raison. Si le cadavre avait toujours poussĂ© ses porteurs en arriĂšre, on en venait alors Ă la question fatidique Ă©tait-ce un homme qui Ă©tait le responsable de sa mort ? Si oui, chaque personne de la famille, puis chaque villageois passait devant le cadavre et posait la question Est-ce moi qui tâai tuĂ© ? » Le coupable Ă©tait dĂ©signĂ© par le mouvement voulu. Dans certaines localitĂ©s, quand lâinterrogatoire avait dĂ©voilĂ© quâil y avait un crime, le cadavre poussait ses porteurs au long des ruelles jusquâĂ la demeure de lâassassin qui Ă©tait en gĂ©nĂ©ral tuĂ© sur place. 19Cette mĂ©thode de recherche des causes de la mort â qui pouvait occasionnellement permettre de dĂ©couvrir des sorciers empoisonneurs â est restĂ©e longtemps employĂ©e par les Bobo et par leurs proches parents ethniques Bwa. Chez ces derniers, elle Ă©tait encore attestĂ©e Ă lâĂ©poque, entre 1910 et 1920, oĂč Ă©crivait le docteur Cremer 1927182-188 ; et chez les Bobo, elle est toujours pratiquĂ©e en certains cas dans la tribu bakĂŽma rĂ©gion de Kuka. 1 Sogo rĂ©gente les forces frustes de la nature, il sâidentifie Ă la vĂ©gĂ©tation, Ă la brousse incultiv ... 20Il semble nĂ©anmoins que les Bobo en soient venus Ă considĂ©rer que lâinterrogatoire du cadavre nâĂ©tait pas un moyen assez puissant pour lutter contre les sorciers. Ils sâadressĂšrent dâabord Ă certaines des puissances spirituelles majeures quâils rĂ©vĂ©raient et notamment Ă sogo, divinitĂ© de la brousse1. Puis se rĂ©pandirent les cultes dâesprits particuliers, spĂ©cialisĂ©s de plus en plus dans la chasse aux sorciers. 21Nous parlerons ici du culte des deux principaux esprits chargĂ©s de dĂ©tecter et de dĂ©truire les sorciers-empoisonneurs kyente duba et vyetĂŽgo. Duba 22Le culte de cet esprit est trĂšs anciennement implantĂ© en pays bobo et lâon peut dire quâil est pratiquĂ© dans la totalitĂ© des villages. 23Trois variĂ©tĂ©s de duba sont connues, chacune portant le nom du village oĂč son culte fut inaugurĂ© et dâoĂč il se propagea ensuite. Le diriko duba du nom dâun village disparu qui Ă©tait situĂ© entre TĂąguna et Duma occupe toute la partie nord du pays bobo au-dessus dâune ligne qui passe, en les englobant, par les villages de Kuni, Worowe, Tiriko. Le culte intĂ©resse donc dans leur entier les tribus Tinkire, YebĂš, SĂąkĂŽma, BanakĂŽma. Le mawana duba est trĂšs largement majoritaire au centre du pays dans les tribus KurekĂŽma et BakĂŽma respectivement, rĂ©gions de Piriwe-LĂȘkoro et Bokoroniso-Kuka-Mawana son lieu de naissance. Chez les SyĂȘkĂŽma, il est Ă Kurumani, Fini, Kokoroba, Zokoema et Badema. Le mawana duba se trouve aussi en quelques points isolĂ©s de la zone du diriko duba Ă Moro, KĂšle, SĂąwĂȘ, BagĂą et, dans la zone du ZĂŽkĂŽma duba, Ă SĂąkoro. Le mawana duba partage enfin assez Ă©galement avec le zĂŽkĂŽma duba tout le sud du pays bobo tribus VorĂš, SyakĂŽma, BĂšnĂš et SogokirĂš et lâensemble du pays Bolon. Le zĂŽkĂŽma duba du nom dâun village disparu et de localisation inconnue a son centre principal chez les SyĂȘkĂŽma, on le trouve notamment Ă Lya, Burawala, Sama, Kibe. Mais, comme nous lâavons dit, il se partage avec le mawana duba les villages bobo du sud et ceux du pays bolon. 2 Sauf dans lâextrĂȘme nord du pays oĂč lâautel de duba est Ă lâintĂ©rieur dâun temple. 