Offrezvotre mouton Ă des dĂ©shĂ©ritĂ©s. Si vous prĂ©fĂ©rez offrir votre mouton Ă des dĂ©munis en France ou Ă lâĂ©tranger, plusieurs solutions sâoffrent
Allez plus que quelques jours pour choisir son mouton. Les retardataires nâont pas de quoi sâinquiĂ©ter il y en a encore partout au Maroc. Les souks fusent, on voit des moutons partout, mĂȘme au-dessus dâun bus scolaire. Mais au milieu de tout cela comment sây retrouver lorsquâon nâest pas un agriculteur hors paire ? Et surtout comment NE PAS SE FAIRE AVOIR ? Quelques pistes qui vous feront choisir la meilleure bĂȘte pour Aid Al Adha. Fais-moi voir ce sourire ! NâhĂ©sitez pas Ă faire sourire le mouton. On ne vous demande pas de le faire rire mais bien de lui ouvrir la gueule. Regardez les deux dents avant. Si lâune dâelles tombe, la bĂȘte a plus dâun an. Sâil nâen manque pas mais que lâune des dents a changĂ© de couleur, quâelle devient jaunĂątre et plus Ă©paisse, câest que le mouton a changĂ© de dents. Il se fait donc vieux et sa viande nâest plus trĂšs tendre. Voici un schĂ©ma qui vous donnera quelques indications Tiens-toi droit mouton ! Comme pour les ĂȘtres humains, la colonne vertĂ©brale est synonyme de santĂ©. Mettez les mains sur sa colonne et si celle-ci dĂ©passe lâempan la largeur dâune main ouverte, du bout du pouce jusquâau bout du petit doigt, soit environ 20 cm, alors vous ĂȘtes tombĂ© sur le jackpot ! Lire aussi 5 conseils pour choisir sa viande Tu nâaurais pas grossi ? Avant de mener leur troupeau au souk, certains agriculteurs font manger du sel aux moutons, afin quâils boivent beaucoup. Le surplus dâeau les fait grossir et les fait paraĂźtre plus appĂ©tissants. Passez donc votre main sur son ventre pour vĂ©rifier sâil est gonflĂ© ou si le mouton est vraiment gros. Un mouton sans ses amis Au milieu de tous les moutons, vous ne pourrez pas trop faire la diffĂ©rence. NâhĂ©sitez pas Ă dĂ©placer le mouton Ă lâĂ©cart afin de le laisser revenir vers le troupeau. Vous vĂ©rifierez ainsi, mine de rien, sâil marche bien tout dâabord et sâil se promĂšne tĂȘte baissĂ©e ou pas. De quoi vous donner une idĂ©e claire sur son Ă©tat de santĂ©. Propre au sacrifice Tous les moutons ne sont pas bons Ă sacrifier. Aussi, faites attention Ă dâautres dĂ©tails le mouton ne doit pas ĂȘtre borgne un seul Ćil valide, il doit avoir un an et ne doit pas avoir la queue coupĂ©e. DerniĂšre chose, si vous avez lâoccasion de connaĂźtre le mode dâĂ©levage, vous pourrez affiner votre recherche. En effet, si le mouton a obĂ©it Ă un Ă©levage trĂšs intensif les derniĂšres semaines prĂ©cĂ©dents la fĂȘte, il prend beaucoup de kilos superflus. Cela ne lui permet pas seulement de dĂ©velopper de la chair, mais surtout beaucoup de graisses et donc de la liquiditĂ© inutile.
Salam 5 moutons Ă Ă©gorger, alors oui il est nĂ©cessaire pour l' AĂźd culturellement de faire le sacrifice du mouton, mais c'est au sens de la famille Ă©largie qui fĂȘte ce jour en commun, pas besoin de trouver 5 pauvres moutons, un simple morceau pour chacun suffit, c'est le geste qui compte, non la quantitĂ© .
