Lesfables de la Fontaine recourent frĂ©quemment Ă  lhumour, ainsi dans l’Ours et l’Amateur des jardins, un ours voyant son ami jardinier endormi assailli par des mouches dĂ©cide de laider en se saisissant dune grosse pierre, qui tue les mouches et le dormeur, illustrant plaisamment la morale du conteur : « Rien n’est si dangereux qu’un ignorant ami ». La
Comment peut-on s'aveugler assez pour appeler les fables la morale des enfants, sans songer que l'apologue, en les amusant, les abuse ; que, sĂ©duits par le mensonge, ils laissent Ă©chapper la vĂ©ritĂ© et que ce qu'on fait pour leur rendre l'instruction agrĂ©able les empĂȘche d'en profiter ? Les fables peuvent instruire les hommes ; mais il faut dire la vĂ©ritĂ© nue aux enfants sitĂŽt qu'on la couvre d'un voile, ils ne se donnent plus la peine de le lever. On fait apprendre les fables de La Fontaine Ă  tous les enfants, et il n'y en a pas un seul qui les entende. Quand ils les entendraient, ce serait encore pis ; car la morale est tellement mĂȘlĂ©e et si disproportionnĂ©e Ă  leur Ăąge, qu'elle les porterait plus au vice qu'Ă  la vertu. Ce sont encore lĂ  direz-vous des paradoxes. Soit ; mais voyons si ce sont des vĂ©ritĂ©s. Je dis qu'un enfant n'entend point les fables qu'on lui fait apprendre, parce que quelque effort qu'on fasse pour les rendre simples, l'instruction qu'on veut en tirer force d'y faire entrer des idĂ©es qu'il ne peut saisir, et que le tour mĂȘme de la poĂ©sie, en les lui rendant les plus faciles Ă  retenir, les lui rend plus difficiles Ă  concevoir, en sorte qu'on achĂšte l'agrĂ©ment aux dĂ©pens de la clartĂ©. [
] Passons maintenant Ă  la morale. Je demande si c'est Ă  des enfants de dix ans qu'il faut apprendre qu'il y a des hommes qui flattent et mentent pour leur profit ? On pourrait tout au plus leur apprendre qu'il y a des railleurs qui persiflent les petits garçons, et se moquent en secret de leur sotte vanitĂ© ; mais le fromage fondu gĂąte tout ; on leur apprend moins Ă  ne pas le laisser tomber de leur bec qu'Ă  le faire tomber du bec d'un autre ? C'est ici mon second paradoxe, et ce n'est pas le moins important. Suivez les enfants apprenant leurs fables, et vous verrez que, quand ils sont en Ă©tat d'en faire l'application, ils en font presque toujours une contraire Ă  l'intention de l'auteur, et qu'au lieu de s'observer sur le dĂ©faut dont on veut les guĂ©rir ou prĂ©server, ils penchent Ă  aimer le vice avec lequel on tire parti des dĂ©fauts des autres. Dans la fable prĂ©cĂ©dente, les enfants se moquent du corbeau, mais ils s'affectionnent tous au renard ; dans la fable qui suit, vous croyez leur donner la cigale pour exemple ; et point du tout, c'est la fourmi qu'ils choisiront. On n'aime point Ă  s'humilier ils prendront toujours le beau rĂŽle ; c'est le choix de l'amour-propre, c'est un choix trĂšs naturel. Or, quelle horrible leçon pour l'enfance ! Le plus odieux de tous les monstres serait un enfant avare et dur, qui saurait ce qu'on lui demande et ce qu'il refuse. La fourmi fait plus encore, elle lui apprend Ă  railler dans ses refus. Dans toutes les fables oĂč le lion est un des personnages, comme c'est d'ordinaire le plus brillant, l'enfant ne manque point de se faire lion ; et quand il prĂ©side Ă  quelque partage, bien instruit par son modĂšle, il a grand soin de s'emparer de tout. Mais, quand le moucheron terrasse le lion, c'est une autre affaire ; alors l'enfant n'est plus le lion, il est moucheron. Il apprend Ă  tuer un jour Ă  coups d'aiguillon ceux qu'il n'oserait attaquer de pied ferme. Dans la fable du loup maigre et du chien gras, au lieu d'une leçon de modĂ©ration qu'on prĂ©tend lui donner, il en prend une licence1. Je n'oublierai jamais d'avoir vu beaucoup pleurer une petite fille qu'on avait dĂ©solĂ©e avec cette fable, tout en lui prĂȘchant toujours la docilitĂ©. On eut peine Ă  savoir la cause de ses pleurs ; on la sut enfin. La pauvre enfant s'ennuyait d'ĂȘtre Ă  la chaĂźne, elle se sentait le cou pelĂ© ; elle pleurait de n'ĂȘtre pas loup. Ainsi donc la morale de la premiĂšre fable citĂ©e est pour l'enfant une leçon de la plus basse flatterie ; celle de la seconde une leçon d'inhumanitĂ© ; celle de la troisiĂšme, une leçon d'injustice ; celle de la quatriĂšme, une leçon de satire ; celle de la cinquiĂšme une leçon d'indĂ©pendance. Cette derniĂšre leçon, pour ĂȘtre superflue Ă  mon Ă©lĂšve, n'en est pas plus convenable aux vĂŽtres. Quand vous lui donnez des prĂ©ceptes qui se contredisent, quel fruit espĂ©rez-vous de vos soins ? Mais peut-ĂȘtre, Ă  cela prĂšs, toute cette morale qui me sert d'objection contre les fables fournit-elle autant de raison de les conserver. Il faut une morale en paroles et une en actions dans la sociĂ©tĂ© et ces deux morales ne se ressemblent point. La premiĂšre est dans le catĂ©chisme, oĂč on la laisse ; l'autre est dans les fables de La Fontaine pour les enfants, et dans ses contes pour les mĂšres. Le mĂȘme auteur suffit Ă  tout. Composons, monsieur de La Fontaine. Je promets quant Ă  moi de vous lire avec choix, de vous aimer, de m'instruire dans vos fables ; car j'espĂšre ne pas me tromper sur leur objet ; mais, pour mon Ă©lĂšve, permettez que je ne lui en laisse pas Ă©tudier une seule jusqu'Ă  ce que vous m'ayez prouvĂ© qu'il est bon pour lui d'apprendre des choses dont il ne comprendra pas le quart ; que, dans celles qu'il pourra comprendre, il ne prendra jamais le change, et qu'au lieu de se corriger sur la dupe, il ne se formera pas sur le fripon. Jean-Jacques Rousseau, Émile ou De l'Ă©ducation, livre II, Une licence une libertĂ©

Cedocument propose une problématisation sur le parcours "Imagination et pensée au XVIIÚme siÚcle" en lien avec l'étude des livres VII à XI des Fables de La Fontaine.

La dissertation La matiĂšre premiĂšre de la poĂ©sie est la vie La dissertation La matiĂšre premiĂšre de la poĂ©sie est la vie humaine – ses accidents et ses incidents, ses victoires et ses dĂ©sastres –, filtrĂ©e par la mĂ©moire et l’imagination. », Ă©crit Octavio Paz dans la prĂ©face Ă  l’édition du recueil de Claude Roy, A la lisiĂšre du temps. Vous discuterez cette affirmation en vous rĂ©fĂ©rant aux textes du corpus et Ă  vos connaissances personnelles. Les rĂ©flexions prĂ©liminaires et la lecture de l’énoncĂ©          Vous discuterez » impose une rĂ©flexion organisĂ©e, dans la quelle on essaie de mettre en question, voire de critiquer, de rĂ©futer, l’affirmation donnĂ©e Mais aussi, obligation de se poser la question de savoir ce que cette citation signifie. L’obligation de s’appuyer sur les textes du corpus, ce qui veut dire TOUS les textes du corpus, ou au moins 4 sur 5 ici. L’obligation de s’appuyer sur d’autres textes, vus en classe, lus personnellement. Les mots filtrĂ©e par la mĂ©moire et l’imagination » imposent de ne pas nĂ©gliger Claude Roy 
 
 mais obligent aussi Ă  se demander ce qu’est la matiĂšre premiĂšre » ça sert Ă  construire, Ă  illustrer, ou c’est le thĂšme ? 
 mais obligent aussi Ă  se demander ce qu’est la vie humaine » quel humain ? Puisque l’on parle de poĂšte, il s’agit d’écrivain, donc le sens des mots filtrĂ©e » et imagination » laissent entendre que la poĂ©sie n’est pas l’autobiographie rĂ©aliste ou intimiste, le carnet intime 
 Il faut donc se poser la question du travail de l’écriture objet d’étude vu en seconde, donc rĂ©visĂ© en premiĂšre par tout Ă©lĂšve studieux qui n’a pas jetĂ© son classeur de l’an passĂ© Une proposition de plan dialectique » trĂšs sommaire, c’est-Ă -dire plus ou moins ThĂšseAntithĂšse-Tentative de synthĂšse, sans dĂ©veloppement d’exemples, mais avec des pistes et quelques liens Internet pour votre culture 1° Certes, la vie humaine est bien un matĂ©riau, on en a des preuves dans certains types de poĂšmes qu’ils parlent de maladie ou non, de victoires ou de dĂ©sastres des arguments et quelques illustrations Ă  dĂ©velopper        La poĂ©sie intimiste, amoureuse, les rĂ©cits de chagrins d’amour Louise LabĂ© Le lyrisme des tragĂ©dies personnelles, Claude Roy, Armen Lubin La rĂ©flexion sur un Ă©pisode de sa vie Les choses vues, la famille, l’enfance, le thĂšme de la vie intime, Rimbaud Ma BohĂšme, Les poĂštes modifient la rĂ©alitĂ©, la filtrent, soit parce qu’ils utilisent des formes courtes le sonnet, soit par dĂ©cence, soit parce qu’ils dissimulent, masquent ce qui serait trop intime, mais on la sent parce que ça touche Ă  des Ă©motions que chacun peut ressentir La chanson des FrĂšres Jacques est bien une réécriture des thĂšmes de la maladie, de son vocabulaire, mais ne racontent pas une vraie maladie ou un malaise comme Michaux dans Ecuador On peut d’ailleurs se poser la question de la sincĂ©ritĂ© 
 2° Mais il y a les poĂštes qui font apparemment une poĂ©sie sans lien avec la vie personnelle un catalogue Ă  trier et organiser        Ceux qui font de l’art pour l’art », les Parnassiens, certains poĂštes de la Renaissance qui Ă©voquent des histoires d’amour trĂšs artificielles Ceux qui dĂ©crivent la nature, Gautier, Le pin des Landes Les fabulistes racontent des histoires sans rapport direct avec leur vie propre D’autres parlent de thĂ©ories, de choses abstraites Baudelaire, Correspondances, Harmonie du soir Le macabre de Baudelaire dans les Fleurs du Mal n’est pas le rĂ©sultat d’un travail sur des Ă©lĂ©ments personnels, mais se rattachent plutĂŽt Ă  des Ă©lĂ©ments de sa pensĂ©e, de ses obsessions, de ses opinions D’autres poĂštes prennent l’occasion des circonstances, comme Hugo qui fait une Fable ou Histoire pour exprimer une opinion trĂšs liĂ©e Ă  un moment de l’histoire contemporaine, mais ne touche pas directement Hugo lui-mĂȘme, et peut ensuite chronologiquement ou abstraitement ĂȘtre gĂ©nĂ©ralisĂ© Ă  d’autres situations similaires de tyrans ou de pouvoirs politiques autoritaires La poĂ©sie didactique n’est pas liĂ©e Ă  des Ă©motions personnelles, Ă  des victoires ou des dĂ©sastres 3° Cependant, aucun poĂšme n’est totalement dĂ©connectĂ© d’une rĂ©alitĂ© personnelle de son auteur, c’est le fait mĂȘme de l’individualitĂ© de l’acte d’écrire retour Ă  l’objet d’étude Ă©voquĂ© plus haut un peu de rĂ©flexion thĂ©orique, lĂ©gĂšrement illustrĂ©e, que vous Ă©tofferez vousmĂȘmes On ne peut pas enlever Ă  des poĂšmes abstraits le fait que leur auteur a bien constituĂ© sa pensĂ©e Ă  partir de sa vie, de son Ă©ducation le filtre est alors celui du cerveau, de la pensĂ©e conceptuelle Les poĂšmes historiques s’écrivent parce qu’un auteur a souffert, soit moralement, soit politiquement, soit dans sa chair Hugo, les poĂštes de la rĂ©sistance lors de la deuxiĂšme guerre mondiale, les auteurs engagĂ©s des guerres de religion Les fables de La Fontaine sont indissociables de sa conception personnelle du pouvoir Ă  l’époque de Louis XIV, et mĂȘme s’il Ă©tait trĂšs monarchiste, on peut y trouver, par le filtre des animaux qui parlent, qui sont rois, une vision du monde qui lui est propre MĂȘme les poĂšmes en apparence totalement intellectualisĂ©s et faits sur des principes a priori, sont le reflet d’une volontĂ© inscrite en rupture ou en rĂ©volution par rapport Ă  une vie littĂ©raire les oulipiens travaillent la forme, Perec Ă©crit les Alphabets { HYPERLINK " } ou { HYPERLINK " } ou les lipogrammes d’aprĂšs sa lecture de tel ou tel poĂšme, et Les chats de Baudelaire deviennent { HYPERLINK " }, sans la lettre E, dans un poĂšme qui traite le mĂȘme thĂšme Isidore Isou, qui invente { HYPERLINK " } ou { HYPERLINK " } cliquez sur un numĂ©ro de la colonne de gauche, se place en rĂ©volutionnaire du langage 4° Conclusion squelettique, Ă  Ă©toffer et outiller de connecteurs et d’une formule finale d’ouverture, pour ceux qui tiennent absolument Ă  en mettre une je rappelle qu’il est prĂ©fĂ©rable de conclure sans ouverture, que de faire une ouverture sans avoir conclu 
 On ne peut qu’accepter la phrase d’Octavio Paz, qui semblait une provocation ou un paradoxe, et qui aprĂšs examen s’avĂšre assez Ă©vidente. Pas banale ou ordinaire tout de mĂȘme, puisqu’elle obligĂ© Ă  rĂ©flĂ©chir sur la nature de la poĂ©sie, et un peu sur sa fonction. RĂ©sumĂ© Les Fables de La Fontaine Ă  la loupe ;Une oeuvre, un parcours ;Des ouvrages clairs, concis et accessibles destinĂ©s aux Ă©lĂšves pour leur fournir l'essentiel sur l'oeuvre et le parcours associĂ© pour le Bac de français 1re ;Sous forme de fiches en couleurs, ils proposent :- RepĂšres sur La Fontaine et le contexte historique des
Marketplace Analyse Français Document Ă©lectronique LycĂ©e 12 pages Description Une analyse de 12 fables tirĂ©es des livres 7 Ă  11 du recueil de Jean de la Fontaine. Pour chaque fable les sous parties pour l'analyse sont-Analyse du titre-RĂ©sumĂ© de la fable-Analyse de la morale-Choix de la fable-Citation-Parcours "Imagination et pensĂ©e au 17Ăšme siĂšcle"Les fables ayant Ă©tĂ© analysĂ©es sontLes deux pigeons/L’huitre et les plaideurs/Le singe et le lĂ©opard/Le trĂ©sor et les deux hommes/La tortue et les deux canards/Le loup et les bergers/La lionne et l’Ourse/Le Marchand, le Gentilhomme, le PĂątre et le Fils de roi/Le Songe d’un habitant du Mogol/Le paysan du Danube/Le vieillard et les trois jeunes hommes/Le loup et le Renard. Ce document ne correspond pas exactement Ă  ce que vous recherchez ? Commandez votre document redigĂ© sur mesure depuis notre service Commander un document Commander un document ou bien via la recherche par mots-clĂ©s Ces documents pourraient vous intĂ©resser
\n dissertation sur les fables de la fontaine imagination et pensée

Cetteimagination pulsation non réfléchie et qui correspond à une projection de l'homme par des images, asservit l'esprit et la pensée de l'homme à des illusions, à de fausses

SolĂšne PAIN Les fables de La Fontaine ont-elles uniquement un caractĂšre moralisateur ? La sĂ©ance de tutorat, lors de laquelle on a pu Ă©changer avec d’autres Ă©tudiantes, m’a permis de me poser les bonnes questions pour le mĂ©moire qui sera la poursuite de mon TER. Dans un premier temps, je vais pouvoir revenir sur le titre de mon TER qui Ă©tait “Etudier les fables au cycle 3”. En effet, je ne reprendrai pas ce titre car celui-ci Ă©tait dĂ©jĂ  trop vague et ne reflĂ©tait pas le contenu de mon Ă©crit. En effet, la notion principale que j’abordais Ă©tait principalement la morale. De ce fait, sachant que pour mon mĂ©moire je vais repartir de ce TER, le titre sera ici plus prĂ©cis et plus Ă©voquant sur son contenu. Le terme principal “morale” sera bien Ă©videmment repris. Pour le mĂ©moire, je vais me baser uniquement sur les fables de La Fontaine. La principale question que je vais me poser est de savoir si les fables sont Ă©crites dans l’unique intention de faire passer une morale. Ensuite, je vais analyser quelques situations oĂč la place de la morale est diffĂ©rente. J’ai pour cela sĂ©lectionnĂ© un corpus de fables. Ce choix personnel s’est fait sur plusieurs critĂšres dans un premier temps, j’ai choisi des fables qui peuvent ĂȘtre accessibles Ă  des Ă©lĂšves de cycle 3, et ensuite un choix s’est aussi fait par rapport Ă  la place de la morale dans la fable au dĂ©but, Ă  la fin, ou implicite. De ce fait, la problĂ©matique provisoire pour mon mĂ©moire pourrait ĂȘtre “Est-ce que les morales des fables de La Fontaine sont uniquement lĂ  pour enseigner quelquechose ?” ou “Est-ce que les fables de La Fontaine ont un caractĂšre uniquement moralisateur ?” Au sein de mon mĂ©moire, je vais analyser un point de vue qui est le mien, il s’agira d’une observation personnelle qui pourrait ĂȘtre discutĂ©e. Je pense que cela peut ĂȘtre mis en rapport avec une conception de Benveniste, “une mĂ©thode aux prises avec les difficultĂ©s d’un problĂšme rĂ©el se laisse au moins juger sur les solutions qu’elle propose, tandis qu’à raisonner sur des conclusions acquises, on est sĂ»r de gagner sans risque, et de n’enseigner que le connu”. Pour rĂ©pondre Ă  mes questionnements, j’ai lu et vais poursuivre quelques articles et ouvrages La fable Un mensonge qui dit la vĂ©ritĂ©, Christian BIET, Textes et Documents pour la Classe n°685, 1994 Les Fables de La Fontaine, Pratiques n°91, Septembre 1996 L’enfant et les fables, Michel Fabre, PUF, pĂ©dagogie d’aujourd’hui, Paris, 1989 Quelle littĂ©rature pour la jeunesse ?, Marie-Claire Martin et Serge Martin, Klincksieck, Paris, 2009, chap. 3, 14 et 15 Mots-clĂ©s morale, fables, La Fontaine, plaisir, enseignement, leçon, place de la morale _____ Serge MartinProfesseur Ă©mĂ©rite de littĂ©rature contemporaine de langue française DILTEC EA 2288 et THALIM UMR 7172, UniversitĂ© Sorbonne Nouvelle Paris 3 Ecrivain sous le nom de Serge RitmanMore Posts - Website Follow Me Linsistance de La Fontaine sur la « biĂšre » (v7), le « plomb » (v33) montre la rĂ©ification de la personne pour le clergĂ©, qui ne se prĂ©occupe pas de spiritualitĂ© mais se rĂ©vĂšle mercantile. Les pensĂ©es du prĂȘtre mettent en valeur la relation conçue sur l’échange et le profit : « on vous en donnera [des priĂšres] de toutes Livres Ebooks & liseuses NouveautĂ©s Coups de cƓur Livres Ă  prix rĂ©duits Bons plans Papeterie Jeux Reprise de livres Dix ans aprĂšs le premier recueil des Fables, La Fontaine publie les cinq livres d'un deuxiĂšme recueil, auquel il accorde un grand prix ce sera son... Lire la suite 3,50 € Poche ExclusivitĂ© magasins 3,50 € Ebook TĂ©lĂ©chargement immĂ©diat 2,99 € Dix ans aprĂšs le premier recueil des Fables, La Fontaine publie les cinq livres d'un deuxiĂšme recueil, auquel il accorde un grand prix ce sera son "livre favori", dit-il dans la fable liminaire Ă  Madame de Montespan, grĂące auquel il "ose espĂ©rer une seconde vie". AssurĂ©ment, les lecteurs de tous les Ăąges et de tous les temps feront leur miel de ces rĂ©cits dont la dĂ©licatesse de l'Ă©criture et l'imagination puissante servent un faisceau inĂ©puisable de significations. Date de parution 29/08/2019 Editeur Collection ISBN 978-2-09-151217-4 EAN 9782091512174 Format Poche PrĂ©sentation BrochĂ© Nb. de pages 240 pages Poids Kg Dimensions 12,6 cm × 17,8 cm × 1,4 cm Lire et comprendre l'oeuvre intĂ©grale Tous les repĂšres sur l'auteur et le contexte de l'oeuvre ; Des encarts culturels et des Ă©clairages au fil du texte ; Des explications de texte avec une question de langue pour prĂ©parer l'oral. PrĂ©parer le Bac Des tests de lecture de l'oeuvre ; Les clĂ©s pour bien connaĂźtre l'ceuvre l'art du rĂ©cit et de la mise en scĂšne, la satire.. Imagination et pensĂ©e au XVIIe siĂšcle Tout pour comprendre le parcours les thĂšmes clĂ©s imagination, fiction, raison, morale ..., des groupements de textes complĂ©mentaires, des citations, des prolongements artistiques...Vers le Bac des sujets de dissertation, des points de mĂ©thode et des outils pour prĂ©parer l'oral du Bac. PourLa Fontaine, les fables ont le devoir d'apprendre aux enfants, qui sont des nouveaux venus dans le monde ce qu'est un Lion ou un Renard car puisqu'ils viennent d'arriver, ils ne les connaissent pas encore. En conclusion, on peut dire que les fables ne sont pas de simples badineries pour les enfants puisqu'elles ont un sens cachĂ©, un sens

RĂ©sumĂ© du document Depuis l'AntiquitĂ©, plusieurs fabulistes se sont succĂ©dĂ©s dans l'Ă©criture de nombreuses fables, comme Esope ou Jean de la Fontaine. Ce trĂšs court rĂ©cit mettant en scĂšne des ĂȘtres humains ou des animaux est composĂ© d'une morale dont l'enseignement a une valeur universelle. Cependant, mĂȘme si de nombreuses fables sont imposĂ©es aux enfants lors de leur Ă©ducation, leur influence est remise en cause, notamment pour Rousseau. C'est pour quoi on peut se demander en quoi les fables sont destinĂ©es aux enfants. Du fait d'une morale parfois complexe, le sens quelles ont nest pas toujours perçu par tout le monde. Selon Rousseau, elles sont avant tout destinĂ©es Ă  l'homme adulte, car les enfants ne sont pas assez grands pour ĂȘtre en mesure de comprendre l'apologue qui conclut l'histoire. Sommaire La complexitĂ© de la morale d'une fable La portĂ©e Ă©ducative de la morale d'une fable pour l'enfant Extraits [...] Les fables sont-elles destinĂ©es aux enfants ? Introduction Depuis l'AntiquitĂ©, plusieurs fabulistes se sont succĂ©dĂ© dans l'Ă©criture de nombreuses fables, comme Esope ou Jean de la Fontaine. Ce trĂšs court rĂ©cit mettant en scĂšne des ĂȘtres humains ou des animaux est composĂ© d'une morale dont l'enseignement a une valeur universelle. Cependant, mĂȘme si de nombreuses fables sont imposĂ©es aux enfants lors de leur Ă©ducation, leur influence est remise en cause, notamment pour Rousseau. C'est pourquoi l'on peut se demander en quoi les fables sont destinĂ©es aux enfants . [...] [...] La fable, son rĂ©cit et son apologue, est donc en partie utile Ă  l'enfant, comme Ă  l'homme finalement. Donc les fables sont destinĂ©es par son but aux enfants mais elles sont aussi destinĂ©es aux gĂ©nĂ©rations plus vieilles du fait qu'elles dĂ©noncent les mƓurs et les vices de la sociĂ©tĂ© Ă  travers des apologues plus profonds qu'un enfant n'est pas en mesure de comprendre. La fable n'est pas le seul genre littĂ©raire utilisĂ© afin d'apporter un enseignement Ă  l'enfant. De nombreux contes ont une visĂ©e argumentative que leur est destinĂ© comme Le Petit Chaperon Rouge ou Barbe -Bleue ,Ă©crits de Charles Perrault. [...] [...] Mais les fables sont avant tout un moyen d'apprendre, de tirer des leçons de ce qu'elle donne. Depuis toujours elle repose sur de nombreux procĂ©dĂ©s pĂ©dagogiques. A l'Ă©cole les fables Ă©taient, et restent encore, un moyen d'instruire les enfants. Les fabulistes font en sorte de faciliter leur lecture. Par exemple, la prĂ©sence des animaux au lieu des humains rend le rĂ©cit plus agrĂ©able. En effet, il est plus facile pour un enfant de lire une histoire avec des animaux qui agissent et qui parlent comme des hommes. [...] [...] La distraction qu'elle apporte n'est pas la seule utilitĂ©, en effet, elle apporte Ă©galement un enseignement. L'apologue est un moyen d'instruire et de faire passer un message puisque l'enfant tire une leçon de la mauvaise, ou bonne, expĂ©rience des personnages de la fable. Par exemple dans La LaitiĂšre et le Pot au Lait, la morale est trĂšs clairement Ă©noncĂ©e, et l'erreur qu'a commise la laitiĂšre nous apprend qu'il ne faut pas rĂȘver trop en se faisant facilement emporter par notre imagination. [...] [...] MĂȘme si beaucoup de fables sont des exemples pour les Ă©duquer, ils sont capables de modifier l'apologue Ă  leur avantage et finalement, cela ne leur est d'aucune utilitĂ© d'en lire pour en tirer de mauvaise leçon. Un adulte serait plus Ă  mĂȘme de saisir correctement le vĂ©ritable de sens de l'apologue. Si l'on prend l'exemple des Animaux malades de la peste, la morale fait clairement rĂ©fĂ©rence au Roi et ses courtisans. L'apologue conseille d'ĂȘtre menteur afin de plaire, et Ă  ce moment-lĂ , il visait la Cour. [...]