24Lâautel principal de duba est dâune forme trĂšs caractĂ©ristique et sa prĂ©sence est si familiĂšre dans les villages2 quâon pourrait presque en faire lâemblĂšme religieux des bobo. 25En fait, il y a toujours deux autels lâun mĂąle, qui est le principal, et lâautre, femelle. 26Le duba mĂąle est toujours placĂ© Ă lâest du village, au voisinage des premiĂšres maisons. Cette situation sâexplique par le fait que, pour les Bobo, lâensemble du cosmos est orientĂ© selon un axe qui va de lâest vers lâouest lâest est un lieu de dangers et une source de dĂ©sordres, de malĂ©fices ; lâouest est un havre de paix et de sĂ©curitĂ©. Le duba se dresse ainsi Ă lâest comme une sentinelle qui protĂ©gerait le village contre ses ennemis invisibles qui ont nom maladie, stĂ©rilitĂ©, famine et⊠sorcellerie. 27Le duba mĂąle duba sĂź est une piĂšce monoxyle constituĂ©e par un fĂ»t rectiligne, fichĂ© en terre Ă sa base et dont la partie supĂ©rieure se termine par une fourche Ă trois branches. Entre les branches de cette fourche est calĂ©e une poterie cylindrique munie dâun couvercle. La hauteur de la piĂšce de bois quâon appelle sele est dâenviron 1 m 50, le diamĂštre du fĂ»t 12 Ă 15 cm. Les fourches et surtout le fĂ»t du duba sont ornĂ©s de sculptures. Il sâagit principalement de motifs gĂ©omĂ©triques en relief accusĂ©, dĂ©pourvus, semble-t-il, de toute autre valeur que dĂ©corative, Ă lâexception toutefois dâun chanfrein rectangulaire mĂ©nagĂ© Ă la commissure des fourches et qui est le symbole masculin du duba. 28Ă la base du fĂ»t, on trouve les seules reprĂ©sentations animaliĂšres, celle du camĂ©lĂ©on symbole mĂąle associĂ©e Ă celle du lĂ©zard symbole femelle. 29Le duba femelle est appelĂ© duba na, Ă©pouse na de duba ». zĂŽkĂŽma duba est la seule variĂ©tĂ© de duba dont lâautel femelle soit, comme les autels mĂąles, constituĂ© par une sele fĂ»t Ă fourche trifide. Dans ce cas, le se le femelle trouve place Ă lâest aux cĂŽtĂ©s de son homologue mĂąle ; il ne porte naturellement que la reprĂ©sentation du lĂ©zard. Les deux autres variĂ©tĂ©s de duba ont leur autel femelle situĂ© Ă lâouest du village, dans la zone protĂ©gĂ©e » ; cet autel est peu visible, se prĂ©sentant sous la forme soit dâun petit cĂŽne de pisĂ© diriko duba, soit dâun amas de cailloux mawana duba. 3 Lâautel duba na ne contient que les rĂ©sidus matĂ©riels de ces principes. Ils sont dĂ©posĂ©s aprĂšs leur ... 30Les autels que nous venons de dĂ©crire sont les siĂšges » kware de lâesprit duba, ce ne sont que des superstructures destinĂ©es Ă contenir les vrais principes actifs. Ces principes » sont rassemblĂ©s dans la poterie supportĂ©e par les fourches du duba sĂź3. Ils consistent en un certain nombre de tronçons de racines de lâarbre kivi Afzelia africana baignant dans une eau additionnĂ©e dâun peu de biĂšre de mil. Câest Ă lâintĂ©rieur de lâarbre kivi, et surtout de ses racines, que sâincorpore lâesprit duba, probablement en se diluant dans la sĂšve. 