1La viande est un aliment qui ne peut ĂȘtre banalisĂ© car il rĂ©sulte de la mort dâun ĂȘtre vivant. En Islam, sa production ritualisĂ©e, quâelle provienne dâun sacrifice ou dâun simple abattage, en fait une nourriture particuliĂšrement chargĂ©e de sens car elle est encadrĂ©e par des normes religieuses. En tout, le croyant musulman doit rechercher le licite, halal, câest-Ă -dire ce que la lĂ©gislation divine a autorisĂ© », et sâabstenir de lâillicite, statut de la viande en Islam2Hocine Benkheira montre que lâimpĂ©ratif mangez » est prĂ©sent 28 fois dans les versets du Coran, associĂ© souvent avec le substantif al-tayyibĂąt, les bonnes choses, câest-Ă -dire les aliments licites, mais aussi sous la forme nĂ©gative ne mangez pas », avec un substantif opposĂ© au prĂ©cĂ©dent al-habĂąâit, qui dĂ©signe les choses immondes. Il prĂ©cise Ce qui est bon du point de vue religieux est nĂ©cessairement bon du point de vue alimentaire, diĂ©tĂ©tique, ou seulement du goĂ»t. Le religieux dĂ©passe en Ă©minence les autres niveaux » [1]. 3Le ProphĂšte a dit Celui qui nourrit uniquement sa famille de choses licites est tel un martyr au nom de Dieu ». Quant Ă Ibn Abbas, il affirme Dieu nâaccepte pas les priĂšres de quelquâun dont les entrailles contiennent de lâillicite », le croyant devant prier cinq fois par jour [2]. 4En matiĂšre de nourriture, si lâon excepte lâinterdiction des boissons enivrantes, les prescriptions coraniques concernent les produits issus de lâabattage des animaux, lesquels se divisent en animaux consommables et non consommables. Parmi les inconsommables, le porc est le seul qui est expressĂ©ment prohibĂ© dans le Coran. Son rĂ©gime omnivore, en particulier sa propension Ă ĂȘtre coprophage, serait une des raisons du statut abominable de la chair de porc. Mais sont Ă©galement exclus de la consommation les carnivores et les charognards, que le sens commun considĂšre dâailleurs, dans la plupart des cultures, comme immangeables. Ceux qui sont consommables doivent ĂȘtre Ă©gorgĂ©s rituellement, cet acte Ă©tant dĂ©diĂ© Ă Dieu. VidĂ©e de son sang, vĂ©hicule de lâĂąme, leur chair devient alors halal. 5La viande est la nourriture par excellence, celle de la ritualitĂ© et de la commensalitĂ©. Sauf dans des cas exceptionnels â comme le choix de vivre en ermite â le vĂ©gĂ©tarisme nâest pas une attitude valorisĂ©e par la religion musulmane. Se priver sciemment des bonnes choses » que Dieu a créées pour les hommes est mĂȘme un acte rĂ©prouvĂ©. 6Les fonctions de la viande sont de lier et sĂ©parer », selon la formulation dâHocine Benkheira [3], câest-Ă -dire dâassurer la cohĂ©sion et la reproduction du groupe qui la consomme collectivement lors des fĂȘtes. Mais elle sert aussi de frontiĂšre » entre musulmans et non musulmans, la viande Ă©tant le seul aliment problĂ©matique lorsquâil provient des mains dâun non musulman [4]. 7Lâobtention de viande par lâabattage rituel renvoie aux rituels sacrificiels bibliques, celui dâAbel, le fondateur du sacrifice, et celui dâIbrahĂźm Abraham pour les juifs et les chrĂ©tiens commĂ©morĂ© chaque annĂ©e, le 10 dhĂ» l-hijja, lors du PĂšlerinage Ă La Mecque et au mĂȘme moment, dans lâensemble du monde musulman, par le sacrifice familial de lâAĂŻd El-Kebir [5]. La chair de la victime de lâAĂŻd est consommĂ©e par le sacrifiant et sa famille, une partie devant ĂȘtre distribuĂ©e aux pauvres, car lâIslam accorde une place centrale au partage et au don sadaqa. Par la mĂ©diation des pauvres, on atteint Dieu et on reçoit en retour la baraka, bĂ©nĂ©diction divine. Mais ces dons ont aussi pour but comme lâaumĂŽne, zakĂąt, impĂŽt dĂ» annuellement au prorata des richesses de chaque musulman, un des piliers de lâIslam, de rĂ©partir les richesses entre les diffĂ©rentes catĂ©gories sociales [6].Le sacrifice et la redistribution Ă lâoccasion du PĂšlerinage Ă La Mecque8Le 