Jeande La Fontaine, Fables, VII, 9, 1678. Document B. Assurons-nous bien du fait, avant de nous inquiéter de la cause. Il est vrai que cette méthode est bien lente pour la plupart des gens, qui courent naturellement à la cause, et passent par-dessus la vérité du fait ; mais enfin nous éviterons le ridicule d'avoir trouvé la cause de ce qui n'est point. Ce malheur

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\n dissertation sur les fables de la fontaine imagination et pensée
Pourmoi, le parcours "imagination et pensĂ©e" renvoie Ă  "plaire et instruire" et donc Ă  l'argumentation indirecte. Le Joueur d'Ă©checs Ă©tant une oeuvre qui Ă©voque indirectement le nazisme et la dĂ©shumanisation, je vois bien un lien avec le parcours. De plus, la situation du personnage qui essaie de lutter grĂące Ă  l'imagination pourrait ĂȘtre une piste Ă  exploiter.

Examen Ă©crit avant l’oral de le Bac Français cette annĂ©e, certains amĂ©nagements ont Ă©tĂ© accordĂ©s aux candidats pour la voie gĂ©nĂ©rale ils auront Ă  choisir entre 2 sĂ©ries de 3 sujets de dissertation au lieu d’une, et 2 sujets de commentaires ; le nombre de sujets proposĂ©s aux candidats des sĂ©ries technologiques est lui aussi doublĂ©, puisqu’ils devront choisir entre 4 sujets 2 commentaires, et 2 rĂ©sumĂ©s de texte chacun suivi d’un essai. FacilitĂ©s accordĂ©es aux candidats du Bac 2021 suite aux difficultĂ©s de prĂ©paration cours Ă  distance, en demi groupe....Au programme cette annĂ©e pour la sĂ©rie GĂ©nĂ©rale la poĂ©sie du XIXe siĂšcle au XXI siĂšcle avec par exemple le poĂšme L’ancienne gare de Cahors » de ValĂ©ry Larbaud 1913 ou encore Victor Hugo Les Contemplations, Baudelaire les fleurs du Mal, Guillaume Apolinaire Alcools - mais aussi le roman et rĂ©cit du Moyen Age au XXIe siĂšcle avec Georges Perec et enfin le théùtre du XVIIe siĂšcle au XXIe siĂšcle avec MoliĂšre, Marivaux et Jean-Luc les sĂ©ries Techno Tzvetan Todorov, Montaigne, Jean de La Fontaine, EloĂŻse LhĂ©rĂ©tĂ©, Victor Hugo, Voltaire...Date Jeudi 17 juin 2021 de 14h Ă  18 hDurĂ©e de l'Ă©preuve anticipĂ©e de français 4hSĂ©ries GĂ©nĂ©rale et TechnoCoefficient 5Les corrigĂ©s des Ă©preuves du Bac français sont maintenant disponiblesBac Français 2021 SĂ©rie GĂ©nĂ©rale - 1er sujetVous traiterez, au choix, l’un des deux sujets suivants 1- Commentaire 20 pointsObjet d'Ă©tude Le roman et le rĂ©cit du Moyen Âge au XXIe siĂšcleVous commenterez le texte suivant Georges PEREC 1936-1982, Les Choses 1965 – extrait du chapitre 22- Dissertation 20 pointsObjet d'Ă©tude La poĂ©sie du XIXe siĂšcle au XXIe siĂšcleLe candidat traite au choix, compte tenu de l’oeuvre et du parcours Ă©tudiĂ©s durant l’annĂ©e, l’un des trois sujets suivants Sujet AOEuvre Victor Hugo, Les Contemplations, livres I Ă  IVSujet BOEuvre Baudelaire, Les Fleurs du MalSujet COEuvre Guillaume Apollinaire, AlcoolsBac Français 2021 SĂ©rie GĂ©nĂ©rale - Sujet BisVous traiterez, au choix, l’un des deux sujets suivants 1- Commentaire 20 pointsObjet d'Ă©tude La poĂ©sie du XIXe siĂšcle au XXIe siĂšcleVous commenterez le texte suivant ValĂ©ry LARBAUD, Les PoĂ©sies de Barnabooth, 19132- Dissertation 20 pointsObjet d'Ă©tude Le théùtre du XVIIe siĂšcle au XXIe siĂšcleLe candidat traite au choix, compte tenu de l’oeuvre et du parcours Ă©tudiĂ©s durant l’annĂ©e, l’un des trois sujets suivants Sujet AOEuvre MoliĂšre, Le Malade imaginaireSujet BOEuvre Marivaux, Les Fausses confidencesSujet COEuvre Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du mondeBac Français sĂ©ries Technologiques - sujet 1Vous traiterez au choix, l’un des deux sujets suivants 1- Commentaire de texte 20 pointsRomain Gary, La Promesse de l’aube, Contraction de texte 10 points et essai 10 pointsCompte tenu de l’oeuvre et du parcours Ă©tudiĂ©s durant l’annĂ©e, vous traiterez l’un des trois sujets suivants A- Montaigne, Essais, Des Cannibales » I, 31. Parcours Notre monde vient d’en trouver un de Tzvetan Todorov, La dĂ©couverte de l’AmĂ©rique », prĂ©face de Le Nouveau Monde rĂ©cits de Amerigo Vespucci, Christophe Colomb, Pierre Martyr d’Anghiera, Jean de La Fontaine, Fables, livres VII Ă  IX. Parcours Imagination et pensĂ©e au XVIIĂšme d’EloĂŻse LhĂ©rĂ©tĂ©, Les livres ont du pouvoir », Sciences humaines, n° 321, janvier Voltaire, L’IngĂ©nu. Parcours Voltaire, esprit des d’Antoine Lilti, LumiĂšres. Peut-on Ă©duquer le peuple ? », L’Histoire, n° 463, septembre Français sĂ©ries Technologiques - sujet BisVous traiterez au choix, l’un des deux sujets suivants 1- Commentaire de texte 20 pointsVictor HUGO, Le Roi s’amuse, acte II, scĂšne 4, - Contraction de texte 10 points et essai 10 pointsCompte tenu de l’oeuvre et du parcours Ă©tudiĂ©s durant l’annĂ©e, vous traiterez l’un des trois sujets suivants A – Montaigne, Essais, Des Cannibales », I, 31. Parcours Notre monde vient d’en trouver un de Rodolphe Christin, Manuel de l’anti-tourisme, – Jean de La Fontaine, Fables, livres VII Ă  IX. Parcours Imagination et pensĂ©e au XVIIĂšme d’aprĂšs Janick Auberger Entre l’écrit et l’image, l’animal de fiction, un homme travesti ? », Contre-Jour, n°13, automne – Voltaire, L’IngĂ©nu. Parcours Voltaire, esprit des d’aprĂšs Antoine Lilti, L’hĂ©ritage des LumiĂšres », Les Grands dossiers des Sciences humaines, n°56, septembre-octobre-novembre 2019.=> Les corrigĂ©s des Ă©preuves du Bac français sont maintenant disponiblesConsultez aussi SpĂ©cial BACDates du Bac Ă©preuve par Ă©preuveLes alertes rĂ©sultats du Bac officiels et gratuits, en direct des acadĂ©mies...

Cest en 1773 que Chamfort rend hommage au « peintre le plus fidĂšle de la nature et de la sociĂ©tĂ© » dans son « Eloge de La Fontaine ». Tout au long des annĂ©es 1770, Chamfort griffonne ses rĂ©flexions impitoyablement grinçantes sur des petits carrĂ©s de papier, jetĂ©s pĂȘle-mĂȘle dans des cartons. SUJET BAC FRANÇAIS 2021. Les Ă©preuves Ă©crites de français ont dĂ©sormais eu lieu, dans les centres Ă  l’étranger comme en France mĂ©tropolitaine. Tous les sujets accessibles ci-dessous et en PDF. D’abord, il faut rappeler que les conditions sanitaires n’ont pas permis aux candidats de travailler dans des conditions normales pendant l’annĂ©e. Ils avaient donc le choix entre deux sujets. Notre mĂ©thode complĂšte pour rĂ©ussir le commentaire condensĂ©e dans un petit guide. SUJETS DU BAC DE FRANÇAIS GÉNÉRAL 2021 SUJET 1 A. Commentaire Objet d’étude Le roman et le rĂ©cit du Moyen Âge au XXIe siĂšcle. Texte Les Choses de Georges Perec, extrait du chapitre 2. B. Dissertation Objet d’étude La poĂ©sie du XIXe siĂšcle au XXIe siĂšcle ƒuvre Victor Hugo, Les Contemplations, livres I Ă  IV. Sujet Dans la prĂ©face des Contemplations, Victor Hugo dĂ©crit son recueil comme un miroir tendu aux lecteurs. En quoi cette image rend-elle compte de votre lecture des quatre premiers livres du recueil? Baudelaire, Les Fleurs du Mal. Sujet On a reprochĂ© Ă  Baudelaire de tout peindre, de tout mettre Ă  nu» dans son recueil Les Fleurs du Mal. Qu’en pensez-vous? Guillaume Apollinaire, Alcools. Sujet La poĂ©sie de Guillaume Apollinaire s’invente-t-elle en rejetant le passĂ©? SUJETS DU BAC DE FRANÇAIS GÉNÉRAL 2021 DU LIBAN Attention comme l’a annoncĂ© le ministĂšre il y a quelques mois, les Ă©preuves sont amĂ©nagĂ©es. Les candidats ont donc eu le choix entre deux sujets. Ainsi, les trois objets d’étude sur lesquels les candidats ont Ă©tĂ© interrogĂ© sont Le théùtre du XVIIe siĂšcle au XXIe siĂšcle, La poĂ©sie du XIXe siĂšcle au XXIe siĂšcle ainsi que La littĂ©rature d’idĂ©es du XVIe siĂšcle au XVIIIe siĂšcle. A. LES SUJETS DE COMMENTAIRE Le théùtre du XVIIe siĂšcle au XXIe siĂšcleAlexandre Dumas, Antony, drame en cinq actes, Acte I, scĂšne 2, AdĂšle !
 calme-toi
 Tu es toute tremblante !
 Et de qui est donc cette lettre ? [
] » jusqu’à Ce matin !