31En lui-mĂȘme, Afzelia africana est un arbre Ă©minemment sacrĂ© pour les Bobo, comme pour de nombreuses autres populations de la zone soudanaise dâailleurs. On notera que les racines de cet Afzelia sont rĂ©putĂ©es dangereuses, elles auraient en effet la propriĂ©tĂ© de se mouvoir spontanĂ©ment, de se tordre sur elles-mĂȘmes ou de se recourber ; lorsquâon les pose sur la tĂȘte au cours des rites, elles arracheraient les cheveux. Pour ajouter Ă leur virulence naturelle et aussi pour supplĂ©menter leur pouvoir, les racines de kivi sont enduites sur toute leur longueur dâun broyat de racines de bakana humidifiĂ©es Ă la biĂšre de mil. Ce bakan plante non identifiĂ©e est lui-mĂȘme un arbuste malfaisant dont on dit quâil est capable de se dĂ©placer pour barrer votre route. On attribue aux racines la propriĂ©tĂ© de provoquer chez lâhomme des crises de possession et câest lĂ , sans nul doute, la raison pour laquelle elles sont mises en contact avec kivi. 32En dehors de sa prĂ©sence dans la poterie de duba sĂź, la racine de kivi, soigneusement enduite de bakana, fait aussi office dâautel portatif et son rĂŽle, on le verra, est de conduire et dâinspirer celui qui le porte. La racine est enroulĂ©e dans une piĂšce de coton blanc, Ă©troitement serrĂ©e par des liens. Ă chaque extrĂ©mitĂ© on attache une touffe de feuilles de nere. Plusieurs racines sont ainsi prĂ©parĂ©es, dâautres sont simplement enrobĂ©es dans une gangue dâargile. En raison de leur forme allongĂ©e et de la touffe qui termine certaines dâentre elles, on leur donne le nom de nyĂąpĂ©ge de nyĂąga bĆuf » et de pĂ©ge queue » ou queue de bĆuf ». TrĂšs nombreux sont les esprits funyanonĂŽ qui possĂšdent ainsi Ă la fois un autel fixe et un ou des autels portatifs du type nyĂąpĂ©ge. 33Les racines de kivi et, il faut le souligner, celles de nombreuses autres espĂšces botaniques, quoique Ă un degrĂ© peut-ĂȘtre moindre sont donc un lieu dâĂ©lection pour la substance incorporelle des esprits. Il semble cependant que cette qualitĂ© puisse sâaltĂ©rer avec le temps. Afin que les racines restent toujours en Ă©tat dâabriter des forces spirituelles, il est nĂ©cessaire de procĂ©der pĂ©riodiquement Ă leur renouvellement. Cela donne lieu Ă une cĂ©rĂ©monie qui a lieu tous les sept ans et que lâon appelle duba suruwa dĂąga Coutume de la sortie suru de duba ». Ă cette occasion, un nouveau se le est taillĂ© et câest au cours dâun rituel nocturne que les nouvelles racines de kivi sont prĂ©levĂ©es en brousse et rapportĂ©es au village oĂč ont lieu sacrifices et rĂ©jouissances. 34Les fonctions de duba avaient une certaine diversitĂ© on lui attribuait et on lui attribue aujourdâhui encore la naissance de nombreux enfants ; on lui reconnaissait aussi une action bienfaisante en matiĂšre dâactivitĂ©s agraires. NĂ©anmoins, la fonction spĂ©cifique de duba Ă©tait la recherche et la destruction des sorciers. En ce domaine, il ne cessa dâenregistrer des succĂšs jusquâau jour oĂč apparut un nouvel esprit nommĂ© vyetĂŽgo qui devait faire preuve dâune efficacitĂ© plus grande encore. 35Les modes opĂ©ratoires de duba Ă©tant pratiquement identiques Ă ceux de vyetĂŽgo, nous en traiterons Ă propos de ce dernier. VyetĂŽgo 4 En ce cas, duba, qui lui est antĂ©rieur chez les Bobo, mais qui lui ressemble tant, aurait Ă©tĂ© lui a ... 5 Enfin, le renouvellement, ici aussi, est septennal. 36VyetĂŽgo pourrait ĂȘtre de provenance Ă©trangĂšre4 ; G. ChĂ©ron 1916257 le disait venir de chez les Sembla5. Les Bobo, quant Ă eux, sâaccordent pour situer son origine Ă SangulĂ©ma, un village limitrophe Ă la fois du pays sembla et du pays minyanka. 