3e jour du PĂšlerinage, Ă MinĂą, lieu oĂč la Tradition situe le sacrifice dâIbrahĂźm, a lieu lâimmolation des victimes. Ce sacrifice, comme celui de lâAĂŻd El-Kebir, nâest pas obligatoire il est sunna », recommandĂ© Ă ceux qui en ont les moyens. Seuls sont obligatoires les sacrifices faits pour expier les manquements aux rĂšgles du PĂšlerinage la viande issue de ces rituels expiatoires est entiĂšrement donnĂ©e aux pauvres. MalgrĂ© ce caractĂšre non obligatoire, de nombreux pĂšlerins souhaitent offrir un sacrifice Ă MinĂą afin dâaccomplir le PĂšlerinage dans sa totalitĂ©, en reproduisant le geste du ProphĂšte lorsquâil lâa instituĂ©, lâan II de lâHĂ©gire. 9Les versets 36 et 37 de la sourate coranique 22 affirment Les animaux sacrifiĂ©s, Nous les avons faits pour vous dâentre les Signes sacrĂ©s dâAllah. Il y a en eux un bien pour vous. Invoquez donc le Nom dâAllah sur eux quand ils sont debout [quand ils sont vivants, avant de pratiquer lâĂ©gorgement]. Lorsquâensuite leurs flancs gisent [quand ils ont Ă©tĂ© sacrifiĂ©s], mangez-en et nourrissez celui qui est satisfait et le misĂ©reux ». 10Slimane Zeghidour prĂ©cise que la victime [du sacrifice du PĂšlerinage] nâappartient pas Ă celui qui lâĂ©gorge ; elle appartient Ă Dieu comme dans lâAncien Testament. La chair doit ĂȘtre en principe laissĂ©e en lâĂ©tat et abandonnĂ©e aux pauvres et Ă eux seuls. Mais comme le ProphĂšte en consomma la chair cuite et le bouillon, les croyants peuvent rĂ©cupĂ©rer jusquâau tiers de la victime » [7]. 11Les rĂ©cits historiques du PĂšlerinage ne dĂ©crivent pas la redistribution de la viande sacrificielle, mais lâatmosphĂšre particuliĂšre qui rĂ©gnait Ă MinĂą, lors du sacrifice en plein air de trĂšs nombreux moutons par les pĂšlerins, est parfois Ă©voquĂ©e. Lâabandon des carcasses pourrissant sous un soleil de plomb a frĂ©quemment provoquĂ© des Ă©pidĂ©mies. Câest pourquoi, depuis soixante ans, les autoritĂ©s locales ont rĂ©glementĂ© lâabattage rituel [le sacrifice] en procĂ©dant Ă lâenfouissement des restes pour effacer le spectacle et lâodeur de lâintolĂ©rable charnier puis, rĂ©cemment, Ă la mise en place dâune vĂ©ritable structure dâimmolation Ă lâĂ©chelle industrielle. En effet, des abattoirs ultramodernes sont installĂ©s Ă MinĂą. Le pĂšlerin dĂ©sirant offrir une victime nâa plus quâĂ se rendre Ă lâune des agences de la Banque Islamique de DĂ©veloppement BID, lĂ©galement habilitĂ©e par une fatoua spĂ©ciale Ă procĂ©der Ă des sacrifices par procuration » [8]. 12En quelques dĂ©cennies, la modernitĂ© est entrĂ©e dans lâespace sacrĂ© de La Mecque, le haut lieu de lâIslam, permettant, lors des sacrifices, dâapporter des garanties sanitaires et de rationaliser, Ă partir de 1983, le devenir des viandes destinĂ©es aux populations nĂ©cessiteuses. Lors du PĂšlerinage de 2010, 931 000 moutons, ainsi que 2 409 chameaux et bovins ont Ă©tĂ© sacrifiĂ©s, leurs viandes Ă©tant distribuĂ©es, sous forme fraĂźche, congelĂ©e ou en conserve, aux nĂ©cessiteux de La Mecque et de 27 pays musulmans [9].Le sacrifice par procuration pour lâAĂŻd El-Kebir13Ces sacrifices par procuration suivis de redistribution des viandes ont aussi Ă©tĂ© mis en place pour lâAĂŻd El-Kebir par une association caritative musulmane internationale, le Secours islamique. Sa premiĂšre expĂ©rience de collecte dâargent en France date de 1986, le but Ă©tant dâoffrir des moutons vivants Ă des familles pauvres pour quâelles fĂȘtent dignement lâAĂŻd, ou de procurer de la viande aux nĂ©cessiteux et aux rĂ©fugiĂ©s. Son prospectus, portant la photo de la circumambulation de la Pierre noire Ă La Mecque pour faire le lien temporel avec le PĂšlerinage, Ă©tait distribuĂ© devant les mosquĂ©es lors de la priĂšre du vendredi. Les donateurs pouvaient cocher le pays de redistribution choisi. Ainsi, en 1994, le prix dâun mouton, variant en fonction du cours local du bĂ©tail, allait de 130 FF pour le Mali, la Mauritanie et le SĂ©nĂ©gal Ă 680 FF en Turquie. 