 il est onze heures
 il va venir
 »La poĂ©sie du XIXe siĂšcle au XXIe siĂšcleJulien Gracq, Le vent froid de la nuit », LibertĂ© grande, Je l’attendais le soir dans le pavillon de chasse, prĂšs de la RiviĂšre Morte. [
] » jusqu’à mais soudain elle Ă©tait lĂ , assise toute droite dans ses longues Ă©toffes blanches. » B. LES SUJETS DE DISSERTATION AU LIBAN Sujets portant sur La poĂ©sie du XIXe siĂšcle au XXIe siĂšcle ƒuvre Victor Hugo, Les Contemplations, livres I Ă  IVParcours Les MĂ©moires d’une ĂąmeSujet Dans l’un de ses poĂšmes, Victor Hugo prĂ©sente le poĂšte comme le souffrant du mal Ă©ternel ». Pensez-vous que la poĂ©sie de Victor Hugo, dans les quatre premiers livres des Contemplations, ne soit qu’une poĂ©sie de la souffrance ?ƒuvre Charles Baudelaire, Les Fleurs du MalParcours Alchimie poĂ©tique la boue et l’orSujet Baudelaire dĂ©dicace Les Fleurs du Mal Ă  ThĂ©ophile Gautier, en qui il voit un parfait magicien ». En quoi peut-on dire que son recueil poĂ©tique procĂšde lui aussi d’une parfaite magie ?ƒuvre Guillaume Apollinaire, AlcoolsParcours ModernitĂ© poĂ©tique ?Sujet Apollinaire Ă©crit en 1908 que dans l’art, et notamment dans la poĂ©sie, chaque Ɠuvre devient un univers nouveau avec ses lois particuliĂšres ». Dans quelle mesure cette rĂ©flexion Ă©claire-t-elle votre lecture d’Alcools ? Sujets portant sur La littĂ©rature d’idĂ©es du XVIe siĂšcle au XVIIIe siĂšcle ƒuvre Montaigne, Essais, Des Cannibales », I, 31 ; Des Coches », III, 6Parcours Notre monde vient d’en trouver un autreSujet Dans quelle mesure peut-on dire que les chapitres Des Cannibales » et Des Coches » proposent une vĂ©ritable expĂ©rience de l’étrangetĂ© ?ƒuvre Jean de La Fontaine, Fables Livres VII Ă  XIParcours Imagination et pensĂ©e au XVIIe siĂšcleSujet Dans quelle mesure faut-il prendre les Fables de La Fontaine au sĂ©rieux ?ƒuvre Montesquieu, Lettres persanesParcours Le regard Ă©loignĂ©Sujet En quoi le roman des Lettres persanes de Montesquieu repose-t-il sur la surprise ? SUJETS PROPOSES POUR LE BAC DE FRANÇAIS TECHNOLOGIQUE AU LIBAN Épreuve de français en voie technologique au Liban Les objets d’études proposĂ©s pour les candidats au baccalaurĂ©at technologique sont Le roman et le rĂ©cit du Moyen Âge au XXIe siĂšcle, La littĂ©rature d’idĂ©es du XVIe siĂšcle au XVIIIe siĂšcle et La poĂ©sie du XIXe siĂšcle au XXIe siĂšcle sont prĂ©sents dans l’épreuve. LES SUJETS DE COMMENTAIRE DE TEXTE Le roman et le rĂ©cit du Moyen Âge au XXIe siĂšcleÉmile Zola, La Fortune des Rougon, chapitre V, Un matin, de fort bonne heure, SilvĂšre, en venant tirer la provision d’eau de tante Dide [
] » jusqu’à en Ă©coutant les pas de Miette, qui s’éloignait, de l’autre cĂŽtĂ© de la muraille. »La poĂ©sie du XIXe siĂšcle au XXIe siĂšcle voir sujet bisAnne Perrier, Cantique du Printemps », PoĂ©sie, Ce matin la rose [
] » jusqu’à À la ronde son pied » LES CONTRACTIONS DE TEXTE AU BAC DE FRANÇAIS TECHNOLOGIQUE D’abord, les Ă©noncĂ©s en rapport avec La littĂ©rature d’idĂ©es du XVIe siĂšcle au XVIIIe siĂšcle ƒuvre Montaigne, Essais, Des Cannibales », I, Notre monde vient d’en trouver un autreTexte Claude LĂ©vi-Strauss, L’Anthropologie face aux problĂšmes du monde moderne, Rencontrer l’autre, est-ce forcĂ©ment se comparer Ă  lui ?ƒuvre Jean de La Fontaine, Fableslivres VII Ă  IXParcours Imagination et pensĂ©e au XVIIe siĂšcleTexte Marie-Claude Hubert, Le chien dans la littĂ©rature de jeunesse », Carnets, DeuxiĂšme sĂ©rie – 18, Pourquoi les Ɠuvres d’imagination ont-elles selon vous autant recours aux animaux personnifiĂ©s ? Quel intĂ©rĂȘt un auteur et ses lecteurs peuvent-ils trouver Ă  cette reprĂ©sentation ?ƒuvre Voltaire, L’IngĂ©nuParcours Voltaire, esprit des LumiĂšresTexte Roger-Pol Droit, Une idĂ©e faible ou forte », dans Jusqu’oĂč tolĂ©rer ?, actes du forum organisĂ© par le journal Le Monde, À propos de la tolĂ©rance, Roger-Pol Droit Ă©crit la tolĂ©rance suppose le dĂ©saccord ». Dans quelle mesure le fait de nous confronter Ă  des opinions et des avis diffĂ©rents des nĂŽtres nous rend-il plus tolĂ©rants ? Puis ceux sur l’objet d’étude La littĂ©rature d’idĂ©es du XVIe siĂšcle au XVIIe siĂšcle ƒuvre Montaigne, Les Essais, Des Cannibales », I, Notre monde vient d’en trouver un autreTexte Paul Rasse, La diversitĂ© des cultures en question », HermĂšs, n°51, 2008. Essai Dans quelles conditions la rencontre avec l’Autre devient-elle enrichissante ? voir sujet bisƒuvre Jean de La Fontaine, Fables livres VII Ă  IX.Parcours Imagination et pensĂ©e au XVIIe siĂšcleTexte Bruno Bettelheim, Psychanalyse des contes de fĂ©es, Les fables, comme les contes de fĂ©es, vous paraissent-elles s’adresser exclusivement aux enfants ? voir sujet bisƒuvre Voltaire, L’IngĂ©nuParcours Voltaire, esprit des LumiĂšresTexte AndrĂ© Comte-Sponville, Conscience », Psychologies Magazine, mai En quoi selon vous l’exercice de notre raison et de notre pensĂ©e est-il plus que jamais un travail, une exigence, une conquĂȘte » ? SUJETS DU BAC DE FRANÇAIS GÉNÉRAL 2021 DONNES EN AMERIQUE DU NORD Attention en AmĂ©rique du Nord, les amĂ©nagements proposĂ©s au Liban et en France n’ont pas Ă©tĂ© proposĂ©s. Le sujet se compose donc d’un commentaire et de trois Ă©noncĂ©s de dissertation, en fonction de l’oeuvre Ă©tudiĂ©e en classe. Rappelons Ă©galement qu’il n’y a pas de sujet pour la voie technologique qui n’est pas prĂ©parĂ©e Ă  Washington. A. LE SUJET DE COMMENTAIRE Objet d’étude la poĂ©sie du XIXe siĂšcle au XXIe siĂšcle. Texte du commentaire Louis Aragon, Le CrĂšve-coeur, 1946, Les lilas et les roses ». B. LES SUJETS DE DISSERTATION Objet d’étude retenu pour la dissertation Le roman et le rĂ©cit du Moyen-Age au XXIe siĂšcle. Madame de Lafayette, La Princesse de ClĂšves – Parcours Individu, morale et sociĂ©tĂ©. Dans le roman de Madame de Lafayette, est-ce la raison qui guide la princesse ?Stendhal, Le Rouge et le Noir – Parcours Le personnage de roman, esthĂ©tiques et valeurs. Moi, j’ai la noblesse du coeur », affirme Julien lors de son procĂšs. Cette formule vous paraĂźt-elle adaptĂ©e pour caractĂ©riser ce personnage ?Marguerite Yourcenar, MĂ©moires d’Hadrien – Parcours Soi-mĂȘme comme un autre. J’emploie ce que j’ai d’intelligence Ă  voir de loin et de plus haut ma vie, qui devient alors la vie d’un autre ». Votre lecture des MĂ©moires d’Hadrien confirme-t-elle cette dĂ©claration du personnage ? Sujet bac français 2021 Nous espĂ©rons que les sujets donnĂ©s dans les centres d’examen Ă  l’étranger pourront t’aider Ă  terminer sereinement tes rĂ©visions. BON COURAGE! Certaines fiches mĂ©thodologiques peuvent t’aider dans ton travail, nous t’en proposons quelques-unes ci-aprĂšs –Dissertation mĂ©thode –MĂ©thodes complĂštes -Contraction de texte –Se prĂ©senter au bac en candidat libre –MĂ©thode du corpus PremiĂšregĂ©nĂ©rale Français La Fontaine, Fables – Imagination et pensĂ©e au XVIIe siĂšcle (bac 2021) Ă©noncĂ© clĂ©s du sujet CorrigĂ© 4 heures 20 points IntĂ©rĂȘt du sujet ‱ Au moyen d'un Ce document propose une problĂ©matisation sur le parcours "Imagination et pensĂ©e au XVIIĂšme siĂšcle" en lien avec l'Ă©tude des livres VII Ă  XI des Fables de La Fontaine. L'objet d'Ă©tude "la littĂ©rature d’idĂ©es du XVIĂšme au XVIIIĂšme siĂšcle" invite Ă  mettre en Ă©vidence les liens qui se nouent entre les idĂ©es, les formes et le contexte culturel, idĂ©ologique et social dans lequel elles naissent. L’association des notions de pensĂ©e » et d’ imagination » est au cƓur de la rĂ©flexion gĂ©nĂ©rique Ă  propos des fables et ce pour deux raisons Primo, la conjonction des deux termes constitue ce que La Fontaine dĂ©signe, dans la prĂ©face de 1668, sous le nom d’apologue, c’est-Ă -dire, un court rĂ©cit d’imagination duquel se dĂ©gage une pensĂ©e ou une vĂ©ritĂ© morale ou philosophique. En effet, la spĂ©cificitĂ© de la fable rĂ©side dans une construction spĂ©cifique Ă  l’intĂ©rieur de laquelle la pensĂ©e, - la moralitĂ© - entendue comme la facultĂ© de connaĂźtre, de raisonner, et de juger, passe par l’imagination – le rĂ©cit - dans le sens de crĂ©ation d’images mentales, sur le modĂšle de l’allĂ©gorie. Secundo, dans la deuxiĂšme MĂ©ditation, Descartes donne de la facultĂ© de penser un sens large chez lui, la pensĂ©e se confond avec la conscience et avec l’ñme dont la nature, comme res cogitans, n’est que de penser c’est aussi bien douter, comprendre, vouloir, porter des jugements que sentir ou imaginer c’est-Ă -dire produire des reprĂ©sentations. Fondamentalement, la pensĂ©e est, avec le langage, ce qui distingue le plus fondamentalement les hommes des animaux. Or, dans les fables animaliĂšres, la signification morale se fonde sur un principe de transposition du monde humain dans l’univers des espĂšces animales qui n’a de sens que par l’idĂ©e qu’il existe des points communs observables entre hommes et animaux cf. physiognomonie comparĂ©e. DĂ©nier aux animaux toute forme de pensĂ©e, c’est rendre caduque la pertinence mĂȘme de la fable. RetourHautMise Ă  jour 15 fĂ©vrier 2022
Leparcours de lecture associĂ© Ă  l’étude des fables propose de rĂ©flĂ©chir aux relations entre l’imagination et la pensĂ©e; Autrement dit : comment se servir , par exemple de l'imagination pour permettre la pensĂ©e .GrĂące Ă  l'utilisation des animaux et de la satire, comme dans La Cour du lion ou Les animaux malades de la peste, le fabuliste nous plonge dans un

Imagination et pensĂ©e au xviie siĂšcle littĂ©rature d’idĂ©es 12 fra1_1900_00_34C Sujet d’écrit ‱ Dissertation RĂ©cit et moralitĂ© dans les Fables de La Fontaine Les clĂ©s du sujet Analyser le sujet Formuler la problĂ©matique La fable est-elle un genre fondamentalement narratif qu’accessoirement on considĂ©rerait comme un genre moral ? Construire le plan CorrigĂ© GuidĂ© Introduction [Accroche] L’argumentation n’apparaĂźt pas toujours d’une maniĂšre explicite dans un texte ; elle peut passer par un biais qui lui est apparemment Ă©tranger. C’est sur ce modĂšle d’argumentation indirecte que fonctionne la fable constituĂ©e en majeure partie d’un rĂ©cit, elle ne relĂšve pas moins de la littĂ©rature d’idĂ©es, ce dont tĂ©moigne, le plus souvent, la prĂ©sence d’une morale. [Citation] La Fontaine le notait dans la prĂ©face de ses Fables l’apologue est composĂ© de deux parties dont on peut appeler l’une le corps, l’autre l’ñme ». Et il prĂ©cisait Ce corps est la fable ; l’ñme, la moralitĂ© ». [Explicitation du sujet] Pour La Fontaine, l’apologue aurait, Ă  l’image de l’homme, une nature double, partagĂ©e entre son corps – le rĂ©cit – et son Ăąme – la morale. L’un ne pouvant aller sans l’autre, cela tendrait Ă  prouver l’égalitĂ© absolue de deux parties. Pourtant, l’importance croissante accordĂ©e au rĂ©cit Ă  partir du septiĂšme recueil des Fables pourrait donner Ă  penser que La Fontaine affirme sa prééminence sur la moralitĂ©. On pourrait dĂšs lors se demander Ă  qui, du rĂ©cit ou de la moralitĂ©, les fables donnent la primautĂ©. Autrement dit, c’est la question de la particularitĂ© gĂ©nĂ©rique de la fable qui se trouve posĂ©e est-elle un genre narratif ou argumentatif ? [Annonce du plan] Nous examinerons d’abord la prééminence du rĂ©cit [I] puis montrerons la primautĂ© de la morale [II] pour enfin nous demander si la sĂ©paration de ces deux entitĂ©s est mĂȘme possible [III]. I. La prééminence du rĂ©cit sur la morale m Le secret de fabrication La premiĂšre partie s’attache Ă  montrer la prĂ©dominance du rĂ©cit dans la fable. Il faut donc rĂ©pertorier des arguments qui le prouvent quelle place occupe le rĂ©cit et quel rĂŽle joue-t-il ? 1. La part dĂ©volue au rĂ©cit Si le rĂ©cit semble le plus important, c’est d’abord parce qu’il occupe la plus grande place. Il s’impose comme la partie la plus longue de la fable plusieurs dizaines de phrases contre Ă  peine quelques-unes pour la leçon. C’est le cas, par exemple, dans Les Animaux malades de la peste » VII, 1 la morale Selon que vous serez puissant ou misĂ©rable, / Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir » clĂŽt de maniĂšre lapidaire et synthĂ©tique un rĂ©cit de plus de cinquante vers. Cela influence le statut mĂȘme du texte les enfants lisent avant tout les Fables comme un texte narratif et l’abordent en gĂ©nĂ©ral comme un conte. C’est, au reste, le reproche que Rousseau fait Ă  La Fontaine dans L’Émile pour lui, les jeunes esprits sont portĂ©s Ă  s’identifier au personnage le plus fort qui n’est souvent pas l’ĂȘtre le plus moral mis en scĂšne dans le rĂ©cit. 2. Des fables sans morale La primautĂ© du rĂ©cit semble confirmĂ©e par l’examen des fables sans moralitĂ© explicite, qui n’en sont pas moins considĂ©rĂ©es comme des apologues. DĂšs lors, la morale semble superflue et on peut la supprimer sans opĂ©rer un changement de catĂ©gorie littĂ©raire. Pourtant, l’opĂ©ration inverse paraĂźt impossible cela provoquerait une mutation gĂ©nĂ©rique du texte qui, de fables, deviendrait maximes. L’expĂ©rience peut ĂȘtre tentĂ©e avec le recueil de La Fontaine ; en ne gardant que les morales exprimĂ©es, on obtiendrait un recueil de sentences gĂ©nĂ©rales proches formellement des Maximes d’un La Rochefoucauld. conseil Pour assurer la transition d’une partie Ă  l’autre et amorcer la rĂ©flexion Ă  suivre sans dĂ©voiler son contenu, on peut recourir Ă  la modalitĂ© interrogative, qui soutient l’intĂ©rĂȘt et dynamise la dĂ©monstration. [Transition] Ainsi, certains arguments semblent prouver la primautĂ© du rĂ©cit sur la morale dans la fable il occupe un volume plus important dans le texte. De plus, la fable apparaĂźt rĂ©guliĂšrement sans morale alors que, sans rĂ©cit, elle devient simple maxime et perd son statut d’apologue. Mais alors pourquoi, si seul le rĂ©cit compte dans la fable, cette derniĂšre ne se confond-elle pas avec les genres narratifs ? Pourquoi occupe-t-elle une place spĂ©cifique dans la nomenclature des genres ? C’est peut-ĂȘtre que la morale est moins nĂ©gligeable qu’il y semblait. II. La primautĂ© de la rĂ©flexion sur le rĂ©cit m Le secret de fabrication La deuxiĂšme partie va chercher des arguments en faveur de la primautĂ© de la rĂ©flexion. Il faut donc réévaluer la part de la rĂ©flexion dans la fable cette derniĂšre ne se dĂ©finit-elle pas d’abord comme un genre didactique ? 1. La moralitĂ© comme finalitĂ© de la fable Si le rĂ©cit constitue la plus large partie de la fable, sa leçon n’en est pas moins importante. On peut en effet considĂ©rer que le rĂ©cit n’est que le moyen de l’apologue, alors que la morale en est la fin. La rĂ©flexion constitue donc le but vers lequel tend le rĂ©cit. C’est ce qui apparaĂźt si l’on observe la place qu’occupe traditionnellement la moralitĂ© dans la fable, le plus souvent situĂ©e Ă  un endroit stratĂ©gique soit l’ouverture Le Rat et l’ÉlĂ©phant », VIII, 15 ou Le Gland et la Citrouille », IX, 4, soit la clĂŽture Le Rat et l’HuĂźtre » ou Le Berger et son Troupeau », IX, 19. Lui rĂ©server une telle place d’honneur, c’est donc bien le signe de l’importance capitale qui lui est accordĂ©e. 2. La fable comme genre didactique Si le rĂ©cit peut prendre en charge la dimension argumentative de la fable, seule la morale, explicite ou implicite, peut rĂ©vĂ©ler son rĂŽle didactique. Or La Fontaine prĂ©cise, dans la prĂ©face des Fables, que par les raisonnements et consĂ©quences que l’on peut tirer de ces fables, on se forme le jugement et les mƓurs, on se rend capable de grandes choses ». Le but premier de l’apologue est donc bien l’enseignement que le lecteur peut en tirer. L’apologue se distingue par sa dimension didactique et morale, que lui confĂšre la moralitĂ©. [Transition] Si certains arguments semblaient prouver la prééminence du rĂ©cit, d’autres au contraire montrent celle de la moralitĂ© elle paraĂźt, par sa place mĂȘme dans la fable, constituer le but ultime du rĂ©cit ; la leçon finale est la seule Ă  pouvoir prendre en charge la dimension didactique de l’apologue alors que le rĂ©cit assurait sa fonction argumentative. Comment, dĂšs lors, dĂ©passer cette apparente contradiction dans la dĂ©finition gĂ©nĂ©rique de la fable ? À moins que ce ne soit prĂ©cisĂ©ment cette dualitĂ© qui fasse la spĂ©cificitĂ© du genre ? III. Le double statut gĂ©nĂ©rique de la fable m Le secret de fabrication Cette partie cherche Ă  dĂ©passer l’opposition des deux premiĂšres. Conclure Ă  la primautĂ© du rĂ©cit ou de la moralitĂ©, c’est mĂ©connaĂźtre le genre mĂȘme de la fable, qui repose prĂ©cisĂ©ment sur l’articulation entre les deux. 1. L’articulation argumentative RĂ©cit et rĂ©flexion sont complĂ©mentaires dans l’apologue, d’abord parce que si la leçon est la thĂšse du texte, le rĂ©cit en est Ă  la fois l’exemple et l’argument. Par exemple, dans Le Pouvoir des fables » VIII, 4, La Fontaine exprime la nĂ©cessitĂ© de divertir les hommes par des contes plaisants. Cette thĂšse est exprimĂ©e par la moralitĂ© finale, affirmant qu’il faut amuser encor [le monde] comme un enfant », c’est-Ă -dire satisfaire la part d’enfance prĂ©sente en chaque lecteur. Et elle est illustrĂ©e par le rĂ©cit qui prĂ©cĂšde, oĂč l’on voit le peuple athĂ©nien plus captivĂ© par l’apologue de l’orateur que par sa harangue sur la patrie en danger. Le rĂ©cit est donc bien Ă  la fois l’illustration et l’argument de la thĂšse de la fable. Ce qui importe alors, ce n’est pas le rĂ©cit ou la moralitĂ©, mais la façon dont s’articulent l’un et l’autre. 2. L’articulation rhĂ©torique Toutefois, cette articulation n’est pas seulement argumentative, elle est aussi rhĂ©torique. En effet, l’apologue, conformĂ©ment Ă  la doctrine hĂ©ritĂ©e d’Horace et reprise explicitement par La Fontaine dans Le PĂątre et le Lion » VI, 1, se doit d’ instruire et de plaire » docere et placere ; ce qui fonde la particularitĂ© du genre apologĂ©tique, c’est justement cette double ambition qui le distingue des autres genres de la littĂ©rature d’idĂ©es. Cependant, on n’instruit pas toujours un lecteur avec les armes qu’on utilise pour lui plaire la dualitĂ© rhĂ©torique de la fable rencontre alors sa dualitĂ© gĂ©nĂ©rique. GĂ©nĂ©ralement, la morale, explicite ou implicite, instruit et fait rĂ©flĂ©chir, tandis que le rĂ©cit sĂ©duit le lecteur. Abandonner l’une ou l’autre de ces deux dimensions, c’est donc oublier ce qui fait l’originalitĂ© du genre la fable instruit en plaisant et plaĂźt en instruisant ; plus encore, c’est parce que le rĂ©cit flatte l’imagination qu’il pousse Ă  la rĂ©flexion, et c’est parce qu’il donne Ă  penser qu’il plaĂźt. Conclusion [SynthĂšse] Il n’y a donc pas de primautĂ© d’un rĂ©cit, souvent dĂ©veloppĂ©, au dĂ©triment d’une morale esquissĂ©e, voire parfois implicite. Si des arguments jouent tantĂŽt en faveur de l’une ou de l’autre des composantes de la fable c’est bien qu’il faut garder Ă  l’esprit la dualitĂ© fondatrice du genre. conseil L’ouverture peut ĂȘtre l’occasion d’élargir la perspective, en rappelant par exemple que les fables relĂšvent aussi du genre lyrique. [Ouverture] Ni simple rĂ©cit, ni pure morale, la fable est Ă  l’image de l’homme, corps et Ăąme », Ă  quoi La Fontaine ajoute encore une en proposant des apologues versifiĂ©s.