37De SangulĂ©ma, vyetĂŽgo sâest rĂ©pandu, au cours du 19e siĂšcle, dans la totalitĂ© des villages bobo situĂ©s au sud de la Volta noire. Vers 1900, les villageois de Sauna se procurent le vyetĂŽgo Ă SangulĂ©ma. Pour la premiĂšre fois, le culte passe outre-Volta, mais il faudra attendre 45 ans pour quâil reprenne sa progression vers le nord. SilĂȘkoro en 1945, puis Kyebani en 1946 dâoĂč il sera transmis Ă Kula, Muna et Ă Yakrisi en 1954, Kurumani en 1947, Bura en 1950, Fo en 1954 et SĂąkoro en 1956 se rendent acquĂ©reurs du vyetĂŽgo Ă Sama. Entre-temps, en 1952, Fini est allĂ© chercher le culte Ă SangulĂ©ma mĂȘme pour le transmettre Ă MĂ»na en 1956 et Kuka en 1957. De son cĂŽtĂ©, Wofura rapporte en 1955 le vyetĂŽgo de SangulĂ©ma et le donne Ă Tuma en 1957. En 1959 enfin, Gi, BĂȘ et Felewe, les villages les plus septentrionaux Ă©taient en train dâadopter vyetĂŽgo. Depuis, le culte a achevĂ© de se gĂ©nĂ©raliser. 38Lâautel de vyetĂŽgo est constituĂ© toujours par deux poteaux Ă triple fourche supportant des poteries closes ; lâun est mĂąle, lâautre est femelle et ils sont placĂ©s cĂŽte Ă cĂŽte. Ces sele ressemblent beaucoup au duba sĂź, nĂ©anmoins ils sâen distinguent par le fait quâils ne sont pratiquement pas sculptĂ©s et quâils se dressent toujours Ă lâintĂ©rieur du village. Les principes actifs de duba se retrouvent chez le vyetĂŽgo et chez ce dernier, ils existent Ă©galement sous la forme de nyĂąpĂ©ge. 39Enfin, le renouvellement, ici aussi, est septennal. 40Ce qui fait pour nous lâintĂ©rĂȘt de vyetĂŽgo, ce sont, bien entendu, les modalitĂ©s de son action contre lĂ©s sorciers. 41Lorsque se produit le dĂ©cĂšs dâun individu jeune et qui Ă©tait apparemment de bonne constitution, il convient de sâinformer sur les causes de sa mort. Ă plus forte raison faut-il le faire si lâon avait observĂ© chez lui une altĂ©ration suspecte des facultĂ©s. Une requĂȘte est prĂ©sentĂ©e dâabord aux ancĂȘtres borĂš. Sâils restent muets les poulets du sacrifice mourant de telle façon quâon ne puisse en infĂ©rer une rĂ©ponse prĂ©cise, on est en droit de redouter le pire. Il faut alors sâadresser Ă sogo sogo to, interroger sogo » car il rĂ©gente, nous lâavons dit, le monde de la brousse et ses forces obscures ; personne nâest plus apte Ă reconnaĂźtre et Ă dĂ©noncer lâĆuvre de sorcellerie, sogo rĂ©vĂšle donc les actes criminels, mais en aucun cas il ne dĂ©signe les coupables et moins encore il ne les punit lui-mĂȘme câest lĂ la tĂąche exclusive de vyetĂŽgo. sogo Ă©tablit le diagnostic, vyetĂŽgo opĂšre ». 42InformĂ©s du crime perpĂ©trĂ©, les parents du mort vont devant lâautel de vyetĂŽgo. Ils implorent sa vengeance et offrent une poule en sacrifice. Quelque temps sâĂ©coule avant que, dâune façon tout Ă fait soudaine et imprĂ©vue, une personne entre brutalement en transes. La possession ne peut se produire quâhors du village, en pleine brousse, et la crise est susceptible, affirme-t-on, de toucher nâimporte qui. DĂšs les premiers symptĂŽmes, lâhomme possĂ©dĂ© court au village et sâempare dâun nyĂąpĂ©ge de vyetĂŽgo, il sâarme aussi dâune lance. Titubant, il se rend chez le chef de famille du dĂ©funt et un dialogue sâĂ©tablit. Le chef de famille explique lâaffaire et demande Ă lâhomme en qui sâincarne dĂ©sormais vyetĂŽgo de trouver le coupable. Le possĂ©dĂ© acquiesce en frappant