14Le Secours islamique continue chaque annĂ©e ses campagnes de sacrifices par procuration pour lâAĂŻd. Aujourdâhui, Internet est un relais important de cette collecte, Ă©galement utilisĂ© par lâassociation Muslimhands, Ă©quivalent musulman de Handicap International [10]. 15Dans les pays musulmans et en Europe, des associations locales organisent aussi des collectes dâargent pour venir en aide aux Ă©tudiants pauvres, aux orphelins, aux travailleurs migrants, aux prisonniers et aux malades⊠Mais la redistribution de viande est faite aussi et surtout par chaque famille musulmane ayant sacrifiĂ© pour lâAĂŻd redistribution par les familles16Le don dâune partie de la viande sacrificielle couronne lâacte rituel effectuĂ© lors de lâAĂŻd El-Kebir, fĂȘte familiale mais aussi fĂȘte de lâouverture vers les autres, de lâĂ©change et du partage, selon le principe De toute cette viande de mouton, il nây a que ce que lâon donne qui profite ce que lâon a mangĂ© est avalĂ©, ce que lâon a donnĂ© est profitable » [11]. 17Les diverses Ă©coles juridiques musulmanes apprĂ©cient diffĂ©remment la quantitĂ© Ă donner Ă cette occasion toute la victime, la moitiĂ© ou un tiers, la derniĂšre proposition Ă©tant la plus rĂ©pandue. Dans ce contexte familial on donne en prioritĂ© aux pauvres, aux isolĂ©s, aux mendiants qui vont de porte en porte, mais aussi Ă des familles qui nâont pu sacrifier faute de moyens financiers. On offre des morceaux bien identifiĂ©s de la victime de lâAĂŻd ou des portions de plats cuisinĂ©s au Maghreb, des parts composĂ©es de petits morceaux de viande et dâabats censĂ©s reprĂ©senter la victime entiĂšre en Afrique de lâOuest, en fonction du type de dĂ©coupe traditionnellement effectuĂ©e. 18Ces dons apportent plus quâune simple contribution alimentaire, ils font aussi rentrer les exclus dans le temps de lâAĂŻd, celui de lâabondance carnĂ©e. Cependant toutes les offrandes faites Ă cette occasion ne sont pas des aumĂŽnes. Des familles rĂ©servent certains morceaux Ă des personnes dont elles se sentent redevables, Ă des membres importants de la parentĂšle, mais aussi Ă des gens avec qui un diffĂ©rend quâon cherche Ă effacer a eu lieu durant lâannĂ©e Maghreb et en Afrique de lâOuest19Dans tous les pays oĂč jâai participĂ© Ă lâAĂŻd El-Kebir, au Maghreb et en Afrique de lâOuest, des musulmans aisĂ©s font, avant la fĂȘte, des dons de moutons vivants Ă des familles qui nâont pu en acheter. Ă Nouakchott, en Mauritanie, lâordre tribal Ă©tant toujours vivant malgrĂ© la sĂ©dentarisation et lâurbanisation, il serait honteux de laisser sans mouton pour lâAĂŻd les cousins pauvres ou mĂȘme les harratins, anciennes populations serviles liĂ©es aux chefferies tribales. De mĂȘme, Ă Dakar, ces dons de moutons Ă des membres pauvres de la famille sont effectuĂ©s par des gens de la sociĂ©tĂ© civile appartenant Ă toutes les ethnies wolof, peul, sĂ©rĂšre. Mais des moutons sont aussi offerts par les khalifs, les chefs des confrĂ©ries musulmanes, Ă leurs disciples les plus pauvres ayant reçu de nombreux moutons en hommage avant la fĂȘte, ils en redistribuent aussitĂŽt une partie [12]. 