Dans le pouvoir des fables, la Fontaine s’adresse à un haut personnage de l’Etat, M de Barillon, alors ambassadeur de France en Angleterre.Le contexte historique est tendu car le royaume de France vit sous la menace d’une nouvelle guerre contre la Hollande . En se servant d’une fiction et d ‘une mise en abime: un orateur grec à Athùnes , qui invente
Programme de français des classes de premiĂšre. Bac 2020 La poĂ©sie du XIXe siĂšcle au XXIe siĂšcle Victor Hugo, Les Contemplations, Livres I Ă  IV/ Parcours Les MĂ©moires d'une Ăąme. Les contemplations de Victor Hugo, structure et analyse du recueil Charles Baudelaire, Les fleurs du mal/ Parcours Alchimie poĂ©tique la boue et l'or. Fiche de lecture sur Les Fleurs du Mal de Baudelaire Les Fleurs du Mal de Baudelaire, thĂšmes principaux du recueil Les Fleurs du mal, lecture analytique " Invitation au Voyage" Guillaume Apollinaire, Alcools / parcours ModernitĂ© poĂ©tique ? La modernitĂ© poĂ©tique dans Alcools de Guillaume Apollinaire La littĂ©rature d'idĂ©es du XVIe siĂšcle au XVIIIe siĂšcle Montaigne, Essais, Des Cannibales », I, 31 ; Des Coches », III, 6 / parcours Notre monde vient d'en trouver un autre. Fiche sur "Des coches" de Montaigne Fiche sur "Les cannibales" de Montaigne L’humanisme dans les Essais de Montaigne Jean de La Fontaine, Fables livres VII Ă  XI / parcours Imagination et pensĂ©e au XVIIe siĂšcle. La fable dĂ©finition, caractĂ©ristiques et exemples Les fables de La Fontaine rĂ©sumĂ© des livres VII Ă  XI L''apologue analyse du texte "Le pouvoir des fables" de Jean de La Fontaine. Montesquieu, Lettres persanes / parcours Le regard Ă©loignĂ©. Le regard Ă©loignĂ© dans les Lettres persanes de Montesquieu Le roman et le rĂ©cit du Moyen Âge au XXIe siĂšcle Madame de Lafayette, La Princesse de ClĂšves / parcours individu, morale et sociĂ©tĂ©. La princesse de ClĂšves rĂ©sumĂ© et analyse du roman Stendhal, Le Rouge et Noir / parcours Le personnage de roman, esthĂ©tiques et valeurs. Le rouge et le noir de Stendhal, rĂ©sumĂ© et analyse du roman Marguerite Yourcenar MĂ©moires d'Hadrien / parcours Soi-mĂȘme comme un autre. MĂ©moires d'Hadrien de marguerite Yourcenar, rĂ©sumĂ© et analyse Le théùtre du XVIIe siĂšcle au XXIe siĂšcle Jean Racine, PhĂšdre / parcours Passion et tragĂ©die. PhĂšdre de Jean Racine rĂ©sumĂ© et analyse de la piĂšce La passion amoureuse dans PhĂšdre, tragĂ©die de Racine La passion amoureuse dans les tragĂ©dies de Racine Explication de texte PhĂšdre de Racine, Acte I, scĂšne 3 Les mises en scĂšne de PhĂšdre de Racine Actrices et metteurs en scĂšne Beaumarchais, Le Mariage de Figaro / parcours La comĂ©die du valet. Fiche Le mariage de Figaro de Beaumarchais, rĂ©sumĂ© et analyse Qui est Figaro ? Analyse du personnage de Beaumarchais Commentaire de texte Le mariage de Figaro, Acte I, scĂšne1 Commentaire de texte Le mariage de Figaro Acte V, scĂšne 3 Samuel Beckett, Oh ! Les Beaux jours / parcours Un théùtre de la condition humaine. Oh les beaux jours de Beckett théùtre de la condition humaine
Voila pour demain (les vacances ne sont jamais benifique ), j'ai une dissertation au "brouillon" a faire.Elle nous a donner des feuilles a remplir. Le sujet est : Pensez vous que l'on retienne les apologues (fables, contes philosophiques, paraboles, utopes) parce qu'ils nous amusent ou parce qu'ils nous instruisent ?Vous repondez a
ï»żImagination et pensĂ©e » dans Les Fables - Jean La FontaineLes Fables, livres VII Ă  XI – La Fontaine 1678Et pour suivre la leçon en vidĂ©o, c'est par ici !... I. ÉlĂ©ments de culture littĂ©raire1. L'argumentation → distinction... -a argumentation directe = genre qui aborde un sujet de rĂ©flexion, ouvertement Ex Les essais oĂč Montaigne se propose de disserter sur tel ou tel sujet -b argumentation indirecte = genre qui emploie le dĂ©tour de la fiction pour aborder un sujet Ex Les Fables oĂč La Fontaine met en scĂšne des animaux pour Ă©voquer l'ĂȘtre-humain, la sociĂ©tĂ© etc. → spĂ©cificitĂ© de l'apologue... = rĂ©cit court avec une morale, plus ou moins explicitĂ© → contes en prose de Perrault → paraboles dans la bible → fables en gĂ©nĂ©ral Des citations qui mettent bien... L'apologue est composĂ© de deux parties, dont on peut appeler l'une le Corps, l'autre l'Ăąme. Le Corps est la Fable ; l'Âme, la moralitĂ©. » dans PrĂ©face » L'apologue est un don qui vient des immortels. » dans À Madame de Montespan »2. Le classicisme SensibilitĂ© dĂ©signĂ©e usuellement comme “ mouvement ” en quĂȘte d'ordre et de mesure, aprĂšs l'exubĂ©rance du baroque. // stabilisation de la monarchie → absolue et de l'État moderne sur le plan national, aprĂšs les troubles des guerres de religion. → codification et rĂšgles de composition, inspirĂ©es par la redĂ©couverte de textes antiques La PoĂ©tique d'Aristote Ex les 3 unitĂ©s dans le théùtre classique... OR - diversitĂ© et variĂ©tĂ© de composition au cƓur des Fables J'ai tĂąchĂ© de mettre en ces deux derniĂšres Parties toute la diversitĂ© dont j'Ă©tais capable. », dans Avertissement » + Ex hĂ©tĂ©romĂ©trie vers de longueurs inĂ©gales → le talent du fabuliste et le plaisir du rĂ©cit prime sur l'ordre...3. Le moralisme MAIS Partie prenante de cette vocation “ classiciste ” d'ordre et de mesure, une rĂ©flexion morale sur le comportement et les modĂšles Ă  suivre pour l'ĂȘtre-humain. → dĂ©nonciation des excĂšs au travers des caractĂšres » → maximes et aphorismes pour guider les lecteurs → apologues et fables pour illustrer une morale » → principe-clĂ© du classicisme moraliste Placere et docere » -a placere = plaire → le corps », c'est-Ă -dire le rĂ©cit du fabuliste -b docere = instruire → l'Ăąme », c'est-Ă -dire la moralitĂ©, le sens allĂ©gorique Les citations qui mettent bien... Une morale nue apporte de l’ennui / Le conte fait passer le prĂ©cepte avec lui. / En ces sortes de feinte il faut instruire et plaire, /Et conter pour conter me semble peu d’affaire. » dans Le pĂątre et le lion » Par les raisonnements et consĂ©quences que l'on peut tirer de ces Fables, on se forme le jugement et les mƓurs, on se rend capable de grandes choses. » dans PrĂ©face »II. Les mots du programme1. Imagination Étymologie = latin imago » → facultĂ© qui permet de former des visions ; puis de crĂ©er des images mentales ; enfin de les recomposer afin d'imaginer des choses inĂ©dites. Questionnement autour du vrai et du faux... C’est cette partie dominante dans l’homme, cette maĂźtresse d’erreur et de faussetĂ©, et d’autant plus fourbe qu’elle ne l’est pas toujours, car elle serait rĂšgle infaillible de vĂ©ritĂ© si elle l’était infaillible du mensonge. » dans Les PensĂ©es de Pascal2. PensĂ©e → renvoi Ă  la rĂ©flexion... -a comme Ă©lĂ©ment de culture la pensĂ©e des classiques » = ensemble d'idĂ©es -b comme processus la pensĂ©e consciente » = vie de l'esprit Imagination et pensĂ©e » dans Les Fables - Jean La Fontaine Imagination et pensĂ©e » dans Les Fables - Jean La FontaineQuelques sujets enfin... Dans quelle mesure faut-il prendre les Fables de La Fontaine au sĂ©rieux ? Vous rĂ©pondrez Ă  cette question dans un dĂ©veloppement organisĂ©. Votre rĂ©flexion prendra appui sur l'Ɠuvre de Jean de La Fontaine au programme, sur le travail menĂ© dans le cadre du parcours associĂ© et sur votre culture personnelle. Question ouverte =interrogation partielle = plan thĂ©matique[-dialectique] La premiĂšre mesure le corps -un rĂ©cit entraĂźnant Le deuxiĂšme mesure l'Ăąme -une leçon Ă  retenir La troisiĂšme mesure l'Ăąme bis -l'apprentissage de la rĂ©flexion, les fables m'apprennent Ă  me poser des questions → l'imagination facultĂ© de l'Ăąme qui implique une vigilance constante, et donc un questionnement perpĂ©tuel, une attitude de rĂ©flexion prolongĂ©e I. Les fables ne paraissent pas tellement sĂ©rieuses Ă  premiĂšre vue. a privilĂšge du rĂ©cit entraĂźnant la fiction domine + virtuositĂ© du conteur avec la briĂšvetĂ© dans la mise en place du schĂ©ma narratif + hĂ©tĂ©romĂ©trie b s'Ă©vader du rĂ©el le merveilleux anthropomorphisme + exotique c l'humour et la dĂ©rision un grotesque aux proportions Ă©piques Les deux coqs, la tortue et les deux canards, un comique de l'absurde le curĂ© et le mort, L'ours et l'amateur des jardins, le mal mariĂ© position personnelle du fabuliste qui se moqueII. Mais en fait on retrouve un aspect sĂ©rieux au cƓur des fables il en va de la moralitĂ© le placere du I est complĂ©tĂ© avec le docere a la dualitĂ© de la fiction et de la morale place privilĂ©giĂ©e dans l'ordre de la fable + formule percutante Ă  la maniĂšre d'un proverbe + interpellation du fabuliste , impĂ©ratif Les obsĂšques de la Lionne », Le hĂ©ron La fille » Ecoutez lecteurs, dialogue L'homme et la couleuvre » b leçons de morale sens allĂ©gorique des diffĂ©rents animaux =qualitĂ©s ou dĂ©fauts moraux → comprendre le genre humain et ses caractĂšres en dĂ©chiffrant la signification morale de la fable c critique de la sociĂ©tĂ© et de l'injustice la figure du Lion qui incarne l'ordre absolutiste et toutes les fables qui renvoient au fonctionnement de la courIII. Au-delĂ  de ces leçons de morale, les fables portent plus loin encore la rĂ©flexion en ce qu'elles nous questionnent plutĂŽt que de nous apporter des rĂ©ponses... J'apprends Ă  penser. -a l'interrogation en attente d'une rĂ©ponse questions au lecteur ou morale implicite -b le dĂ©sir de philosopher → Discours Ă  Mme de La SabliĂšre qui est une rĂ©plique Ă  la doctrine cartĂ©sienne de l'animal-machine, et qui ouvre un dĂ©bat sur les diffĂ©rents types d'ĂȘtres-vivants. -c Interroger l'imagination → la fable ne fait pas qu'exploiter les ressources de l'imagination, elle interroge son rĂŽle et ses limites = ambivalence de l'imagination dans les diffĂ©rentes fables → La laitiĂšre + Le pouvoir des fables Christian Biet, critique contemporain, dĂ©finit la fable comme un mensonge qui dit la vĂ©ritĂ© ». À la lumiĂšre de votre lecture des livres VII Ă  XI des Fables et des textes Ă©tudiĂ©s dans le parcours Imagination et pensĂ©e au XVIIe siĂšcle », vous vous demanderez dans quelle mesure l'imagination dans les fables est efficace pour dĂ©livrer une pensĂ©e sur l' La fable est avant tout mensonge imaginaire le plaisir fictionnel prime sur les autres Mais ce plaisir de la fiction sert en dĂ©finitive l'instruction et ses vĂ©ritĂ©s morales en captivant le Plus encore, l'imagination employant l'apologue fictif permet de concevoir des choses inĂ©dites et d'interroger avec un regard nouveau certaines questions elle dĂ©livre la pensĂ©e de l'homme ! Dans sa fable intitulĂ©e Le BĂ»cheron et Mercure », La Fontaine dĂ©finit ainsi le genre de la fable Une ample ComĂ©die Ă  cent actes divers, / Et dont la scĂšne est l'Univers. » Qu'en pensez vous ?Quelques sujets enfin... Dans quelle mesure faut-il prendre les Fables de La Fontaine au sĂ©rieux ? Vous rĂ©pondrez Ă  cette question dans un dĂ©veloppement organisĂ©. Votre rĂ©flexion prendra appui sur l'Ɠuvre de Jean de La Fontaine au programme, sur le travail menĂ© dans le cadre du parcours associĂ© et sur votre culture personnelle. Question ouverte =interrogation partielle = plan thĂ©matique[-dialectique] La premiĂšre mesure le corps -un rĂ©cit entraĂźnant Le deuxiĂšme mesure l'Ăąme -une leçon Ă  retenir La troisiĂšme mesure l'Ăąme bis -l'apprentissage de la rĂ©flexion, les fables m'apprennent Ă  me poser des questions → l'imagination facultĂ© de l'Ăąme qui implique une vigilance constante, et donc un questionnement perpĂ©tuel, une attitude de rĂ©flexion prolongĂ©e I. Les fables ne paraissent pas tellement sĂ©rieuses Ă  premiĂšre vue. a privilĂšge du rĂ©cit entraĂźnant la fiction domine + virtuositĂ© du conteur avec la briĂšvetĂ© dans la mise en place du schĂ©ma narratif + hĂ©tĂ©romĂ©trie b s'Ă©vader du rĂ©el le merveilleux anthropomorphisme + exotique c l'humour et la dĂ©rision un grotesque aux proportions Ă©piques Les deux coqs, la tortue et les deux canards, un comique de l'absurde le curĂ© et le mort, L'ours et l'amateur des jardins, le mal mariĂ© position personnelle du fabuliste qui se moqueII. Mais en fait on retrouve un aspect sĂ©rieux au cƓur des fables il en va de la moralitĂ© le placere du I est complĂ©tĂ© avec le docere a la dualitĂ© de la fiction et de la morale place privilĂ©giĂ©e dans l'ordre de la fable + formule percutante Ă  la maniĂšre d'un proverbe + interpellation du fabuliste , impĂ©ratif Les obsĂšques de la Lionne », Le hĂ©ron La fille » Ecoutez lecteurs, dialogue L'homme et la couleuvre » b leçons de morale sens allĂ©gorique des diffĂ©rents animaux =qualitĂ©s ou dĂ©fauts moraux → comprendre le genre humain et ses caractĂšres en dĂ©chiffrant la signification morale de la fable c critique de la sociĂ©tĂ© et de l'injustice la figure du Lion qui incarne l'ordre absolutiste et toutes les fables qui renvoient au fonctionnement de la courIII. Au-delĂ  de ces leçons de morale, les fables portent plus loin encore la rĂ©flexion en ce qu'elles nous questionnent plutĂŽt que de nous apporter des rĂ©ponses... J'apprends Ă  penser. -a l'interrogation en attente d'une rĂ©ponse questions au lecteur ou morale implicite -b le dĂ©sir de philosopher → Discours Ă  Mme de La SabliĂšre qui est une rĂ©plique Ă  la doctrine cartĂ©sienne de l'animal-machine, et qui ouvre un dĂ©bat sur les diffĂ©rents types d'ĂȘtres-vivants. -c Interroger l'imagination → la fable ne fait pas qu'exploiter les ressources de l'imagination, elle interroge son rĂŽle et ses limites = ambivalence de l'imagination dans les diffĂ©rentes fables → La laitiĂšre + Le pouvoir des fables Christian Biet, critique contemporain, dĂ©finit la fable comme un mensonge qui dit la vĂ©ritĂ© ». À la lumiĂšre de votre lecture des livres VII Ă  XI des Fables et des textes Ă©tudiĂ©s dans le parcours Imagination et pensĂ©e au XVIIe siĂšcle », vous vous demanderez dans quelle mesure l'imagination dans les fables est efficace pour dĂ©livrer une pensĂ©e sur l' La fable est avant tout mensonge imaginaire le plaisir fictionnel prime sur les autres Mais ce plaisir de la fiction sert en dĂ©finitive l'instruction et ses vĂ©ritĂ©s morales en captivant le Plus encore, l'imagination employant l'apologue fictif permet de concevoir des choses inĂ©dites et d'interroger avec un regard nouveau certaines questions elle dĂ©livre la pensĂ©e de l'homme ! Dans sa fable intitulĂ©e Le BĂ»cheron et Mercure », La Fontaine dĂ©finit ainsi le genre de la fable Une ample ComĂ©die Ă  cent actes divers, / Et dont la scĂšne est l'Univers. » Qu'en pensez vous ?
Parcours: Imagination et pensĂ©e au XVIIe siĂšcle Dans quelle mesure faut-il prendre les Fables de La Fontaine au sĂ©rieux ? Vous rĂ©pondrez Ă  cette question dans un dĂ©veloppement organisĂ©. Votre rĂ©flexion prendra appui sur l’Ɠuvre de Jean de La Fontaine au programme, sur le travail menĂ© dans
Cette question reprend l'une de celles prĂ©sentes dans le sujet de l'Ă©preuve anticipĂ©e de français du baccalaurĂ©at 2021 des STMG, associĂ©e Ă  la section B, parcours Imagination et pensĂ©e au XVIIĂšme siĂšcle ». Le sujet Le texte B - Jean de La Fontaine, Fables, livres VII Ă  IX. - Parcours Imagination et pensĂ©e au XVIIĂšme siĂšcle. Texte d’aprĂšs Janick Auberger Entre l’écrit et l’image, l’animal de fiction, un homme travesti ? », Contre-Jour, n° 13, automne 2007. L'animal fictif, le hĂ©ros des fables, des contes et des recueils d'illustrations peut prendre divers aspects par le zoomorphisme, un homme peut avoir des traits animaux, il peut ĂȘtre possĂ©dĂ© par l'animal, rĂ©agir comme l'animal ; et par l'anthropomorphisme, un animal peut ĂȘtre humanisĂ©, parler comme l'homme. Ce dernier cas de figure est connu depuis l'AntiquitĂ© et ne choque pas. Le zoomorphisme, lui, est beaucoup plus troublant. L'homme occidental accepte mal d'avoir de l'animal en lui, tant la religion que la philosophie ont largement concouru Ă  lui interdire cette dĂ©chĂ©ance ». Voyons l'un et l'autre, l'homme animalisĂ© puis l'animal humanisĂ©. Quand l'homme est complĂštement animalisĂ©, il a pu ĂȘtre, dans la tradition, le rĂ©sultat d'une mĂ©tamorphose, le plus souvent punitive Les MĂ©tamorphoses d'Ovide, ou celles de la mythologie grecque, voient souvent un ĂȘtre humain animalisĂ© par une divinitĂ© jalouse le chasseur ActĂ©on transformĂ© en cerf par ArtĂ©mis, ou ArachnĂ© devenue araignĂ©e