le sol de son nyĂąpĂ©ge et en sortant de sa bouche Ă©cumeuse des sons qui sont souvent comparĂ©s aux hennissements du cheval on dit, ici comme ailleurs, que le possĂ©dĂ© est le Cheval » de lâesprit. Les choses sont alors trĂšs rapides le possĂ©dĂ© dĂ©vale en courant les ruelles et sâarrĂȘte brusquement devant une porte ; il entre et se dirige droit sur la cachette oĂč lâempoisonneur a placĂ© son matĂ©riel, fioles de poison, mortiers, poudres et ingrĂ©dients divers si ce matĂ©riel a Ă©tĂ© jetĂ© en brousse et enfoui, comme câest souvent le cas, dans une poterie cachĂ©e sous terre, le possĂ©dĂ© retrouve sans hĂ©siter le lieu. Le matĂ©riel est aussitĂŽt dĂ©posĂ© au pied de lâautel de vyetĂŽgo par le possĂ©dĂ© gui retourne ensuite se saisir de la personne du coupable. Devant la preuve faite de ses crimes, le sorcier kyente avoue toujours. Le possĂ©dĂ©, encore en pleine transe, donne alors un dĂ©lai » de quelques jours au kyente pour mourir. Lâhomme dĂ©cline rapidement ; le mal, dit-on, prend au niveau de la tĂȘte, descend dans le cou, gagne le dos et la mort survient dans le dĂ©lai prescrit, inĂ©luctablement et sans avoir Ă©tĂ© nullement provoquĂ©e matĂ©riellement. 43Tel est, schĂ©matiquement, le dĂ©roulement des opĂ©rations selon les informations que nous avons pu recueillir sur les derniers cas de mise Ă mort dâun sorcier par vyetĂŽgo. Certains de ces cas sont relativement rĂ©cents. Ainsi, en 1947, dans le village de N., un homme possĂ©dĂ© par vyetĂŽgo dĂ©nonça un certain Me K. Le possĂ©dĂ© trouva le matĂ©riel de Me et il lâĂ©tala devant les yeux des villageois. Le possĂ©dĂ© Ă©numĂ©ra Ă©galement Ă haute voix les victimes de Me une vingtaineâŠ. Ă chaque nom Me sâĂ©criait Eh ! câest vrai ! ». Me mourut trois jours aprĂšs sa condamnation. 44Ayant rassemblĂ© ces quelques faits, au moins pouvons nous mesurer mieux la complexitĂ© de phĂ©nomĂšnes qui concernent non seulement le domaine de la sorcellerie, mais aussi celui de la possession et dâune certaine façon, celui de la divination. VyetĂŽgo Discussion M. Cartry Quelle est la nature des poisons prĂ©parĂ©s. Sont-ils vraiment trĂšs toxiques ? G. Le Moal Il sâagit de poisons vĂ©gĂ©taux trĂšs actifs. On y joint souvent des fragments de gros intestin dâhyĂšne, or il est scientifiquement Ă©tabli que cela est trĂšs toxique. Je ne parle pas des ingrĂ©dients divers, tels que les restes humains en dĂ©composition, qui ne doivent pas ĂȘtre trĂšs digestes ! G. Dieterlen Au sujet de lâorientation de lâespace beaucoup de choses viennent de lâest. Chante-t-on le masque est venu de lâest.. » ? G. Le Moal Oui, chez les Bobo, les masques sont fabriquĂ©s en brousse Ă lâest du village. Ils opĂšrent en traversant le village dâest en ouest. Tout est orientĂ© est-ouest, de ce fait lâest est la source de toutes choses. Il faut regarder vers lâest, il faut aussi contrĂŽler et canaliser, en quelque sorte, les forces qui viennent de lâest. Câest pourquoi duba se dresse Ă lâest du village. L. de Heusch Pour quelle raison 1âAfzelia a-t-il un rĂŽle aussi important ? G. Le Moal LâAfzelia est le vecteur de forces spirituelles dâimportance majeure. Les autels bobo, pratiquement tous, sont fondĂ©s sur des composants vĂ©gĂ©taux, or il y a un rapport Ă©troit entre la taxonomie bobo des plantes et la classification, la