20Dans le centre des grandes villes marocaines oĂč lâhabitat dans de grands immeubles sâest beaucoup dĂ©veloppĂ©, le sacrifice a du mal Ă trouver sa place. Certaines familles, surtout parmi les professions intellectuelles ou libĂ©rales, ont pris de la distance par rapport Ă ce rituel. Pour Ă©chapper aux regards et aux jugements des voisins, elles profitent dâoffres promotionnelles pour passer cette pĂ©riode de fĂȘte dans les stations balnĂ©aires du sud du pays. Mais avant de partir, elles font porter un mouton Ă une famille pauvre de leur entourage ou donnent le prix dâun ovin Ă une association caritative qui en assurera la distribution. 21Cependant, nombreux sont les pĂšres de famille, poussĂ©s par les femmes et les enfants, Ă se procurer un mouton, parfois en sâendettant, pour le sacrifier juste aprĂšs la priĂšre de lâAĂŻd Ă la mosquĂ©e. DĂšs la fin de la matinĂ©e, dans les quartiers oĂč flotte une odeur de viande grillĂ©e, commence la ronde des visiteurs se prĂ©sentant aux portes des maisons. Sans avoir besoin de demander, ils reçoivent leur part », plus ou moins importante selon lâaisance de la famille et le nombre de moutons sacrifiĂ©s. 22Ainsi, au SĂ©nĂ©gal, dans les familles urbaines aisĂ©es oĂč lâĂ©pouse exerce une activitĂ© professionnelle commerçante, fonctionnaire, etc., on sacrifie deux moutons, un pour le pĂšre et un pour la mĂšre, mais câest la maĂźtresse de maison qui dĂ©cide de la destination des parts des deux victimes. Certaines nâattendent pas que les pauvres viennent sonner Ă leur porte. DĂšs que la dĂ©coupe a eu lieu, elles font porter par leurs enfants de la viande Ă des familles voisines qui nâont pu sacrifier [13]. 23Tous les dons ne sont pas constituĂ©s de viande crue. Ă Dakar, dans la famille qui mâa invitĂ©e pour la fĂȘte en 2000, la femme la plus ĂągĂ©e affirmait que donner de la viande crue porte malheur », en rĂ©fĂ©rence aux djins, ces gĂ©nies friands de sang, qui rĂ©clament leur part du sacrifice. Ce sont des voleurs de viande crue. La cuisson et le sel faisant de la viande une denrĂ©e destinĂ©e aux humains, dĂšs que son mouton a Ă©tĂ© sacrifiĂ©, mon hĂŽtesse dakaroise en a fait dĂ©couper la chair en morceaux, placĂ©s dans une grande marmite et cuits durant plusieurs heures sur un feu de bois dans la cour elle a distribuĂ© cette viande cuite aux pauvres qui se prĂ©sentaient Ă sa porte. 24Dans les grandes villes, au Maroc comme en Mauritanie, des maĂźtresses de maison choisissent aussi de donner de la viande cuite Ă des voisins cĂ©libataires ou Ă©loignĂ©s de leurs familles les gardiens des immeubles, les petits commerçants, les couturiers qui depuis des jours ne quittent plus leurs machines Ă coudre pour finir les tenues de fĂȘte de leurs clients, les chauffeurs de taxiâŠDans les villes europĂ©ennes25Les enquĂȘtes faites dans le cadre du groupe de travail que jâai coordonnĂ© au dĂ©but des annĂ©es 1990 ont montrĂ© quâĂ Bruxelles, Manchester, Paris, Bordeaux ou Marseille, des familles musulmanes affirment ne pas pouvoir donner la part de leur mouton de lâAĂŻd destinĂ©e aux nĂ©cessiteux car il nây a pas de pauvres » lĂ oĂč elles rĂ©sident [14]. Une affirmation Ă©tonnante Ă une Ă©poque de paupĂ©risation urbaine croissante, mais quâil faut entendre ainsi Il nây a pas de pauvres musulmans dans mon entourage, je ne connais pas de famille musulmane qui ne sacrifie pas pour lâAĂŻd ». Cette situation justifie la consommation totale de la chair de la victime par la famille ou la mise en place dâun systĂšme dâĂ©changes carnĂ©s avec les familles sacrifiantes les plus proches. Des mĂšres de famille ont cependant portĂ© de la viande ou des plats cuisinĂ©s Ă leurs voisins non musulmans. 