. Évidemment, les auteurs jouent avec la mĂ©taphore ce ne sont pas de vrais animaux, l'histoire naturelle et la rĂ©alitĂ© de l'animal n'y gagnent rien, mais les tendances de l'individu s'y voient travesties efficacement, permettant Ă  l'homme de mieux se connaĂźtre... Dans les contes pour enfants, la transformation est gĂ©nĂ©ralement achevĂ©e quand l'histoire commence, c'est le hĂ©ros qui, depuis le dĂ©but, est animalisĂ©. Mais la mĂ©tamorphose n'est heureusement pas dĂ©finitive le hĂ©ros reprendra gĂ©nĂ©ralement sa morphologie humaine lorsqu'il aura triomphĂ© de son apparence et aura gagnĂ© l'amour de son ou sa partenaire, comme La Belle et la BĂȘte de Mme Leprince de Beaumont 1756. Mais ce passage de l'homme Ă  l'animal n'est pas le plus facile Ă  reprĂ©senter. Il est plus difficile Ă  accepter en tout cas que l'inverse, l'animal anthropomorphisĂ©. Presque toujours, la mĂ©tamorphose de l'homme devenu animal est une rĂ©gression, une chute. Il est rare que le monde animal soit idĂ©alisĂ©. Les poĂštes se reconnaissent parfois en lui Baudelaire dans L’Albatros » ou dans Le Chat ». Mais ce jugement est peu frĂ©quent et il est ambigu la femme-chatte de Baudelaire est dangereuse et volontiers fourbe, et l'Albatros est un prince incompris et dĂ©chu, un perdant. Plus sĂ»rement, quand l'homme suit ses seules passions, il s'animalise. L'anthropomorphisme est plus inoffensif que le zoomorphisme. Les animaux pensent, parlent comme des ĂȘtres humains, et tout leur comportement est un comportement humain. En fait, il semble bien que l'animal parle de l'homme et non de lui-mĂȘme ; il n'est plus qu'un prĂȘte-nom, un prĂ©texte Ă  connaĂźtre l'humain. Les fables et les contes ont usĂ© et abusĂ© de ces animaux-prĂ©textes, cachant sous la fiction une morale bien lisible. L'essentiel pour l'Ă©crivain ou le fabuliste est de renvoyer au monde familier pour Ă©clairer une pensĂ©e abstraite. Il est vrai que ces fictions se sont adressĂ©es d'abord aux adultes et continueront longtemps Ă  le faire les fabliaux du Moyen Âge en sont un bon exemple, le Roman de Renart Ă©galement. Goupil, Ysengrin, Brun et les autres sont de merveilleux personnages dont les aventures peuvent faire rire un enfant, mais ils servent aussi Ă  critiquer les mƓurs et la sociĂ©tĂ© des hommes. Les Fables de La Fontaine, inspirĂ©es d'Ésope et de PhĂšdre, avant d'ĂȘtre rĂ©cupĂ©rĂ©es dans des Ă©ditions pour la jeunesse, Ă©taient aussi une façon de critiquer le siĂšcle de Louis XIV. Dans ces cas-lĂ , il est clair que les animaux ne sont que prĂ©textes, ils agissent comme des humains, mais avec plus de libertĂ© d'action encore, puisque leur animalitĂ© leur permet de dĂ©passer certaines limites que l'humain ne saurait franchir. Le procĂ©dĂ© qui consiste Ă  passer par l'animal pour viser l'homme est un procĂ©dĂ© de style qui apporte dĂ©calage et distanciation, lĂ©gĂšretĂ© et humour Ă  une analyse qui, autrement, serait peut-ĂȘtre plus austĂšre une fable de La Fontaine paraĂźt plus lĂ©gĂšre qu'un caractĂšre de La BruyĂšre, et l'animal y est pour beaucoup, mĂȘme si la morale est la mĂȘme. L'Ă©crivain, le conteur, le dessinateur, le cinĂ©aste ont la libertĂ© absolue de faire de l'animal absolument ce qu'ils veulent, Ă  des fins ludiques, dĂ©monstratives ou esthĂ©tiques. L'animal est matĂ©riau pur de leur crĂ©ation, et au moins ils ne se cachent pas pour en jouer. Pour notre plus grand plaisir... Mais force est de constater que cela 55 ne semble pas avoir changĂ© le regard posĂ© sur les rapports entre les hommes et les animaux. EugĂšne Delacroix, Lion et Serpent, 1846 La question de l'essai Parler de l’animal, est-ce forcĂ©ment parler de l’Homme ? Vous dĂ©velopperez de maniĂšre organisĂ©e votre rĂ©ponse Ă  cette question en prenant appui sur les Fables de La Fontaine, sur le texte de l’exercice de la contraction et sur ceux que vous avez Ă©tudiĂ©s dans le cadre de l’objet d’étude La littĂ©rature d’idĂ©es du XVIĂšme au XVIIIĂšme siĂšcle ». Vous pourrez aussi faire appel Ă  vos lectures et Ă  votre culture personnelle. Les meilleurs professeurs de Français disponibles4,9 70 avis 1er cours offert !5 85 avis 1er cours offert !4,9 117 avis 1er cours offert !5 39 avis 1er cours offert !4,9 56 avis 1er cours offert !5 38 avis 1er cours offert !5 38 avis 1er cours offert !4,9 17 avis 1er cours offert !4,9 70 avis 1er cours offert !5 85 avis 1er cours offert !4,9 117 avis 1er cours offert !5 39 avis 1er cours offert !4,9 56 avis 1er cours offert !5 38 avis 1er cours offert !5 38 avis 1er cours offert !4,9 17 avis 1er cours offert !C'est partiMĂ©thodologie de l'essai Trouver des idĂ©es Examiner les termes du sujet Un sujet vous invite toujours Ă  dĂ©velopper un point de vue nuancĂ© sur la question posĂ©e. La premiĂšre chose Ă  faire est donc de dĂ©celer quelle thĂšse se cache derriĂšre la question du sujet. Peser le pour et le contre Dans un essai, il s'agit donc de dĂ©fendre une thĂšse tout en la nuançant. Vous devrez donc trouver au moins deux arguments en faveur de la thĂšse que vous avez mise en Ă©vidence, et deux arguments au moins qui la nuancent. Vous aurez toujours Ă  votre disposition une Ɠuvre Ă©tudiĂ©e en classe un texte issu du sujet de la contraction votre cours, qui s'est concentrĂ© sur des parcours thĂ©matiques dont proviennent vos sujets votre culture personnel Organiser ses idĂ©es Les idĂ©es, dans un essai, doivent ĂȘtre organisĂ©es selon leur cohĂ©rence. Les arguments pour » se suivent et les arguments contre » se suivent. Les deux blocs » sont sĂ©parĂ©s par une phrase de transition. Surtout, chaque argument est suivi d'un ou de plusieurs exemples, lĂ  encore tirĂ©s des textes prĂ©sents dans le sujet ou bien issus de votre culture gĂ©nĂ©ral. Vous pouvez toujours vous aider d'un tableau, qui contribue gĂ©nĂ©ralement Ă  Ă©claircir les choses. RĂ©diger ses idĂ©es Introduction et conclusion au brouillon Il faut, dans le meilleur des cas, seulement rĂ©diger entiĂšrement l'introduction et la conclusion sur votre brouillon. Introduction Votre introduction doit comporter une phrase d'amorce, comme l'introduction du thĂšme de l'essai ou un lien fait avec le texte de la contraction une reformulation du sujet l'annonce des grands axes de votre rĂ©ponse Conclusion Dans la conclusion, vous rĂ©sumez de maniĂšre claire et synthĂ©tique pour rĂ©pondre Ă  la question posĂ©e par le sujet. Le dĂ©veloppement Votre dĂ©veloppement s'appuie sur le plan que vous avez Ă©tabli au brouillon, soit grosso modo les lignes de votre tableau. Chaque paragraphe de votre dĂ©veloppement correspond Ă  un argument, illustrĂ© par un ou plusieurs exemples. Dans le meilleur des cas, entre chaque paragraphe se trouve une phrase de transition, qui conclut le paragraphe ou ouvre l'autre. Relecture Dans le meilleur des cas, vous vous ĂȘtes rĂ©servĂ© dix minutes pour vous relire. Ce sont de prĂ©cieuses minutes, puisqu'elles vous Ă©viteront des fautes d'inattention qui peuvent vous pĂ©naliser dans la note finale ! RĂ©daction du sujet de l'essai Nous donnons ici une rĂ©daction aussi exhaustive que possible. Mais d'autres plans, d'autres arguments, d'autres exemples sont possibles et, surtout, vous n'aurez jamais Ă  Ă©crire autant. Vous n'avez que deux heures environ pour cette Ă©preuve ! Introduction La reprĂ©sentation de l'animal dans la littĂ©rature existe depuis l'AntiquitĂ©. Les fables d'Ésope, dĂ©jĂ , mettaient en scĂšne des animaux aux traits humains c'Ă©taient les dĂ©buts de l'anthropomorphisme. Mais il souhaitait moins figurer la faune que l'humanitĂ© elle-mĂȘme. L'Ă©crivain, portĂ© par son dĂ©sir de la mĂ©taphore et ses tendances Ă  la moralisation, semble ainsi ne jamais pouvoir parler d'autre chose que de l'Homme, Ă©tant lui-mĂȘme un Homme. Illustration de Grandville Annonce de la problĂ©matique DĂšs lors, la reprĂ©sentation des animaux en littĂ©rature a-t-elle toujours vocation Ă  dire quelque chose de l'Homme ? Annonce du plan Nous verrons dans un premier temps que, trĂšs souvent, parler de l'animal revient effectivement Ă  parler de l'Homme. Mais quelques Ă©crivains se sont nĂ©anmoins attachĂ©s Ă  considĂ©rer le monde animal dans sa singularitĂ©, pour le mettre seul au centre de ses prĂ©occupations. DĂ©veloppement L'animal comme l'Homme Il semble Ă©vident que nombre de reprĂ©sentations animales ont en fait vocation Ă  dire quelque chose de l'Homme. L'anthropomorphisme a cette visĂ©e-lĂ , dĂšs son origine. C'est que le recours Ă  la figure animale permet d'apporter un nouveau regard sur la sociĂ©tĂ© des Hommes. L'anthropomorphisme Il existe, depuis l'AntiquitĂ©, tout un bestiaire traditionnel. Les mythes eux-mĂȘmes, dont dĂ©coulent les rites et les croyances, ne savent s'inspirer que du monde animal pour dire quelque chose de l'Homme. En retour, ce sont ces croyances qui ont offert Ă  La Fontaine ses sujets de fables. Il ne s'est pas intĂ©ressĂ©e Ă  la rĂ©alitĂ© naturaliste pour Ă©laborer ses histoires qui a dĂ©jĂ  vu un corbeau manger un fromage ? Il cherche plutĂŽt Ă  reprĂ©senter les Hommes Ă  travers les traits imaginaires des animaux. Comme il l'affirme au Dauphin, le fils du Roi Ă  qui sont dĂ©dicacĂ©es ses Fables Je me sers d'animaux pour instruire les hommes. » C'est la raison pour laquelle les animaux de La Fontaine parlent ce sont, avant toute chose, des Hommes. L'animal n'est pas dĂ©crit pour lui-mĂȘme, mais pour le type humain qu'il incarne. Dans Les animaux malades de la peste », jamais l'observation animale n'a mis en Ă©vidence la cohabitation grĂ©gaire d'animaux de toutes sortes, qui se rĂ©uniraient pour dĂ©signer un coupable Ă  une Ă©pidĂ©mie dont ils seraient conscients. C'est ici la nature injuste de l'Homme, et non de l'animal, que La Fontaine veut prĂ©senter. Transition Il est ainsi plus simple de prĂ©senter Ă  l'Homme ses travers sous les traits d'un animal. Nouveau regard sur la sociĂ©tĂ© des Hommes Dans Les CaractĂšres 1688, le poĂšte La BruyĂšre convoque des animaux pour les comparer aux humains. Il utilise sa comparaison de maniĂšre didactique, notamment pour faire comprendre Ă  son lecteur la folie absurde de la guerre 
 si l’on vous disait que tous les chats d’un grand pays se sont assemblĂ©s par milliers dans une plaine, et qu’aprĂšs avoir miaulĂ© tout leur soĂ»l, ils se sont jetĂ©s avec fureur les uns sur les autres [
]. Et si les uns et les autres vous disaient qu’ils aiment la gloire [
] ne ririez-vous pas de tout votre cƓur de ces pauvres bĂȘtes ? » Les Fables de La Fontaine, dessins originaux de Grandville 1837-1838 Passer par le bestiaire permet plus de diplomatie, et une meilleure visualisation des choses. En effet, par dĂ©finition, faire de l'animal un homme, c'est imager les choses, et c'est moins violent que d'accuser directement son lectorat. Cela est d'autant plus vrai pour les enfants, ce qui explique pourquoi les fables de La Fontaine ont finalement Ă©tĂ© reprises pour la littĂ©rature jeunesse, alors qu'elles se destinaient Ă  la cour en son temps. Du reste, l'Ă©poque contemporaine s'est emparĂ© du procĂ©dĂ©. Ainsi, dans RhinocĂ©ros 1959, le dramaturge EugĂšne Ionesco reprĂ©sente un village dans lequel les habitants se mĂ©tamorphosent tous en rhinocĂ©ros. Il veut alerter par lĂ  sur la propagation hideuse et scandaleuse du fascisme, qui reprĂ©sente une dynamique incomprĂ©hensible et pourtant parfaitement humaine. Transition Mais notre modernitĂ© littĂ©raire a su aussi s'arracher de l'anthropocentrisme pour considĂ©rer le monde animal Ă  part entiĂšre. L'animal, un personnage Ă  part entiĂšre L'animal a une rĂ©alitĂ© propre et se diffĂ©rencie de l'Homme. La Fontaine avait pu, dĂ©jĂ  le reconnaĂźtre. Mais c'est notre modernitĂ© qui, avançant dans la science d'une part et s'inquiĂ©tant de l'Ă©cologie d'autre part, a donnĂ© de plus en plus d'importance singuliĂšre Ă  la faune. Intelligence animale MalgrĂ© l'abondance des mĂ©taphores dans les Fables de La Fontaine, certains de ses apologues laissent entrevoir une considĂ©ration indĂ©pendante du monde animal. À rebours de ce qu'en pense Descartes dans son Discours de la mĂ©thode 1637, le fabuliste reconnaĂźt que les animaux possĂšdent Non point une raison selon notre maniĂšre / Mais beaucoup plus aussi qu'un aveugle ressort ». Il met mĂȘme en scĂšne cette singuliĂšre intelligence dans sa fable Les deux Rats, le Renard, et l'Ɠuf », en racontant comment deux rats parviennent Ă  transporter un Ɠuf. Et d'affirmer Qu'on m'aille soutenir aprĂšs un tel rĂ©cit, Que les bĂȘtes n'ont point d'esprit. Pour moi si j'en Ă©tais le maĂźtre, Je leur en donnerais aussi bien qu'aux enfants. Ceux-ci pensent-ils pas dĂšs leurs plus jeunes ans ? Quelqu'un peut donc penser ne se pouvant connaĂźtre. Transition De fait, les travaux scientifiques ont permis de mettre au jour l'intelligence animale. Ces dĂ©couvertes contribuent Ă  offrir aux animaux une place de choix dans la littĂ©rature. LittĂ©rature et science Le discours scientifique a assurĂ©ment modifiĂ© le regard que l'on porte sur l'animal. Combien de documentaires trouve-t-on qui s'Ă©merveillent des modes de communication ou d'organisation sociale trouvĂ©s par les animaux ? La littĂ©rature a tĂŽt fait de s'emparer de ces connaissances, pour faire de l'animal un sujet Ă  part entiĂšre. On peut ainsi Ă©voquer le roman de Bernard Werber, Les Fourmis 1991. Ce livre est divisĂ© en deux univers distincts, qui finissent, comme une preuve littĂ©raire que les deux se valent, par se recouper Ă  la fin du rĂ©cit le monde des humains et celui des fourmis. Bernard Werber est un cĂ©lĂšbre auteur de romans français. Sa trilogie sur les Fourmis lui a donnĂ© sa notoriĂ©tĂ©. Transition Mais d'autres Ă©crivains veulent simplement consacrer la beautĂ© du monde animal, qui s'envisage certes toujours en comparaison Ă  la violence du monde humain. LittĂ©rature et beautĂ© Certaines Ɠuvres d'art prennent en effet pour objet l'animal, en marge d'un rĂ©cit ou comme sujet principal, moins pour parler de l'homme que pour mettre en Ă©vidence sa beautĂ© tout Ă  fait singuliĂšre. On trouve ainsi le Tendre bestiaire 1969 de Maurice Genevoix, dans lequel l'Ă©crivain dĂ©crit les animaux des champs et des forĂȘts qu'il a observĂ©s au cours de ses promenades. Il y affirme la beautĂ© indĂ©pendante du monde animal, qui lui donnerait presque une supĂ©rioritĂ© sur le monde humain L'homme contemporain, gallupĂ©, ifopĂ©, codĂ©, ordinatorisĂ©, encartĂ©, parquĂ©, et mĂȘme parkinguĂ©, aura beau multiplier ses termitiĂšres et ses casernes, il ne parviendra pas Ă  dĂ©figurer, ou si peu, les beautĂ©s naturelles qui, malgrĂ© tout et malgrĂ© lui, lui sont offertes et mĂȘme prodiguĂ©es. Conclusion Il est Ă©vident que l'Ă©vocation du monde animal soit une maniĂšre, pour les littĂ©rateurs, de parler de l'Homme. Sur quoi d'autre pourraient-ils Ă©crire ? DĂšs l'Ă©laboration des mythes, l'Homme a dĂ» s'inspirer de la Nature pour se comprendre lui-mĂȘme, et il a toujours rĂ©flĂ©chi avec cette analogie. Certes, le succĂšs de l'anthropomorphisme montre une dĂ©rive ne plus considĂ©rer la singularitĂ© du monde animal pour ne faire de celui-ci qu'un simple miroir de l'Homme. Mais les avancĂ©es scientifiques ont peu Ă  peu redonnĂ© sa singularitĂ© Ă  la faune, qui est par ailleurs fĂȘtĂ©e chez certains Ă©crivains pour ce qu'elle est, indĂ©pendamment de l'Homme.
Jeande La Fontaine, Fables (livres VII Ă  IX) / parcours : Imagination et pensĂ©e au XVIIe siĂšcle. Voltaire, L'IngĂ©nu / parcours : Voltaire, esprit des LumiĂšres. Mais rien n’interdit Ă  l’élĂšve, Ă  partir de ses propres lectures, d’enrichir sa rĂ©flexion par des exemples empruntĂ©s Ă  l’actualitĂ© par exemple. La rĂ©ussite d'un essai suppose donc trois types de connaissances
Au XVIIĂšme siĂšcle, La Fontaine a su donner Ă  la fable, genre antique dont Esope est le pĂšre », ses lettres de noblesse en France, et dans l’imaginaire collectif il est celui qui se ser[vait] d’animaux pour instruire les hommes ». Les fables du second recueil sont cependant diffĂ©rentes des prĂ©cĂ©dentes ; le fabuliste cherche Ă  se renouveler et varie les sources d’inspiration, puisant chez l’indien Pilpay ou dans l’actualitĂ© ses sujets ; le bestiaire est moins utilisĂ© ; la tonalitĂ© aussi a changĂ©, La Fontaine se montrant souvent plus pessimiste et satirique que moralisateur. Ce recueil n’est d’ailleurs pas dĂ©diĂ© Ă  un enfant, comme l’était le premier. La fable 10 du livre VII, Le curĂ© et le mort », est reprĂ©sentative de ce changement. S’inspirant d’une anecdote rĂ©elle, relatĂ©e par Madame de SĂ©vignĂ© Ă  sa fille dans son abondante correspondance, le fabuliste raconte l’histoire d’un curĂ© qui trouve la mort en accompagnant un mort au cimetiĂšre, alors qu’il se laissait aller Ă  la rĂȘverie. Cette fable fait pendant Ă  celle de La laitiĂšre et le Pot au lait », qui raconte une aventure construite sur le mĂȘme schĂ©ma. La thĂ©matique de l’imagination prend donc une importance dĂ©cisive. Comment le fabuliste traite-t-il le fait divers dans l’apologue, et quelle est son ambition morale ? Nous Ă©tudierons tout d’abord l’art de la narration dans cette fable, puis la visĂ©e satirique de La Fontaine dans sa description du curĂ© songeur. Nous analyserons enfin la rĂ©flexion sur la condition humaine que propose ce texte. I. L’art de la narration La Fontaine a transformĂ© le fait divers en un apologue plaisant, vif, variĂ©, qui joue des oppositions entre les personnages, et qui mĂȘle des tonalitĂ©s inattendues, compte tenu du sujet et des personnages choisis. a La briĂšvetĂ© et la variĂ©tĂ© La Fontaine a Ă©crit, avec Le curĂ© et le Mort », un petit rĂ©cit alerte. Il relate une anecdote, sans digression, en utilisant pour l’essentiel des octosyllabes, qui confĂšrent Ă  la fable un rythme vif. L’originalitĂ© de la fable tient ici au long dĂ©veloppement de la situation initiale, qui met en valeur la seule pĂ©ripĂ©tie, qui fait office Ă  la fois d’élĂ©ment perturbateur, d’élĂ©ment de rĂ©solution, et de situation finale l’accident dans lequel le curĂ© trouve la mort. La valeur dramatique de cette chute est mise en relief par la parataxe Un heurt survient, adieu le char » v30, le prĂ©sentatif VoilĂ  » v31 et l’utilisation du passĂ© composĂ© Messire Jean Chouart [