hiĂ©rarchie, des entitĂ©s spirituelles. Il y a tout un jeu de correspondances classificatoires entre les qualitĂ©s du rĂ©ceptacle et la nature de la force qui sây incorpore. M. Cartry Est-ce que tous les Afzelia sont sacrĂ©s ? Chez les GourmantchĂ©, ce nâest le cas que pour certains dâentre eux. G. Le Moal Oui, câest lâespĂšce tout entiĂšre qui est sacrĂ©e. On ne coupe un Afzelia que pour des raisons religieuses, pour y tailler un masque par exemple voir mon film Le grand masque Molo. N. Ăchard Est-ce que la connaissance de la prĂ©paration des poisons est le fait de certains groupes sociaux particuliers ? G. Le Moal Non, câest une connaissance dont les principes de base sont accessibles Ă tous. Le sorcier nâest pas nĂ©cessairement plus savant que quiconque en matiĂšre de poisons, mais, lui, il en fait un usage systĂ©matiquement criminel. Dâailleurs, on est sorcier par la philosophie de son acte et non par un plus ou moins grand savoir. J. F. Vincent Il serait intĂ©ressant de voir comment lâaction du vyetĂŽgo a remplacĂ© lâaction du duba. G. Le Moal En effet, il y a lĂ une substitution que je ne sais pas expliquer, duba Ă©tait et reste encore, semble-t-il, en mesure de dĂ©tecter les sorciers, mais sa vocation est plus Ă©tendue, plus pacifique, plus neutre que celle de vyetĂŽgo qui sâattaque seulement Ă ce qui trouble lâordre social. J. F. Vincent Lâaction de vyetĂŽgo ressemble un peu Ă celle des nkisi. L. de Heusch Certains nkisi ont un rĂŽle de protection contre la sorcellerie. Mais, ils ont un rĂŽle individuel et non collectif. Or ici, ils ont une fonction collective. Il y a aussi un lien avec la possession, car il arrive que la puissance qui est dans le nkisi puisse provoquer la possession, mais lĂ encore dans un cadre individuel plutĂŽt que collectif. M. Cartry Il semble que les vyetĂŽgo aient des propriĂ©taires » et quâon puisse les acquĂ©rir. Est-ce que le propriĂ©taire accepte de mettre son autel Ă la disposition de la victime ? G. Le Moal Il y a deux plans le communautaire foroba, câest-Ă -dire ce qui est partagĂ© par tous les membres de la communautĂ© villageoise, et le lignager zakane. vyetĂŽgo appartient au lignage parmi lequel sâest trouvĂ© celui qui, soit en a eu la rĂ©vĂ©lation, soit a procĂ©dĂ© Ă son acquisition, vyetĂŽgo est donc zakane, privĂ© » en quelque sorte. Mais, dans ses activitĂ©s, vyetĂŽgo opĂšre au niveau de la communautĂ© foroba et au bĂ©nĂ©fice de tous.
2Pérouse, 19 mai 1478 : « Bernardus de Cumis, qui per capitulum generale Romanum (1474) fuerat assig ; 3 21 mai 1505 : « fr. Bernardus de Como instituitur inquisitor Cumanus » (Rome, AGOP, IV, 17 fol. 172 ; 4 Cette république est composée par la Ligue de la Maison-Dieu (1367), la Ligue Grise (1395/1424) et ; 2 Né trÚs probablement aux alentours de la moitié du xv e siÚcle