26En France, cette part des pauvres » a aussi Ă©tĂ© collectĂ©e et distribuĂ©e en ayant recours Ă des associations. Ainsi, en 1987, Ă Beauvais, le produit de la collecte de lâAĂŻd faite par les jeunes de la section locale de France Plus, de la viande mais aussi des vĂȘtements et de lâargent, a Ă©tĂ© confiĂ© Ă une organisation caritative pour ĂȘtre distribuĂ© aux familles dĂ©munies de la ville sans distinction de race ni de religion » [15]. Une opĂ©ration qui a Ă©tĂ© reproduite les annĂ©es suivantes par les sections locales de France Plus de Marseille, MontĂ©limar, Montpellier⊠Dans les annĂ©es 1990, des associations caritatives musulmanes ont pris le relais et distribuĂ© les viandes de lâAĂŻd collectĂ©es dans un quartier ou auprĂšs des fidĂšles dâune mosquĂ©e. 27Depuis le dĂ©but des annĂ©es 2000, quand les sites de sacrifice qui avaient Ă©tĂ© organisĂ©s dans les annĂ©es 1990 ont Ă©tĂ© interdits [16], sacrifier de façon lĂ©gale pour lâAĂŻd est devenu de plus en plus difficile, quâil sâagisse dâacheter un mouton vivant ou de trouver un lieu propice Ă son Ă©gorgement. Des boucheries musulmanes mais aussi des supermarchĂ©s ont alors proposĂ© des carcasses de moutons de lâAĂŻd, comme on vend des dindes pour le repas de des nouvelles techniques de communication28Le web est de plus en plus utilisĂ© pour trouver oĂč acheter un mouton sacrifiĂ©. Dans la rĂ©gion parisienne, la premiĂšre expĂ©rience Ă©manait de deux jeunes qui ont créé, en 2006, une entreprise de vente Ă distance avec livraison Ă domicile de viande halal, par tĂ©lĂ©phone ou internet. Leur site web intitulĂ© Haladom avait pour devise Tout le halal Ă la maison ». Au bout de deux ans de fonctionnement et aprĂšs avoir bien rĂ©flĂ©chi au problĂšme particulier du sacrifice de lâAĂŻd El-Kebir, ils se sont lancĂ©s dans la fourniture dâagneaux pour cette fĂȘte. 29 Les agneaux sont sacrifiĂ©s aprĂšs la priĂšre de lâAĂŻd, le premier jour de la fĂȘte. Halaldom continue le sacrifice des agneaux les deux jours suivants », pouvait-on lire sur leur site qui proposait Ă ses clients le + de Halaldom », en lâoccurrence la redistribution gratuite des sadaqa de viande » DâaprĂšs la tradition prophĂ©tique, la viande issue du sacrifice de lâAĂŻd est en partie destinĂ©e en aumĂŽne aux personnes nĂ©cessiteuses. Nous avons observĂ© quâil est parfois difficile pour certains de savoir Ă qui donner son aumĂŽne lors de lâAĂŻd. Halaldom, restant fidĂšle Ă son souci de servir au mieux sa clientĂšle, propose de redistribuer aux nĂ©cessiteux tous les dons de viande de lâAĂŻd. Donnez un tiers, la moitiĂ© ou la totalitĂ© de votre agneau. Cet engagement de solidaritĂ© fait lâobjet dâune attention toute particuliĂšre au moment de lâAĂŻd. LâĂ©quipe de Halaldom a dĂ©cidĂ© de se rapprocher dâassociations reconnues pour leur travail sur le terrain de la solidaritĂ©. Nos partenaires sont Muslim Hands France, Le Secours Islamique, des associations locales Amatullah pour Paris, Agir et Donner Sans Limite pour Lyon et la communautĂ© arabo-berbĂšre de Marseille. Alors soyez gĂ©nĂ©reux⊠» [17]. 