] a la tĂȘte cassĂ©e » v31. Le rĂ©cit est d’autant plus plaisant Ă  lire que le fabuliste joue sur l’alternance et la variĂ©tĂ©, pour lui donner du rythme. Il alterne les rimes plates v5-6, croisĂ©es v1-4, embrassĂ©es 29-32 ; le rĂ©cit est parfois coupĂ© par du discours direct v15-18, 21-23 ou les interventions du narrateur hĂ©las ! » v7 ; Ă  l’intĂ©rieur mĂȘme du rĂ©cit, La Fontaine fait alterner les temps, avec de l’imparfait v1-6, 10-14, 18-20, 24-28, du prĂ©sent de narration v30-35, d’énonciation dans les paroles rapportĂ©es, ou de vĂ©ritĂ© gĂ©nĂ©rale v7, 37. La Fontaine a donc cherchĂ© Ă  garder le caractĂšre brutal de l’anecdote, tout en la rendant plaisante. bLes personnages Il dĂ©veloppe cependant suffisamment son rĂ©cit pour le lecteur jouisse des parallĂ©lismes qu’il a créés entre ses personnages. Ceux-ci sont dĂšs le titre mis en relation, avec la conjonction et » qui laisse s’interroger sur le sens souvent les personnages qui donnent le titre de la fable s’opposent, comme le Corbeau et le Renard, ou le LiĂšvre et la Tortue. Ici, il ne s’agit pas d’animaux, et le lecteur voit mal de prime abord ce que l’auteur suggĂšre. Le fabuliste utilise donc dĂšs les quatre premiers vers de forte oppositions afin d’amener le lecteur Ă  saisir l’enjeu de la fable et le caractĂšre du curĂ© les vers 1 et 3 sont construits de façon identique dĂ©terminant indĂ©fini, nom, verbe s’en allait », adverbe ; seuls les noms et les adverbes changent, et puisque les adverbes sont antithĂ©tiques tristement » / gaiement », les noms doivent ĂȘtre compris comme antithĂ©tiques eux aussi. La suite du texte est plus subtile, et ce sont les connotations qui s’opposent au mort la biĂšre » qui lui sert d’habit et qu’il n’îtera plus, au curĂ© les rĂȘveries sur les cotillons » Ă  offrir, et sans doute Ă  ĂŽter
 Par ailleurs, le lecteur du recueil , qui vient de lire La laitiĂšre et le Pot au lait », remarque la similitude entre les deux fables, et conclut que le curĂ© » est l’équivalent de la laitiĂšre », ce qui implique que le mort » est l’équivalent du pot au lait » la rĂ©ification implicite du titre, dĂ©veloppĂ©e par le participe passĂ© empaquetĂ© » v6 montre que le mort n’est plus qu’une chose, alors que le curĂ©, bien vivant, a des aspirations, des envies, d’ agrĂ©able[s] pensĂ©e[s] » v29. c La tonalitĂ© Ces oppositions permettent Ă  La Fontaine de crĂ©er dans cette fable une tonalitĂ© particuliĂšre, mĂȘlĂ©e de grivoiserie, avec les mentions des cotillons », de la niĂšce », de la chambriĂšre » v26-28 et d’humour noir, avec le curĂ© libidineux qui chemine au cĂŽtĂ© du mort en direction du cimetiĂšre, et la chute qui mĂȘle leurs deux destins. Le texte est par ailleurs ironique les reprises nominales font d’ un mort » Monsieur le mort » dans la bouche du curĂ©, et cette appellation ironique puisque faussement respectueuse est parodiĂ©e par l’auteur qui qualifie le curĂ© de Messire Jean Chouart ». De plus, afin de montrer la cupiditĂ© du curĂ© qui compte ce que pourra lui rapporter cet enterrement, le mort est par deux fois appelĂ© son mort », comme si le curĂ© s’était dĂ©jĂ  appropriĂ© les revenus dus Ă  celui-ci. L’auteur fait un jeu de mots au vers 37, car le curĂ© comptait » sur son mort, au sens d’ espĂ©rait », mais aussi au sens concret de faisait les comptes ». A partir d’une anecdote rĂ©ellement arrivĂ©e, La Fontaine construit une fable plaisante, tant par le rythme du rĂ©cit que par les caractĂ©ristiques donnĂ©es aux protagonistes ou par la tonalitĂ© toute particuliĂšre de la fable. A travers le personnage du curĂ©, La Fontaine se livre Ă  une satire fĂ©roce du clergĂ©, car ce curĂ© apparaĂźt comme un bon vivant. II. La satire du clergĂ© a La dĂ©pravation des mƓurs Le curĂ© mis en scĂšne par La Fontaine apparaĂźt comme un ĂȘtre dĂ©pravĂ©. Avec l’argent de l’enterrement, il rĂȘve d’acheter une feuillette », c’est-Ă -dire un tonneau, du meilleur vin des environs » ; La Fontaine s’inscrit dans la tradition anti-clĂ©ricale qui voit dans les hommes d’Eglise des ivrognes invĂ©tĂ©rĂ©s. Son autre projet est d’acheter des cotillons », des jupons, Ă  sa niĂšce et Ă  sa femme de chambre ; La Fontaine fait du curĂ© de sa fable un homme lascif. Le thĂšme de la sensualitĂ© est tout d’abord Ă©voquĂ© dans les vers consacrĂ©s au mort, qui ne connaĂźtra plus les jouissances de la chair son cercueil est dĂ©signĂ© par trois fois comme une robe », dont les morts ne peuvent se dĂ©vĂȘtir v7-8. Il est repris dans l’ agrĂ©able pensĂ©e » v29 du curĂ© qui veut acheter des dessous pour certaine niĂšce » et une chambriĂšre nommĂ©e PĂąquette », dont le nom Ă©voque une femme lĂ©gĂšre. Le curĂ© apparaĂźt donc comme un individu lubrique, qui profite de son ascendant social et moral sur sa femme de chambre, et a mĂȘme des pensĂ©es incestueuses avec sa niĂšce. La Fontaine charge le portrait, en appelant, par deux fois, le curĂ© Messire Jean Chouart » v18,31 Messire » est le titre donnĂ© aux gens d’Eglise ; Jean Chouart » est une rĂ©fĂ©rence Ă  Rabelais, qui dĂ©signe ainsi, dans Pantagruel ou le Quart Livre, le sexe masculin. Le personnage est donc rĂ©duit Ă  son organe, ce qui montre son cĂŽtĂ© jouisseur ; l’association du titre qui rappelle son statut d’homme d’Eglise, son cĂŽtĂ© spirituel, et du pĂ©nis qui renvoie au cĂŽtĂ© sensuel de l’homme est fĂ©rocement satirique. Le curĂ© est montrĂ© comme un ĂȘtre dĂ©pravĂ© qui est prĂȘt Ă  cĂ©der au pĂ©chĂ© de luxure. b La cupiditĂ© Le curĂ© est par ailleurs montrĂ© comme un ĂȘtre cupide, intĂ©ressĂ© seulement par l’argent que peut lui rapporter le mort. Par une pensĂ©e charitable pour notre dĂ©funt » ne vient au pasteur ». Il ne songe qu’à ce qu’il va gagner il ne s’agit que du salaire » v17, j’aurai de vous tant en argent, et tant en cire, et tant en autres menus coĂ»ts » v21-23. La rĂ©pĂ©tition de tant » dĂ©voile les calculs auxquels se livre le prĂȘtre, qui comptabilise sa rĂ©tribution, l’argent payĂ© par les fidĂšles pour les cierges et les dĂ©tails du service funĂšbre. Son mort » devient donc pour le curĂ© un trĂ©sor », qu’il couve » des yeux, ce qui traduit bien sa cupiditĂ©. Le jeu de mots final le curĂ© Chouart, qui sur son mort comptait » rappelle une derniĂšre fois au lecteur le caractĂšre intĂ©ressĂ© du prĂȘtre. Au rebours de toutes les valeurs chrĂ©tiennes, le mort devient donc pour l’Eglise une valeur marchande. Il n’est plus qu’une chose, dont on oublie l’ñme, bien et dĂ»ment empaquetĂ© » que l’on emmĂšne au cimetiĂšre au plus vite » pour toucher son salaire ». L’insistance de La Fontaine sur la biĂšre » v7, le plomb » v33 montre la rĂ©ification de la personne pour le clergĂ©, qui ne se prĂ©occupe pas de spiritualitĂ© mais se rĂ©vĂšle mercantile. Les pensĂ©es du prĂȘtre mettent en valeur la relation conçue sur l’échange et le profit on vous en donnera [des priĂšres] de toutes les façons » et j’aurai de vous tant [
] ». c L’hypocrisie En mettant au jour les pĂ©chĂ©s des gens d’Eglise, qui cĂšdent facilement Ă  l’avarice et Ă  la luxure, La Fontaine fait surtout ressortir leur hypocrisie. C’est sous prĂ©texte de spiritualitĂ© et de salut de l’ñme que sont dites les priĂšres et effectuĂ©es les cĂ©rĂ©monies religieuses. Or, dans ce texte, le fabuliste met en opposition les paroles effectivement prononcĂ©es et les pensĂ©es rĂ©elles du prĂȘtre. Il rĂ©citait, Ă  l’ordinaire, / Maintes dĂ©votes oraisons, / Et des psaumes, et des leçons, / Et des versets, et des rĂ©pons » trois vers sont consacrĂ©s Ă  l’énumĂ©ration des diffĂ©rentes priĂšres chantĂ©es ou lues par le curĂ©, avec la rĂ©pĂ©tition et l’anaphore de la conjonction et » qui marque l’accumulation. DerriĂšre cette dĂ©monstration de religiositĂ© et de foi, se dissimulent des pensĂ©es non avouables On vous en donnera de toutes les façons ; / Il ne s’agit que du salaire ». L’ingĂ©niositĂ© de La Fontaine consiste Ă  inverser dans la fable les procĂ©dĂ©s attendus les priĂšres prononcĂ©es sont rapportĂ©es de façon indirecte, tandis que les pensĂ©es du curĂ© sont rapportĂ©es au style direct. Celles-ci prennent donc plus de relief, et paraissent plus vraies que les litanies de priĂšres dĂ©bitĂ©es effectivement. De plus, le curĂ© semble se moquer du mort s’adressant mentalement Ă  lui, il le nargue, en l’appelant Monsieur le Mort » et en Ă©numĂ©rant les profits rĂ©alisĂ©s grĂące Ă  lui. L’anecdote permet donc Ă  La Fontaine de livrer une virulente satire des hommes d’Eglise, montrĂ©s comme des ĂȘtres dĂ©pravĂ©s, cupides et hypocrites. Mais la fable n’est pas seulement ironique elle invite Ă  rĂ©flĂ©chir sur l’humaine condition. III. Une rĂ©flexion sur la condition humaine Dans les trois derniers vers, sĂ©parĂ©s du texte par un espace, et qui apparaissent comme la moralitĂ© de la fable, La Fontaine estime que le curĂ© Chouart », c’est-Ă -dire l’aventure du curĂ© Chouart, est proprement toute notre vie ». Le lecteur est donc amenĂ© Ă  voir dans cet apologue une image de sa propre destinĂ©e. a La finitude En choisissant comme personnages un mort et un curĂ© qui meurt, La Fontaine montre le destin humain sous le signe de la finitude. Il attire notre attention sur notre devenir commun, en insistant sur le cercueil, et en faisant part de son chagrin personnel une robe, hĂ©las ! qu’on nomme biĂšre ». Il tente cependant une dĂ©dramatisation en prĂ©sentant le mort avec des caractĂ©ristiques de vivant la terre est son dernier gĂźte », il est vĂȘtu d’une robe », et se rĂ©vĂšle, Ă  son insu, acteur de la fin du curĂ© le Paroissien en plomb entraĂźne son pasteur ». Mais si l’auteur, dans ses interventions, refuse d’évoquer le mort de façon morbide, le personnage du curĂ©, on l’a vu, le renvoie Ă  sa finitude en le considĂ©rant comme une chose, dont il peut tirer profit. La brutalitĂ© de la chute rappelle d’ailleurs au lecteur que nul n’est Ă  l’abri La Fontaine utilise le paradoxe de l’anecdote pour rendre compte des alĂ©as de la fortune, qui peuvent ĂȘtre tragiques. Les deux personnages mis en opposition tout le long de la fable, l’un mort et n’ayant plus droit Ă  rien, l’autre bien vivant et plein d’espĂ©rance, se retrouvent unis dans le mĂȘme destin tous deux s’en vont de compagnie ». Le chiasme dĂ©veloppĂ© dans les vers 33-34 suggĂšre le retournement de situation complet et rapide qui s’opĂšre. Le curĂ© en mourant devient lui aussi chose sans volontĂ© et sans pouvoir, soumis Ă  la fatalitĂ© le mort l’ entraĂźne », lui suit ». La reprise du verbe s’en aller » s’en vont », v35, prĂ©sent dans le premier vers, et conjuguĂ© cette fois-ci au pluriel clĂŽt le rĂ©cit sur une idĂ©e de fin totale. b Le pouvoir de l’imagination Ce n’est pas seulement sur ce thĂšme que La Fontaine veut faire rĂ©flĂ©chir le lecteur ; la mĂȘme anecdote racontĂ©e par Madame de SĂ©vignĂ© dans sa lettre du 26 fĂ©vrier 1672 tenait en trois phrases M. de Boufflers a tuĂ© un homme aprĂšs sa mort. Il Ă©tait dans sa biĂšre et en carrosse on le menait Ă  une lieue de Boufflers pour l’enterrer ; son curĂ© Ă©tait avec le corps. On verse ; la biĂšre coupe le cou au pauvre curĂ©. » Ce qui l’a frappĂ©e est le paradoxe de cette mort inattendue. La Fontaine, s’il ne nĂ©glige pas cet aspect, a dĂ©veloppĂ© son rĂ©cit en y intĂ©grant les pensĂ©es intimes du curĂ©, et en modifiant ainsi la portĂ©e de l’anecdote. Celle-ci a donc pour thĂ©matique l’imagination. La morale est d’ailleurs explicite, ce qu’il faut retenir de cet apologue est que le curĂ© comptait » sur le Mort » comme Perrette comptait sur le Pot au lait ». L’auteur invite donc le lecteur Ă  comparer les deux fables afin d’en dĂ©gager le sens moral. La LaitiĂšre et le Pot au lait » raconte la rĂȘverie d’une laitiĂšre sur le profit qu’elle imagine pouvoir tirer de son lait, et se voit dĂ©jĂ  acheter des poulets, puis un cochon, une vache et un veau ; mais dans l’exaltation de ses pensĂ©es, elle fait tomber son pot adieu veau, vache, cochon, couvĂ©e ». La Fontaine rĂ©utilise l’expression, mais de façon moins dĂ©veloppĂ©e dans Le CurĂ© et le Mort » adieu le char ». La fable invite donc Ă  prendre en considĂ©ration le pouvoir de l’imagination qui dirige nos vies. c Une vision pessimiste de la vie Le lecteur constate toutefois une diffĂ©rence de taille entre les deux fables. Certes, le thĂšme et la progression du rĂ©cit sont les mĂȘmes, mais la fable de La LaitiĂšre » s’inscrit dans une thĂ©matique de vie, avec l’évocation des animaux et de leur prolifĂ©ration ; la fable du CurĂ© » est empreinte de mort. Surtout, la rĂȘverie de la LaitiĂšre suscite de la part du lecteur une certaine identification, comme de la part de l’auteur Quel esprit ne bat la campagne ? [
] Quand je suis seul, je fais au plus brave un dĂ©fi [
] Quelque accident fait-il que je rentre en moi-mĂȘme, / Je suis gros Jean comme devant ». La morale de la fable Le CurĂ© et le Mort » n’est pas lyrique, et si le fabuliste invite Ă  se reconnaĂźtre dans le destin du curĂ© avec l’utilisation de la premiĂšre personne du pluriel notre vie », v36, la tonalitĂ© est diffĂ©rente. L’imagination chez l’homme est telle qu’elle permet des suppositions et des rĂȘveries mĂȘme Ă  propos des morts, rien ne l’arrĂȘte elle transforme mĂȘme l’homme en ĂȘtre cynique et amoral, pour qui tout support est bon, tant qu’il permet l’espoir et l’essor de l’imagination. Conclusion Avec Le CurĂ© et le Mort », La Fontaine a Ă©crit un rĂ©cit plaisant, au rythme alerte, aux effets variĂ©s, d’une tonalitĂ© originale, mĂȘlant l’humour et l’ironie. L’opposition des personnages permet de mettre en valeur les dĂ©fauts du curĂ© lascif, cupide et hypocrite, Ă  travers lequel La Fontaine fait une satire virulente des gens du clergĂ©, qui se prĂ©occupent de notions plus matĂ©rielles que spirituelles. Cette fable est aussi l’occasion pour le fabuliste de dĂ©velopper la rĂ©flexion amorcĂ©e avec La LaitiĂšre et le Pot au lait » sur le pouvoir de l’imagination qui nous Ă©loigne du rĂ©el ; dans Le CurĂ© et le Mort », elle apparaĂźt comme aussi nĂ©cessaire que l’espĂ©rance, mais liĂ©e Ă  l’égoĂŻsme fondamental de l’ĂȘtre humain.
Du"Roman de Renart" au Moyen Âge Ă  "La ferme des animaux" d'Orwell en passant par les fables de La Fontaine, les animaux ont toujours Ă©tĂ© prĂ©sents dans la littĂ©rature. DĂ©cryptage. FABLES J. de La Fontaine Fiche de lecture Jean de La Fontaine 1621-1695 a quarante-six ans quand, en mars 1668, Barbin, Ă©diteur prestigieux de Boileau et de Racine, fait paraĂźtre les six premiers livres des Fables choisies et mises en vers par M. de La Fontaine. Elles sont prĂ©cĂ©dĂ©es d'une ÉpĂźtre Ă  Monseigneur le Dauphin, le fils de Louis XIV, alors ĂągĂ© de sept ans ; d'une PrĂ©face qui proclame que [
] [
] Lire la suite LA FONTAINE JEAN DE 1621-1695 Écrit par Tiphaine ROLLAND ‱ 3 158 mots ‱ 3 mĂ©dias La Fontaine est Ă  la fois l’auteur le plus unanimement cĂ©lĂ©brĂ© de la littĂ©rature française et l’un des plus difficiles Ă  saisir. Un peu comme Perrault avec ses Contes du temps passĂ©, il s’est identifiĂ© avec le genre ancien qu’il a rĂ©novĂ© ses Fables rĂ©sonnent partout, dans les Ă©coles primaires qui les inscrivent dans les mĂ©moires juvĂ©niles, comme Ă  l’univer [
] [
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] Lire la suite 4heures. 20 points. IntĂ©rĂȘt du sujet ‱ Ce sujet va vous permettre de vous interroger sur la rĂ©ception des Fables de La Fontaine et de rĂ©flĂ©chir Ă  une question que se posait dĂ©jĂ  Rousseau : ces apologues sont-ils adaptĂ©s Ă  des enfants ? 1. Contraction ‱ RĂ©alisez la contraction du texte de Jean-Jacques Rousseau en 250 mots. Vous devrez respecter BAC DE FRANCAIS 2023. Les nouveaux programmes de français 2023 sont sortis. Un quart du programme est renouvelĂ© pour l’annĂ©e 2022-2023. Il s’agit de l’objet d’étude romanesque. 1. PremiĂšre gĂ©nĂ©rale les nouveaux programmes de français 2023 A/ƒuvres renouvelĂ©es Le roman est l’objet d’étude renouvelĂ© et portera sur les oeuvres suivantes Balzac, La Peau de chagrin s’inscrivant dans le parcours les romans de l’énergie crĂ©ation et destruction ».AbbĂ© PrĂ©vost, Manon Lescaut s’inscrivant dans le parcours personnages en marge, plaisirs du romanesque ».Colette, Sido suivi de Les Vrilles de la vigne s’inscrivant dans le parcours la cĂ©lĂ©bration du monde ». B/ƒuvres maintenues La poĂ©sie du XIXe siĂšcle au XXIe siĂšcle Victor Hugo, Les Contemplations, livres I Ă  IV / parcours les mĂ©moires d’une Baudelaire, Les Fleurs du Mal / parcours alchimie poĂ©tique la boue et l’ Apollinaire, Alcools / parcours modernitĂ© poĂ©tique ? La littĂ©rature d’idĂ©es du XVIe siĂšcle au XVIIIe siĂšcle Montaigne, Essais, Des Cannibales », I, 31 ; Des Coches », III, 6 [translation en français moderne autorisĂ©e] /parcours notre monde vient d’en trouver un de La Fontaine, Fables livres VII Ă  XI / parcours imagination et pensĂ©e au XVIIe Lettres persanes / parcours le regard Ă©loignĂ©. C/ Le théùtre du XVII au XXIĂšme siĂšcle MoliĂšre, Le Malade imaginaire / parcours spectacle et comĂ©die ».Marivaux, Les Fausses Confidences / parcours théùtre et stratagĂšme ».Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde / parcours crise personnelle, crise familiale ». PremiĂšre de la voie technologique A/ƒuvres renouvelĂ©es Le théùtre du XVIIe siĂšcle au XXe siĂšcle MoliĂšre, Le Malade imaginaire / parcours spectacle et Les Fausses confidences / parcours théùtre et Lagarce, Juste la fin du monde / parcours crise personnelle, crise familiale. B/ƒuvres maintenues La poĂ©sie du XIXe siĂšcle au XXIe siĂšcle Victor Hugo, Les Contemplations, livres I Ă  IV / parcours les mĂ©moires d’une Baudelaire, Les Fleurs du Mal / parcours alchimie poĂ©tique la boue et l’ Apollinaire, Alcools / parcours modernitĂ© poĂ©tique ? La littĂ©rature d’idĂ©es du XVIe siĂšcle au XVIIIe siĂšcle Montaigne, Essais, Des Cannibales », I, 31 ; Des Coches », III, 6 [translation en français moderne autorisĂ©e] /parcours notre monde vient d’en trouver un de La Fontaine, Fables livres VII Ă  XI / parcours imagination et pensĂ©e au XVIIe Lettres persanes / parcours le regard Ă©loignĂ©. Le roman et le rĂ©cit du Moyen Âge au XXIe siĂšcle Madame de Lafayette, La Princesse de ClĂšves / parcours individu, morale et Le Rouge et Noir / parcours le personnage de roman, esthĂ©tiques et Yourcenar MĂ©moires d’Hadrien / parcours soi-mĂȘme comme un autre. BAC DE FRANCAIS 2023 conclusion Pour aller plus loin dans votre prĂ©paration du bac de francais 2023 –les programmes officiels du ministĂšre 2021 –La dissertation Navigation des articles Pour s'amĂ©liorer en français