ComitĂ© rĂ©duit durant les vacances de NoĂ«l 1992 dans CS/f © 2002 Warner Bros. âCher Mr Potter, Nous avons le plaisir de vous informer que vous bĂ©nĂ©ficiez dâores et dĂ©jĂ dâune inscription au CollĂšge Poudlard. Vous trouverez ci-joint la liste des ouvrages et Ă©quipements nĂ©cessaires au bon dĂ©roulement de votre scolaritĂ©. La rentrĂ©e Ă©tant fixĂ©e au 1er septembre, nous attendons votre hibou le 31 juillet au plus tard. Veuillez croire, cher Mr Potter, en lâexpression de nos sentiments distinguĂ©s. Minerva McGonagall Directrice adjointeâ Lettre envoyĂ©e Ă Harry en juillet 1991 ES4 Sommaire1 RĂ©sumĂ©2 Qui est qui ?3 Vie de tous les jours4 Histoire5 BĂątiments et enceinte6 Voir aussi7 Etymologie RĂ©sumĂ© Nom original Hogwarts School of Witchcraft and Wizardry. âHogwartsâ est en fait le nom dâune fleur. JKR a dit âMes idĂ©es proviennent de toutes sortes dâendroits et je ne me souviens pas toujours dâoĂč ils me viennent. Une amie londonienne mâa demandĂ© rĂ©cemment si je me souvenais quand jâavais vu pour la premiĂšre fois le nom âHogwartsâ. Je nâen avais aucune idĂ©e jusquâĂ ce quâelle se rappelle quâun jour nous sommes allĂ©es aux Kew Gardens et avons vu ces lys qui Ă©taient appelĂ©es âhogwartsâ. Je les aurais vus sept ans auparavant et ils auraient travaillĂ© dans ma mĂ©moire. Lorsque âHogwartsâ mâest apparu comme nom pour lâĂ©cole, je nâavais aucune idĂ©e dâoĂč cela pouvait venir.â SMH âĂcole de Sorcellerie Poudlardâ se dit âHogwarts School of Witchcraft and Wizardryâ Sorcellerie -et- Magie. On peut trouver aussi çà et lĂ âHogwarts Schoolâ, traduit par âCollĂšge Poudlardâ. Emplacement Ăcosse, Grande-Bretagne. Fondateurs Godric Gryffondor, Helga Poufsouffle, Rowena Serdaigle et Salazar Serpentard. Devise la devise de lâĂ©cole, qui apparaĂźt sur son blason, est âDraco dormiens nunquam titillandusâ, ce qui signifie âNe chatouillez pas un dragon qui dortâ. Elle est visible sur la page de garde des Ă©ditions anglaises enfant. Qui est qui ? Maisons et Ă©lĂšves Gryffondor Serdaigle Poufsouffle Serpentard Professeurs et employĂ©s FantĂŽmes Autres habitants du chĂąteau Le Choixpeau magique Combien y a-t-il dâĂ©tudiants Ă Poudlard ? Vie de tous les jours Vie scolaire Horaires et vie quotidienne CongĂ©s, fĂȘtes, banquets et grandes occasions Mots de passe Punitions et rĂ©compenses Retenues Points Cours dispensĂ©s Ă Poudlard Manuels scolaires Quidditch Hymne de Poudlard Chorale de Poudlard Dessin de la Carte du Maraudeur par Mary GrandPrĂ© © Warner Bros Histoire Les fondateurs ĂvĂ©nements des annĂ©es 90 Le Tournoi des Trois Sorciers Le bal de NoĂ«l BĂątiments et enceinte IntĂ©rieur du chĂąteau La bibliothĂšque Bureau et appartements du directeur La Chambre des Secrets Dortoir des garçons de Gryffondor Rez-de-chaussĂ©e La Salle sur Demande Les salles de la Pierre Philosophale ExtĂ©rieur du chĂąteau La cabane de Hagrid La ForĂȘt interdite Le Saule Cogneur Quelle taille a Poudlard ? Voir aussi Atlas de Poudlard Le Poudlard Express PrĂ©-au-Lard Les autres Ă©coles de sorcellerie Etymologie Jean-François MĂ©nard, le traducteur français de la saga, explique que la version anglaise Hogwarts » signifie verrues de cochon », un nom dâĂ©cole qui nâaurait pas donnĂ© Ă beaucoup dâĂ©lĂšves lâenvie dây Ă©tudier. Verrue » est alors devenu pou », un autre flĂ©au, et cochon » sâest transformĂ© en lard ». Une traduction des plus habiles. De plus, le traducteur expliquait aussi que son objectif Ă©tait de trouver un nom qui ait du sens en français mais que lâon puisse penser ĂȘtre un nom anglais. La traduction est donc relativement littĂ©rale, tout en donnant une consonance agrĂ©able et cohĂ©rente au nom. Il est Ă noter aussi que âwarthogâ signifie âphacochĂšreâ Pour nous signaler un bug, merci de cliquer ici.