30Lors de la premiĂšre expĂ©rience de redistribution, en 2008, Muslim Hands a pu remettre plus de 800 kg de viande fraĂźche Ă des personnes nĂ©cessiteuses Ă lâoccasion de la plus importante fĂȘte musulmane. Cette sadaqa aura permis Ă toutes ces familles, de cĂ©lĂ©brer dignement cette fĂȘte, et surtout de ressentir quâon agit activement pour eux. » 31Dâautres opĂ©rateurs ont pris le relais, ce systĂšme dâachat pour lâAĂŻd et de redistribution Ă©tant aujourdâhui plĂ©biscitĂ© par de nombreuses familles communautaire ou ouverture aux autres ?32Cette redistribution aux musulmans nĂ©cessiteux » â quâil sâagisse de celle organisĂ©e par la BID pour le PĂšlerinage, des collectes prises en charge par des associations humanitaires islamiques ou des dons familiaux Ă des voisins musulmans â ne participe-t-elle pas dâun repli communautaire » alors que lâouverture aux autres » est affirmĂ©e comme une valeur de la fĂȘte de lâAĂŻd El-Kebir ? 33Dans des villes françaises Ă la fin des annĂ©es 80, le souci de distribuer les parts de viande sans distinction de race et de religion » a Ă©tĂ© affirmĂ©. Mais des familles sacrifiantes ont exprimĂ© leur crainte du refus de leur don par les voisins non musulmans ou mĂȘme, ce qui est pire sâagissant de viande sacrificielle, que lâoffrande soit acceptĂ©e mais jetĂ©e Ă la poubelle ». Il est certain que pour ces musulmans la viande, issue dâun sacrifice comme dâun abattage rituel, est en quelque sorte sacralisĂ©e. 34Dans le calendrier musulman, le Ramadan est Ă©galement marquĂ© par une redistribution de nourriture pendant cette pĂ©riode, on se prive de nourriture et de boisson du lever au coucher du soleil, mais la rupture du jeĂ»ne donne lieu chaque soir Ă des rites alimentaires dâhospitalitĂ©. 35Créée en 1992, lâassociation humanitaire Une Chorba Pour Tous [18] mĂšne une activitĂ© de distribution de repas chaud chaque soir aux personnes en grande prĂ©caritĂ©. Elle offre Ă©galement des colis alimentaires aux familles les plus dĂ©munies orientĂ©es par les services sociaux. Ă lâorigine, Une Chorba Pour Tous offrait ses services uniquement durant le mois de Ramadan et lors des fĂȘtes religieuses ainsi quâune distribution alimentaire hebdomadaire aux personnes en grande prĂ©caritĂ©. En 2006, devant la hausse de la misĂšre et de la prĂ©caritĂ©, elle a dĂ©cidĂ© de fonctionner quotidiennement sauf le dimanche [âŠ] et, depuis septembre 2008, elle agit 7 jours sur 7 sur les sites de Stalingrad et BarbĂšs 900 repas chauds sont servis chaque soir » [19]. Dans ce contexte, lâĂ©conomie redistributive de lâIslam » [20] nourrit donc indiffĂ©remment musulmans et non musulmans. Notes [1] Benkheira 2000, Islam et interdits alimentaires. Juguler lâanimalitĂ©, Paris, PUF, p. 45-46. [2] Al GhazalĂź, 1999, Le livre du licite et de lâillicite, Beyrouth, Al Bouraq Ăditions, p. 12. [3] Benkheira 1999, Lier et sĂ©parer. Les fonctions rituelles de la viande dans le monde islamisĂ© », LâHomme, 152 89-114. [4] DâoĂč le dĂ©veloppement en contexte dâIslam minoritaire des boucheries musulmanes, notion absente de la tradition juridique islamique », voir Benkheira 1995, La nourriture carnĂ©e comme frontiĂšre rituelle. Les boucheries musulmanes en France », Archives de Sciences sociales des Religions, 92 67-88. [5] AĂŻd El-Kebir, Grande FĂȘte ». Dans cet article on utilisera aussi lâabrĂ©viation AĂŻd. Brisebarre 1998, La fĂȘte du mouton. Un sacrifice musulman dans lâespace urbain, Paris, CNRS Ă©ditions. [6] Haeni P., 2005, LâIslam