Parcours: Imagination et pensĂ©e au XVIIe siĂšcle Études transversale n° 1 : Les Fables, Jean de La Fontaine, 1678. : Classique & Cie] Textes de l’Ɠuvre intĂ©grale: - 80 Ă  88, François de La Rochefoucauld, 1678. Explication linĂ©aire n°1 : « La Cour du Lion », livre VII, 6. Explication linĂ©aire n°2 : « L’Homme et la Couleuvre », livre X, 1. Explication linĂ©aire n° 3
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Jeande La Fontaine, Fables livres VII à XI : parcours imagination et pensée au XVIIe siÚcle : 1re bac français Fiche technique Format : Broché Nb de pages : 103 pages Poids : 140 g Dimensions : 14cm X 19cm Date de parution : 02/01/2020 ISBN : 93-8 EAN : 9782091864938

INSTRUIRE ET PLAIRELes auteurs des XVIIĂšme et XVIIIĂšme siĂšcles ne pouvaient se satisfaire pleinement du discours didactique sĂ©rieux ils ont donc conçu des stratĂ©gies qui servaient leur engagement et mĂ©nageaient le plaisir de la AUX ARMES DE L'ESPRITHĂ©ritiĂšre de l'apologue antique, la fable emprunte chez Jean de La Fontaine cent masques divers, et se glisse dans les allĂ©es du pouvoir. Charles Perrault, de son cĂŽtĂ©, redonne vie au conte populaire et Voltaire, un peu plus tard, mĂȘle critique et fantaisie, dans le conte philosophique. D'autres, pendant ce temps, tracent des chemins originaux, prĂ©fĂ©rant les formes brĂšves ou dialoguĂ©es. DES FABLES POUR PLAIRE ET INSTRUIRE...Sources anciennes Lorsqu'en 1668 paraĂźt le recueil intitulĂ© Fables choisies mises en vers par M. de La Fontaine, leur auteur a 47 ans. Le genre n'est pas nouveau le Grec ESOPE VIĂšme siĂšcle av. vient d'ĂȘtre traduit en latin et un autre fabuliste, PHEDRE Latin du 1er siĂšcle ap. avait enseignĂ© une morale en privilĂ©giant la mise en scĂšne d'animaux. La Fontaine reconnaĂźt qu'il imite ces grands prĂ©dĂ©cesseurs, mais il revendique une volontĂ© nouvelle avec le "charme et l'air agrĂ©able" de la poĂ©sie, "habiller des livrĂ©es des Muses", des historiettes destinĂ©es Ă  "instruire et plaire".240 fables en 25 ans !Le succĂšs des six premiers livres du 1er recueil est immĂ©diat aprĂšs deux rĂ©impressions de 1668, il y aura trois rééditions l'annĂ©e suivante. DĂ©sormais, La Fontaine ne cesse plus de composer son intense activitĂ© poĂ©tique donne naissance, en mai 1678, aux livres VII et VIII de la nouvelle Ă©dition, suivis en 1679 des livres IX Ă  XI. Le livre XII clĂŽt le recueil de lyriques, satiriques ou philosophiques..."Je me sers d'animaux pour instruire les hommes", affirme le fabuliste. Il renoue avec la fable animaliĂšre cf. ESOPE ou PHEDRE, les animaux sont les protagonistes privilĂ©giĂ©s et sont dotĂ©s de caractĂ©ristiques traditionnelles qui permettent de glisser des critiques et de faire rĂ©flĂ©chir sur les comportements. La fantaisie poĂ©tique s'Ă©panouit en une "comĂ©die Ă  cent actes divers", dont les acteurs se nomment "Le Corbeau et le Renard", "Le Loup et le Chien", mais aussi "L'HuĂźtre et les plaideurs", "Le ChĂȘne et le Roseau"...La 2Ăšme livraison des Fables ajoute une autre source d'inspiration l'Indien PILPAY IIIĂšme siĂšcle. Les sujets sont dĂ©sormais plus politiques, religieux et philosophiques, la poĂ©sie Ă©lĂ©giaque fait son apparition "Les Animaux malades de la peste", "Le Vieillard et les trois jeunes gens", "Les Deux Pigeons" notamment appartiennent Ă  cette galerie de nouveaux aussi chez PILPAY que La Fontaine trouvera ses modĂšles pour les fables du livre XII l'intervention du fabuliste se fait plus nette et la rĂ©flexion philosophique domine dans "Le Cerf malade", "Le Singe" ou "Le Philosophe scythe".Le corps et l'Ăąme de la fableLues et Ă©tudiĂ©es dans les Ă©coles du vivant de leur auteur, les Fables accompagnĂšrent par la suite des gĂ©nĂ©rations d'Ă©lĂšves dans l'apprentissage de la nature humaine et de la vie en sociĂ©tĂ©. Les Fables ont une apparence simple l'univers des animaux est proche de l'enfance, la leçon est souvent donnĂ©e explicitement Ă  la fin... Pourtant elles sont souvent plus ambiguĂ«s qu'il n'y paraĂźt. Elles recĂšlent des nuances subtiles. OEuvre ouverte, parfois contradictoire, jamais dĂ©finitive, les Fables sont tantĂŽt lues comme un Ă©loge appuyĂ© de l'ordre monarchique, tantĂŽt comprises comme une dĂ©nonciation des abus de ce mĂȘme pouvoir. Elles posent aussi sur l'humanitĂ© un regard sombre et fĂ©roce. La satire permet Ă©galement de se moquer des petits et des grands travers des les Fables sont d'abord une oeuvre poĂ©tique utilisant toutes les ressources de la mĂ©trique, jouant sur les rythmes et les sonoritĂ©s, elles crĂ©ent un univers autonome. Les hommes et les animaux surgissent dans la vĂ©ritĂ© de leur caractĂšre, au milieu de paysages familiers, et toujours sous le regard amusĂ© de La Fontaine. QUAND LA FONTAINE FAIT L’ELOGE DE L’APOLOGUE 
L'apologue est composĂ© de deux parties, dont on peut appeler l'une le corps, l'autre l'Ăąme. Le corps est la fable ; l'Ăąme, la moralitĂ©. PrĂ©face des FablesPlutĂŽt que d'ĂȘtre rĂ©duits Ă  corriger nos habitudes, il faut travailler Ă  les rendre bonnes pendant qu'elles sont encore indiffĂ©rentes au bien ou au mal. Or quelle mĂ©thode y peut contribuer plus utilement que ces fables ? Dites Ă  un enfant que Crassus, allant contre les Parthes, s'engagea dans leur pays sans considĂ©rer comment il en sortirait ; que cela le fit pĂ©rir, lui et son armĂ©e, quelque effort qu'il fit pour se retirer. Dites au mĂȘme enfant que le renard et le bouc descendirent au fond d'un puits pour y Ă©teindre leur soif ; que le renard en sortit s'Ă©tant servi des Ă©paules et des cornes de son camarade comme d'une Ă©chelle ; au contraire, le bouc y demeura pour n'avoir pas eu tant de prĂ©voyance ; et par consĂ©quent il faut considĂ©rer en toute chose la fin . Je demande lequel de ces deux exemples fera le plus d'impression sur cet enfant ne s'arrĂȘtera-t-il pas au dernier, comme plus conforme et moins disproportionnĂ© que l'autre Ă  la petitesse de son esprit ? PrĂ©face des FablesS'il y a quelque chose d'ingĂ©nieux dans la rĂ©publique des lettres, on peut dire que c'est la maniĂšre dont Esope a dĂ©bitĂ© sa morale. Il serait vĂ©ritablement Ă  souhaiter que d'autres mains que les miennes y eussent ajoutĂ© les ornements de la poĂ©sie, puisque le plus sage des anciens a jugĂ© qu'ils n'y Ă©taient pas inutiles. J'ose, Monseigneur, vous en prĂ©senter quelques essais. C'est un entretien convenable Ă  vos premiĂšres annĂ©es. Vous ĂȘtes en un Ăąge oĂč l'amusement et les jeux sont permis aux princes; mais en mĂȘme temps, vous devez donner quelques unes de vos pensĂ©es Ă  des rĂ©flexions sĂ©rieuses. Tout cela se rencontre aux fables que nous devons Ă  Esope. L'apparence en est puĂ©rile, je le confesse, mais ces puĂ©rilitĂ©s servent d'enveloppe Ă  des vĂ©ritĂ©s importantes. [
] DĂ©dicace des Fables A Monseigneur le DauphinLes fables ne sont pas ce qu'elles semblent ĂȘtre ;Le plus simple animal nous y tient lieu de morale nue apporte de l'ennui Le conte fait passer le prĂ©cepte avec ces sortes de feinte il faut instruire et plaire,Et conter pour conter me semble peu d' par cette raison qu'Ă©gayant leur esprit,Nombre de gens fameux en ce genre ont ont fui l'ornement et le trop d' ne voit point chez eux de parole perdue. DĂ©but de la fable Le pĂątre et le lion, Livre VIL'apologue est un don qui vient des Immortels; Ou, si c'est un prĂ©sent des hommes,Quiconque nous l'a fait mĂ©rite des autels Nous devons, tous tant que nous sommes, Eriger en divinitĂ©Le sage par qui fut ce bel art proprement un charme il rend l'Ăąme attentive, Ou plutĂŽt il la tient captive, Nous attachant Ă  des rĂ©citsQui mĂšnent Ă  son grĂ© les coeurs et les esprits.DĂ©dicace du second recueil des Fables Ă  Mme de Montespan SATIREPiĂšce de vers oĂč l'auteur attaque les vices et les ridicules de son temps. Pamphlet ordinairement mĂȘlĂ© de prose et de vers, dans lequel on s'attaque aux mƓurs publiques. Écrit, propos, Ɠuvre par lesquels on raille ou on critique vivement quelqu'un ou quelque chose par exemple un film peut ĂȘtre une satire des mƓurs LA FONTAINE dans ses Fables, VOLTAIRE dans ses contes philosophiques, mettent en oeuvre une plume satirique ils recourent volontiers Ă  l'ironie ce qui exige du lecteur un dĂ©cryptage du texte mais aussi au registre satirique. En effet, ils s'ingĂ©nient Ă  ridiculiser les travers de la sociĂ©tĂ© et des hommes. Ainsi le moraliste et le philosophe amĂšnent le lecteur Ă  dĂ©gager l'implicite de leurs rĂ©cits. La lecture doit donc ĂȘtre active et vigilante puisqu'il faut repĂ©rer les indices de l'ironie et les procĂ©dĂ©s de la satire. La dimension critique des fables et des contes philosophiques demande une attention aiguĂ« car il faut ĂȘtre en mesure de reformuler explicitement les messages critiques sous-entendus. LA FONTAINE recourt aussi assez souvent au discours indirect libre pour mettre Ă  distance des propos qui doivent nous paraĂźtre scandaleux, comme lors des rĂ©actions des courtisans dans "Les Animaux malades de la peste" pour dĂ©signer le pauvre Ane - qui n'est guĂšre coupable en vĂ©ritĂ© mais qui sera sacrifiĂ© par la communautĂ© animale - , le fabuliste use des mots "pelĂ©", "galeux", "maudit animal" pour traduire les propos haineux de ses attaquants. La Fontaine donne Ă  entendre la mauvaise foi des puissants qui s'en prennent aisĂ©ment aux petites gens pour conjurer les flĂ©aux tels que la peste. La morale explicite confirme cette lecture et l'enjeu critique de la fable "Selon que vous serez puissant ou misĂ©rable Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir." LA FONTAINE L'Homme et la CouleuvreUn Homme vit une Couleuvre. Ah ! mĂ©chante, dit-il, je m'en vais faire une oeuvre AgrĂ©able Ă  tout l'univers. A ces mots, l'animal pervers C'est le serpent que je veux dire Et non l'homme on pourrait aisĂ©ment s'y tromper, A ces mots, le serpent, se laissant attraper, Est pris, mis en un sac ; et, ce qui fut le pire, On rĂ©solut sa mort, fĂ»t-il coupable ou non. Afin de le payer toutefois de raison, L'autre lui fit cette harangue Symbole des ingrats, ĂȘtre bon aux mĂ©chants, C'est ĂȘtre sot, meurs donc ta colĂšre et tes dents Ne me nuiront jamais. Le Serpent, en sa langue, Reprit du mieux qu'il put S'il fallait condamner Tous les ingrats qui sont au monde, A qui pourrait-on pardonner ? Toi-mĂȘme tu te fais ton procĂšs. Je me fonde Sur tes propres leçons ; jette les yeux sur toi. Mes jours sont en tes mains, tranche-les ta justice, C'est ton utilitĂ©, ton plaisir, ton caprice ; Selon ces lois, condamne-moi ; Mais trouve bon qu'avec franchise En mourant au moins je te dise Que le symbole des ingrats Ce n'est point le serpent, c'est l'homme. Ces paroles Firent arrĂȘter l'autre ; il recula d'un pas. Enfin il repartit Tes raisons sont frivoles Je pourrais dĂ©cider, car ce droit m'appartient ; Mais rapportons-nous-en. Soit fait, dit le reptile. Une Vache Ă©tait lĂ , l'on l'appelle, elle vient ; Le cas est proposĂ© ; c'Ă©tait chose facile Fallait-il pour cela, dit-elle, m'appeler ? La Couleuvre a raison ; pourquoi dissimuler ? Je nourris celui-ci depuis longues annĂ©es ; Il n'a sans mes bienfaits passĂ© nulles journĂ©es ; Tout n'est que pour lui seul ; mon lait et mes enfants Le font Ă  la maison revenir les mains pleines ; MĂȘme j'ai rĂ©tabli sa santĂ©, que les ans Avaient altĂ©rĂ©e, et mes peines Ont pour but son plaisir ainsi que son besoin. Enfin me voilĂ  vieille ; il me laisse en un coin Sans herbe ; s'il voulait encor me laisser paĂźtre ! Mais je suis attachĂ©e ; et si j'eusse eu pour maĂźtre Un serpent, eĂ»t-il su jamais pousser si loin L'homme, tout Ă©tonnĂ© d'une telle sentence, Dit au Serpent Faut-il croire ce qu'elle dit ? C'est une radoteuse ; elle a perdu l'esprit. Croyons ce Boeuf. Croyons, dit la rampante bĂȘte. Ainsi dit, ainsi fait. Le Boeuf vient Ă  pas lents. Quand il eut ruminĂ© tout le cas en sa tĂȘte, Il dit que du labeur des ans Pour nous seuls il portait les soins les plus pesants, Parcourant sans cesser ce long cercle de peines Qui, revenant sur soi, ramenait dans nos plaines Ce que CĂ©rĂšs nous donne, et vend aux animaux ; Que cette suite de travaux Pour rĂ©compense avait, de tous tant que nous sommes, Force coups, peu de grĂ© ; puis, quand il Ă©tait vieux, On croyait l'honorer chaque fois que les hommes Achetaient de son sang l'indulgence des Dieux. Ainsi parla le Boeuf. L'Homme dit Faisons taire Cet ennuyeux dĂ©clamateur ; Il cherche de grands mots, et vient ici se faire, Au lieu d'arbitre, accusateur. Je le rĂ©cuse aussi. L'arbre Ă©tant pris pour juge, Ce fut bien pis encore. Il servait de refuge Contre le chaud, la pluie, et la fureur des vents ; Pour nous seuls il ornait les jardins et les champs. L'ombrage n'Ă©tait pas le seul bien qu'il sĂ»t faire ; Il courbait sous les fruits ; cependant pour salaire Un rustre l'abattait, c'Ă©tait lĂ  son loyer, Quoique pendant tout l'an libĂ©ral il nous donne Ou des fleurs au Printemps, ou du fruit en Automne ; L'ombre l'EtĂ©, l'Hiver les plaisirs du foyer. Que ne l'Ă©mondait-on, sans prendre la cognĂ©e ? De son tempĂ©rament il eĂ»t encor vĂ©cu. L'Homme trouvant mauvais que l'on l'eĂ»t convaincu, Voulut Ă  toute force avoir cause gagnĂ©e. Je suis bien bon, dit-il, d'Ă©couter ces gens-lĂ . Du sac et du serpent aussitĂŽt il donna Contre les murs, tant qu'il tua la bĂȘte. On en use ainsi chez les grands. La raison les offense ; ils se mettent en tĂȘte Que tout est nĂ© pour eux, quadrupĂšdes, et gens, Et serpents. Si quelqu'un desserre les dents, C'est un sot. J'en conviens. Mais que faut-il donc faire ? - Parler de loin, ou bien se FONTAINE, "L'Homme et la Couleuvre", Fables REMARQUES SUR "L'HOMME ET LA COULEUVRE" L’origine de cet apologue est indienne. Voyez le Livre des lumiĂšres, ch. III, fable 3, et le Pantcha Tantra, traduit par l’abbĂ© Dubois, Paris, 1826, p. 39 Ă  54. Remarquez dans l’apologue indien l’intervention d’un autre personnage qui accentue bien plus vivement la conclusion. L’homme a sauvĂ© le serpent des flammes en lui tendant un sac au bout d’une perche. Il l’a laissĂ© sortir du sac, et c’est alors que le serpent veut mordre son bienfaiteur. Au reproche que l’homme lui adresse, il rĂ©pond qu’il ne fait que suivre les exemples que lui-mĂȘme lui donne, et propose d’en appeler au tĂ©moignage de la vache et de l’arbre. Ceux-ci rĂ©pondent comme l’on sait. Mais le renard est consultĂ© Ă  son tour. Il se fait raconter l’aventure ; il feint de mettre en doute que le serpent ait pu entrer dans un si petit sac et demande Ă  voir cela de ses propres yeux. Le serpent, pour le convaincre, rentre dans le renard dit alors Ă  l’homme Tu es maĂźtre de la vie de ton ennemi ; sers-toi de cette occasion ». L’homme ne se le fait pas dire deux fois et Ă©crase le serpent contre une pierre. La leçon, comme on le voit, est digne des temps barbares. La moralitĂ© de La Fontaine "Parler de loin ou bien se taire" n’est guĂšre meilleure ; elle dĂ©cĂšle une Ă©poque trop civilisĂ©e et exprime la prudence et la sagesse vile des courtisans. Illustration de "L'Homme et la Couleuvre" par OUDRY LE LION, LE LOUP ET LE RENARDUn Lion dĂ©crĂ©pit, goutteux, n’en pouvant plus,Voulait que l’on trouvĂąt remĂšde Ă  la vieillesse AllĂ©guer l’impossible aux Rois, c’est un parmi chaque espĂšceManda des MĂ©decins ; il en est de tous arts MĂ©decins au Lion viennent de toutes parts ;De tous cĂŽtĂ©s lui vient des donneurs de les visites qui sont faites,Le Renard se dispense, et se tient clos et Loup en fait sa cour, daube au coucher du RoiSon camarade absent ; le Prince tout Ă  l’heureVeut qu’on aille enfumer Renard dans sa demeure,Qu’on le fasse venir. Il vient, est prĂ©sentĂ© ;Et, sachant que le Loup lui faisait cette affaire Je crains, Sire, dit-il, qu’un rapport peu sincĂšre,Ne m’ait Ă  mĂ©pris imputĂ©D’avoir diffĂ©rĂ© cet hommage ;Mais j’étais en pĂšlerinage ;Et m’acquittais d’un voeu fait pour votre j’ai vu dans mon voyageGens experts et savants ; leur ai dit la langueurDont votre MajestĂ© craint Ă  bon droit la ne manquez que de chaleur Le long Ăąge en vous l’a dĂ©truite D’un Loup Ă©corchĂ© vif appliquez-vous la peauToute chaude et toute fumante ;Le secret sans doute en est beauPour la nature Loup vous servira,S’il vous plaĂźt, de robe de Roi goĂ»te cet avis-lĂ  On Ă©corche, on taille, on dĂ©membreMessire Loup. Le Monarque en soupa,Et de sa peau s’enveloppa ;Messieurs les courtisans, cessez de vous dĂ©truire Faites si vous pouvez votre cour sans vous mal se rend chez vous au quadruple du daubeurs ont leur tour d’une ou d’autre maniĂšre Vous ĂȘtes dans une carriĂšreOĂč l’on ne se pardonne rien. Commentaires et analyses par Chamfort . 5. . . . . Il en est de tous ne sais ce que cela veut dire. Veut-il dire. que , dans toutes les professions , il y a des gens qui se mĂȘlent de mĂ©decine ? en ce cas , cela est mal exprimĂ©. Ce n’est pas sa 10. 
. Daube , au coucher du roi,Son camarade absent. 