de marchĂ©, Paris, Seuil. [7] Zeghidour S., 1989, La vie quotidienne Ă La Mecque de Mahomet Ă nos jours, Paris, Hachette, p. 290. [8] Idem, p. 194. [9] [10] [11] Genevois H., 1964 â Valeur du sang. Rites et pratiques Ă intention sacrificielle », Fichier de documentation berbĂšre, Fort-National AlgĂ©rie, 92 IV. [12] Brisebarre et Kuczynski L., 2009, La Tabaski au SĂ©nĂ©gal. Une fĂȘte musulmane en milieu urbain, Paris, Karthala. [13] Brisebarre et Kuczynski, op. cit. [14] Voir dans Brisebarre, 1998, les contributions de F. Dassetto et Hennart pour la Belgique chapitre 8 201 et P. Werbner pour la Grande-Bretagne chapitre 9 216, ainsi que le chapitre 2 p. 76 pour la France. [15] Le sacrifice des musulmans de Beauvais au secours des catholiques », LibĂ©ration, 5 aoĂ»t 1987. [16] Brisebarre 2006-2007, La prise en compte du sacrifice de lâAĂŻd El-Kebir par les pouvoirs publics français depuis 1981 essai dâanalyse en Ăle-de-France », Annuaire Droit et Religions, Vol. 2, Presses Universitaires dâAix-Marseille 81-99. [17] consultĂ© le 19 nov. 2009. [18] La chorba est une soupe Ă base de viande avec laquelle on rompt traditionnellement le jeĂ»ne du Ramadan au Maghreb. [19] [20] Decobert C., 1991, Le mendiant et le combattant. Lâinstitution de lâIslam, Paris, Seuil.
Alorspour faciliter les choses, lâĂ©leveur a dĂ©cidĂ© de poster des photos de ses bĂȘtes sur le site du la simple mention âVend mouton pour la fĂȘteâ. LâAĂŻd veut que le mouton soit sacrifiĂ© dâune maniĂšre prĂ©cise, câest-Ă -dire Ă©gorgĂ©. ProblĂšme : en France, nâabat pas une bĂȘte qui veut.
Nosmoutons attendent paisiblement dâĂȘtre rĂ©servĂ©s afin dâĂȘtre sacrifiĂ©s en votre nom. Pour un don, l a viande sera distribuĂ©e aux plus dĂ©munis lĂ oĂč le besoin est le plus grand, pour que lâAĂŻd al kebir puisse ĂȘtre une fĂȘte pour tous .Offrirun mouton pour lâAid al Adha ou lâAid el Kebir. Guerre, famine, sĂ©cheresse, pauvretĂ©. Ils sont des milliers Ă travers le monde Ă vivre dans des situations dâextrĂȘme urgence. Tout au long de lâannĂ©e, notre association, grĂące Ă votre gĂ©nĂ©rositĂ©, vient en aide Ă ces populations affaiblies. LâAĂŻd El Adha est l
Difficilede croire Ă une baisse des prix quand on apprend les difficultĂ©s que rencontrent les Ă©leveurs.Au moment oĂč les professionnels dĂ©noncent la chertĂ© de l'aliment de bĂ©tail surtout l'orge et le son, qui font grimper les coĂ»ts de l'Ă©levage, des responsables promettent un mouton Ă 20 000 DA. Sur le terrain, la rĂ©alitĂ© des prix est toute autre. "Un mouton Ă 20TĂ©lĂ©chargercette image : Srinagar, Inde. 09th juillet 2022. Un garçon vend des moutons sur un marchĂ© du bĂ©tail avant le festival Eid-ul-Adha. Les musulmans du monde entier cĂ©lĂšbrent Eid al-Adha, ou la FĂȘte du sacrifice, en sacrifiant les animaux pour commĂ©morer la foi du prophĂšte Ibrahim en Ă©tant disposĂ© Ă sacrifier son fils. CrĂ©dit : SOPA Images Limited/Alamy Cesont des moutons mĂ©rinos dâEurope ĂągĂ©s de plus de 6 mois, nourris et Ă©levĂ©s en plein air Ils nous font confiance Merci pour le service, mashaaLAH pour la rĂ©activitĂ©, contente dâavoir pu trouver une solution pour lâAid. Enpartenariat avec notre marque Zakatty : mouton sera sacrifiĂ© aprĂšs la Salat de lâAĂŻd en votre nom et distribuĂ© Ă au moins 5 familles dĂ©munies. Le sacrifice aura lieu dans un de nos pays partenaires (Maroc, YĂ©men, Congo, Tanzanie, Madagascar, Malawi ou Niger). La viande sera ensuite distribuĂ©e aux familles dans le besoin