On dit, sur ce trait, dans l’éloge de La Fontaine Suis-je dans l’antre du lion ? suis-je Ă  la cour ? On pourrait presque ajouter que. l’illusion se prolonge jusqu’à la fin de cette charmante fable. TĂȘtes de boucTĂȘtes de chatTĂȘtes d'aigleCharles LE BRUN 1619-1690, Etudes physiognomoniques 1668Figure majeure de l'art classique, architecte et dĂ©corateur, Le Brun conduisit les amĂ©nagements du chĂąteau de Versailles pour la plus grande gloire de Louis XIV. Il fut aussi un thĂ©oricien sa rĂ©flexion sur l'influence des Ă©motions dans l'expression du visage objet de la physiognomonie l'a conduit Ă  une sĂ©rie de dessins oĂč il confronte des visages humains et des tĂȘtes animales, afin de tracer des correspondances entre physionomie et caractĂšre. Les frontiĂšres entre hommes et animaux s'en trouvent physiognomonie Ă  pour objet la c UN FABULISTE DU XVIIIĂšme SIECLE FLORIAN 1755-1794La fable et la vĂ©ritĂ©, Fables, livre ILa vĂ©ritĂ©, toute nue,Sortit un jour de son attraits par le temps Ă©taient un peu dĂ©truits ;Jeune et vieux fuyaient Ă  sa pauvre vĂ©ritĂ© restait lĂ  morfondue,Sans trouver un asile oĂč pouvoir ses yeux vient se prĂ©senterLa fable, richement vĂȘtue,Portant plumes et diamants,La plupart faux, mais trĂšs ! Vous voilĂ  ! Bon jour, dit-elle Que faites-vous ici seule sur un chemin ?La vĂ©ritĂ© rĂ©pond vous le voyez, je gĂȘle ;Aux passants je demande en vainDe me donner une retraite,Je leur fais peur Ă  tous hĂ©las ! Je le vois bien,Vieille femme n'obtient plus ĂȘtes pourtant ma cadette,Dit la fable, et, sans vanitĂ©,Partout je suis fort bien reçue Mais aussi, dame vĂ©ritĂ©,Pourquoi vous montrer toute nue ?Cela n'est pas adroit tenez, arrangeons-nous ;Qu'un mĂȘme intĂ©rĂȘt nous rassemble Venez sous mon manteau, nous marcherons le sage, Ă  cause de vous,Je ne serai point rebutĂ©e ;A cause de moi, chez les fousVous ne serez point maltraitĂ©e Servant, par ce moyen, chacun selon son goĂ»t,GrĂące Ă  votre raison, et grĂące Ă  ma folie,Vous verrez, ma soeur, que partoutNous passerons de compagnie. LE CONTE PHILOSOPHIQUE Ce genre triomphe au XVIIIĂšme siĂšcle avec Voltaire exploitant les ingrĂ©dients merveilleux et exotiques du conte, le rĂ©cit suit l'itinĂ©raire vagabond d'un hĂ©ros dont le nom est dĂ©jĂ  un programme Candide, l'IngĂ©nu, MicromĂ©gas... Ses aventures - sur le mode ironique et satirique - tĂ©moignent apparemment de beaucoup de naĂŻvetĂ©, mais elles dĂ©livrent finalement une rĂ©flexion critique sur la politique, la morale ou la religion. Au XXĂšme siĂšcle, on retrouve cette vocation dans des formes brĂšves, Ă  mi-chemin entre le conte et la nouvelle chez Kafka, Buzzati ou DE LA GUERRE DENONCIATION DE L'HORREUR ET DE L'ABSURDITE DE LA GUERRECHAPITRE TROISIEMECOMMENT CANDIDE SE SAUVA D'ENTRE LES BULGARES, ET CE QU'IL DEVINT Rien n'Ă©tait si beau, si leste, si brillant, si bien ordonnĂ© que les deux armĂ©es. Les trompettes, les fifres, les hautbois, les tambours, les canons, formaient une harmonie telle qu'il n'y en eut jamais en enfer. Les canons renversĂšrent d'abord Ă  peu prĂšs six mille hommes de chaque cĂŽtĂ© ; ensuite la mousqueterie ĂŽta du meilleur des mondes environ neuf Ă  dix mille coquins qui en infectaient la surface. La baĂŻonnette fut aussi la raison suffisante de la mort de quelques milliers d'hommes. Le tout pouvait bien se monter Ă  une trentaine de mille Ăąmes. Candide, qui tremblait comme un philosophe, se cacha du mieux qu'il put pendant cette boucherie hĂ©roĂŻque. Enfin, tandis que les deux rois faisaient chanter des Te Deum chacun dans son camp, il prit le parti d'aller raisonner ailleurs des effets et des causes. Il passa par-dessus des tas de morts et de mourants, et gagna d'abord un village voisin ; il Ă©tait en cendres c'Ă©tait un village abare que les Bulgares avaient brĂ»lĂ©, selon les lois du droit public. Ici des vieillards criblĂ©s de coups regardaient mourir leurs femmes Ă©gorgĂ©es, qui tenaient leurs enfants Ă  leurs mamelles sanglantes ; lĂ  des filles Ă©ventrĂ©es aprĂšs avoir assouvi les besoins naturels de quelques hĂ©ros rendaient les derniers soupirs ; d'autres, Ă  demi brĂ»lĂ©es, criaient qu'on achevĂąt de leur donner la mort. Des cervelles Ă©taient rĂ©pandues sur la terre Ă  cĂŽtĂ© de bras et de jambes coupĂ©s. Candide s'enfuit au plus vite dans un autre village il appartenait Ă  des Bulgares, et des hĂ©ros abares l'avaient traitĂ© de mĂȘme. Candide, toujours marchant sur des membres palpitants ou Ă  travers des ruines, arriva enfin hors du théùtre de la guerre, portant quelques petites provisions dans son bissac, et n'oubliant jamais Mlle CunĂ©gonde. Ses provisions lui manquĂšrent quand il fut en Hollande ; mais ayant entendu dire que tout le monde Ă©tait riche dans ce pays-lĂ , et qu'on y Ă©tait chrĂ©tien, il ne douta pas qu'on ne le traitĂąt aussi bien qu'il l'avait Ă©tĂ© dans le chĂąteau de monsieur le baron avant qu'il en eĂ»t Ă©tĂ© chassĂ© pour les beaux yeux de Mlle du chapitre 3 de Candide - Voltaire Caricature de VOLTAIRE par SAVIGNAC SATIRE DE LA JUSTICE ZADIG OU LA DESTINEE, VOLTAIRE Un jour, se promenant auprĂšs d'un petit bois, il vit accourir Ă  lui un eunuque de la reine, suivi de plusieurs officiers qui paraissaient dans la plus grande inquiĂ©tude, et qui couraient çà et lĂ  comme des hommes Ă©garĂ©s qui cherchent ce qu'ils ont perdu de plus prĂ©cieux. Jeune homme, lui dit le premier eunuque, n'avez-vous point vu le chien de la reine ? » Zadig rĂ©pondit modestement C'est une chienne, et non pas un chien. » Vous avez raison, reprit le premier eunuque. — C'est une Ă©pagneule trĂšs petite, ajouta Zadig ; elle a fait depuis peu des chiens ; elle boite du pied gauche de devant, et elle a les oreilles trĂšs longues. — Vous l'avez donc vue ? dit le premier eunuque tout essoufflĂ©. Non, rĂ©pondit Zadig, je ne l'ai jamais vue, et je n'ai jamais su si la reine avait une chienne. PrĂ©cisĂ©ment dans le mĂȘme temps, par une bizarrerie ordinaire de la fortune, le plus beau cheval de l'Ă©curie du roi s'Ă©tait Ă©chappĂ© des mains d'un palefrenier dans les plaines de Babylone. Le grand veneur et tous les autres officiers couraient aprĂšs lui avec autant d'inquiĂ©tude que le premier eunuque aprĂšs la chienne. Le grand veneur s'adressa Ă  Zadig, et lui demanda s'il n'avait point vu passer le cheval du roi. C'est, rĂ©pondit Zadig, le cheval qui galope le mieux ; il a cinq pieds de haut, le sabot fort petit ; il porte une queue de trois pieds et demi de long ; les bossettes de son mors sont d'or Ă  vingt-trois carats ; ses fers sont d'argent Ă  onze deniers. — Quel chemin a-t-il pris ? oĂč est-il ? demanda le grand veneur. — Je ne l'ai point vu, rĂ©pondit Zadig, et je n'en ai jamais entendu parler. » Le grand veneur et le premier eunuque ne doutĂšrent pas que Zadig n'eĂ»t volĂ© le cheval du roi et la chienne de la reine ; ils le firent conduire devant l'assemblĂ©e du grand Desterham, qui le condamna au knout, et Ă  passer le reste de ses jours en SibĂ©rie. A peine le jugement fĂ»t-il rendu qu'on retrouva le cheval et la chienne. Les juges furent dans la douloureuse nĂ©cessitĂ© de rĂ©former leur arrĂȘt ; mais ils condamnĂšrent Zadig Ă  payer quatre cents onces d'or, pour avoir dit qu'il n'avait point vu ce qu'il avait vu. Il fallut d'abord payer cette amende ; aprĂšs quoi il fut permis Ă  Zadig de plaider sa cause au conseil du grand Desterham ; il parla en ces termes Étoiles de justice, abĂźmes de science, miroirs de vĂ©ritĂ© qui avez la pesanteur du plomb, la duretĂ© du fer, l'Ă©clat du diamant, et beaucoup d'affinitĂ© avec l'or, puisqu'il m'est permis de parler devant cette auguste assemblĂ©e, je vous jure par Orosmade, que je n ai jamais vu la chienne respectable de la reine, ni le cheval sacrĂ© du roi des rois. Voici ce qui m'est arrivĂ© Je me promenais vers le petit bois oĂč j'ai rencontrĂ© depuis le vĂ©nĂ©rable eunuque et le trĂšs illustre grand veneur. J'ai vu sur le sable les traces d'un animal, et j'ai jugĂ© aisĂ©ment que c'Ă©taient celles d'un petit chien. Des sillons lĂ©gers et longs imprimĂ©s sur de petites Ă©minences de sable entre les traces des pattes m'ont fait connaĂźtre que c'Ă©tait une chienne dont les mamelles Ă©taient pendantes et qu'ainsi elle avait fait des petits il y a peu de jours. D'autres traces en un sens diffĂ©rent, qui paraissaient toujours avoir rasĂ© la surface du sable Ă  cĂŽtĂ© des pattes de devant, m'ont appris qu'elle avait les oreilles ; trĂšs longues ; et comme j'ai remarquĂ© que le sable Ă©tait toujours moins creusĂ© par une patte que par les trois autres, j'ai compris que la chienne de notre auguste reine Ă©tait un peu boiteuse, si je l'ose dire. »Voltaire - Zadig ou La DestinĂ©e - Extrait du chapitre III DIALOGUE DU CHAPON ET DE LA POULARDEL’apologue est un moyen privilĂ©giĂ© pour moraliser, et il prend la forme d’une fable, d’un conte, ou mĂȘme d’un dialogue comme c’est le cas pour celui du chapon et de la poularde. Dans l’extrait ci-dessous, l’auteur, VOLTAIRE, dĂ©montre, dans un but moralisateur, l’absurditĂ© de la conduite des hommes, de leurs traditions, et en profite pour railler la religion et ce qui s’y rapporte. SATIRE DE LA RELIGIONLE CHAPON. - Eh, mon Dieu ! ma poule, te voilĂ  bien triste, qu’as-tu ?LA POULARDE. - Mon cher ami, demande-moi plutĂŽt ce que je n’ai plus. Une maudite servante m’a prise sur ses genoux, m’a plongĂ© une longue aiguille dans le cul, a saisi ma matrice, l’a roulĂ©e autour de l’aiguille, l’a arrachĂ©e et l’a donnĂ©e Ă  manger Ă  son chat. Me voilĂ  incapable de recevoir les faveurs du chantre du jour, et de CHAPON. - HĂ©las! ma bonne, j’ai perdu plus que vous ; ils m’ont fait une opĂ©ration doublement cruelle ni vous ni moi n’aurons plus de consolation dans ce monde ; ils vous ont fait poularde, et moi chapon. La seule idĂ©e qui adoucit mon Ă©tat dĂ©plorable, c’est que j’entendis ces jours passĂ©s, prĂšs de mon poulailler, raisonner deux abbĂ©s italiens Ă  qui on avait fait le mĂȘme outrage afin qu’ils pussent chanter devant le pape avec une voix plus claire. Ils disaient que les hommes avaient commencĂ© par circoncire leurs semblables, et qu’ils finissaient par les chĂątrer ils maudissaient la destinĂ©e et le genre POULARDE. - Quoi ! c’est donc pour que nous ayons une voix plus claire qu’on nous a privĂ©s de la plus belle partie de nous-mĂȘmes ?LE CHAPON. - HĂ©las ! ma pauvre poularde, C’est pour nous engraisser, et pour nous rendre la chair plus POULARDE. - Eh bien! quand nous serons plus gras, le seront-ils davantage ?LE CHAPON. - Oui, car ils prĂ©tendent nous POULARDE. - Nous manger ! ah, les monstres !LE CHAPON. - C’est leur coutume ; ils nous mettent en prison pendant quelques jours, nous font avaler une pĂątĂ©e dont ils ont le secret, nous crĂšvent les yeux pour que nous n’ayons point de distraction ; enfin, le jour de la fĂȘte Ă©tant venu, ils nous arrachent les plumes, nous coupent la gorge, et nous font rĂŽtir. On nous apporte devant eux dans une large piĂšce d’argent ; chacun dit de nous ce qu’il pense ; on fait notre oraison funĂšbre l’un dit que nous sentons la noisette ; l’autre vante notre chair succulente ; on loue nos cuisses, nos bras, notre croupion ; et voilĂ  notre histoire dans ce bas monde finie pour POULARDE. - Quels abominables coquins ! je suis prĂȘte Ă  m’évanouir. Quoi! on m’arrachera les yeux ! on me coupera le cou ! je serai rĂŽtie et mangĂ©e ! Ces scĂ©lĂ©rats n’ont donc point de remords ?LE CHAPON. - Non, m’amie ; les deux abbĂ©s dont je vous ai parlĂ© disaient que les hommes n’ont jamais de remords des choses qu’ils sont dans l’usage de POULARDE. - La dĂ©testable engeance ! Je parie qu’en nous dĂ©vorant ils se mettent encore Ă  rire et Ă  faire des contes plaisants, comme si de rien n’ CHAPON. - Vous l’avez devinĂ© ; mais sachez pour votre consolation si c’en est une que ces animaux, qui sont bipĂšdes comme nous, et qui sont fort au-dessous de nous, puisqu’ils n’ont point de plumes, en ont usĂ© ainsi fort souvent avec leurs semblables. J’ai entendu dire Ă  mes deux abbĂ©s que tous les empereurs chrĂ©tiens et grecs ne manquaient jamais de crever les deux yeux Ă  leurs cousins et Ă  leurs frĂšres ; que mĂȘme, dans le pays oĂč nous sommes, il y avait eu un nommĂ© DĂ©bonnaire qui fit arracher les yeux Ă  son neveu Bernard. Mais pour ce qui est de rĂŽtir des hommes, rien n’a Ă©tĂ© plus commun parmi cette espĂšce. Mes deux abbĂ©s disaient qu’on en avait rĂŽti plus de vingt mille pour de certaines opinions qu’il serait difficile Ă  un chapon d’expliquer, et qui ne m’importent POULARDE. - C’était apparemment pour les manger qu’on les CHAPON. - Je n’oserais pas l’assurer ; mais je me souviens bien d’avoir entendu clairement qu’il y a bien des pays, et entre autres celui des Juifs, oĂč les hommes se sont quelquefois mangĂ©s les uns les POULARDE. - Passe pour cela. Il est juste qu’une espĂšce si perverse se dĂ©vore elle-mĂȘme, et que la terre soit purgĂ©e de cette race. Mais moi qui suis paisible, moi qui n’ai jamais fait de mal, moi qui ai mĂȘme nourri ces monstres en leur donnant mes oeufs, ĂȘtre chĂątrĂ©e, aveuglĂ©e, dĂ©collĂ©e, et rĂŽtie ! Nous traite-t-on ainsi dans le reste du monde ?LE CHAPON. - Les deux abbĂ©s disent que non. Ils assurent que dans un pays nommĂ© l’Inde, beaucoup plus grand, plus beau, plus fertile que le nĂŽtre, les hommes ont une loi sainte qui depuis des milliers de siĂšcles leur dĂ©fend de nous manger ; que mĂȘme un nommĂ© Pythagore, ayant voyagĂ© chez ces peuples justes, avait rapportĂ© en Europe cette loi humaine, qui fut suivie par tous ses disciples. Ces bons abbĂ©s lisaient Porphyre le Pythagoricien, qui a Ă©crit un beau livre contre les broches. O le grand homme ! le divin homme que ce Porphyre ! Avec quelle sagesse, quelle force, quel respect tendre pour la DivinitĂ© il prouve que nous sommes les alliĂ©s et les parents des hommes; que Dieu nous donna les mĂȘmes organes, les mĂȘmes sentiments, la mĂȘme mĂ©moire, le mĂȘme germe inconnu d’entendement qui se dĂ©veloppe dans nous jusqu’au point dĂ©terminĂ© par les lois Ă©ternelles, et que ni les hommes ni nous ne passons jamais ! En effet, ma chĂšre poularde, ne serait-ce pas un outrage Ă  la DivinitĂ© de dire que nous avons des sens pour ne point sentir, une cervelle pour ne point penser ? Cette imagination digne, Ă  ce qu’ils disaient, d’un fou nommĂ© Descartes, ne serait-elle pas le comble du ridicule et la vaine excuse de la barbarie ?Aussi les plus grands philosophes de l’antiquitĂ© ne nous mettaient jamais Ă  la broche. Ils s’occupaient Ă  tĂącher d’apprendre notre langage, et de dĂ©couvrir nos propriĂ©tĂ©s si supĂ©rieures Ă  celles de l’espĂšce humaine. Nous Ă©tions en sĂ»retĂ© avec eux comme dans l’ñge d’or. Les sages ne tuent point les animaux, dit Porphyre ; il n’y a que les barbares et les prĂȘtres qui les tuent et les mangent. Il fit cet admirable livre pour convertir un de ses disciples qui s’était fait chrĂ©tien par POULARDE. - Eh bien! dressa-t-on des autels Ă  ce grand homme qui enseignait la vertu au genre humain, et qui sauvait la vie au genre animal?LE CHAPON. - Non, il fut en horreur aux chrĂ©tiens qui nous mangent, et qui dĂ©testent encore aujourd’hui sa mĂ©moire ; ils disent qu’il Ă©tait impie, et que ses vertus Ă©taient fausses, attendu qu’il Ă©tait POULARDE. - Que la gourmandise a d’affreux prĂ©jugĂ©s ! J’entendais l’autre jour, dans cette espĂšce de grange qui est prĂšs de notre poulailler, un homme qui parlait seul devant d’autres hommes qui ne parlaient point. Il s’écriait que Dieu avait fait un pacte avec nous et avec ces autres animaux appelĂ©s hommes ; que Dieu leur avait dĂ©fendu de se nourrir de notre sang et de notre chair». Comment peuvent-ils ajouter Ă  cette dĂ©fense positive la permission de dĂ©vorer nos membres bouillis ou rĂŽtis ? Il est impossible, quand ils nous ont coupĂ© le cou, qu’il ne reste beaucoup de sang dans nos veines ; ce sang se mĂȘle nĂ©cessairement Ă  notre chair ; ils dĂ©sobĂ©issent donc visiblement Ă  Dieu en nous mangeant. De plus, n’est-ce pas un sacrilĂšge de tuer et de dĂ©vorer des gens avec qui Dieu a fait un pacte ? Ce serait un Ă©trange traitĂ© que celui dont la seule clause serait de nous livrer Ă  la mort. Ou notre crĂ©ateur n’a point fait de pacte avec nous, ou c’est un crime de nous tuer et de nous faire cuire il n’y a pas de CHAPON. - Ce n’est pas la seule contradiction qui rĂšgne chez ces monstres, nos Ă©ternels ennemis. Il y a longtemps qu’on leur reproche qu’ils ne sont d’accord en rien. Ils ne font des lois que pour les violer ; et, ce qu’il y a de pis, c’est qu’ils les violent en conscience. Ils ont inventĂ© cent subterfuges, cent sophismes pour justifier leurs transgressions. Ils ne se servent de la pensĂ©e que pour autoriser leurs injustices, et n’emploient les paroles que pour dĂ©guiser leurs pensĂ©es. Figure-toi que, dans le petit pays oĂč nous vivons, il est dĂ©fendu de nous manger deux jours de la semaine ils trouvent bien moyen d’éluder la loi ; d’ailleurs cette loi, qui te paraĂźt favorable, est trĂšs barbare ; elle ordonne que ces jours-lĂ  on mangera les habitants des eaux ils vont chercher des victimes au fond des mers et des riviĂšres. Ils dĂ©vorent des crĂ©atures dont une seule coĂ»te souvent plus de la valeur de cent chapons ils appellent cela jeĂ»ner, se mortifier. Enfin je ne crois pas qu’il soit possible d’imaginer une espĂšce plus ridicule Ă  la fois et plus abominable, plus extravagante et plus POULARDE. - Eh, mon Dieu ! ne vois-je pas venir ce vilain marmiton de cuisine avec son grand couteau ?LE CHAPON. - C’en est fait, m’amie, notre derniĂšre heure est venue ; recommandons notre Ăąme Ă  POULARDE. - Que ne puis-je donner au scĂ©lĂ©rat qui me mangera une indigestion qui le fasse crever ! Mais les petits se vengent des puissants par de vains souhaits, et les puissants s’en CHAPON. - AĂŻe ! on me prend par le cou. Pardonnons Ă  nos POULARDE. - Je ne puis ; on me serre, on m’emporte. Adieu, mon cher CHAPON. - Adieu, pour toute l’éternitĂ©, ma chĂšre poularde. Le Baron D'Holbach 1723-1789, Le Bon sens, Conte oriental » 1772 Le baron d'Holbach fut collaborateur de l'EncyclopĂ©die, on utilisa ses compĂ©tences en chimie et en mĂ©tallurgie, mais surtout son athĂ©isme et son matĂ©rialisme servirent les idĂ©aux des LumiĂšres. Dans Le Bon sens ou IdĂ©es naturelles opposĂ©es aux IdĂ©es surnaturelles, on trouve un bref Ă©pisode en forme de conte oriental, dont l'anecdote conduit ironiquement le lecteur Ă  rĂ©flĂ©chir Ă  la sagesse divine la Providence. A quelque distance de Bagdad, un dervis, renommĂ© pour sa saintetĂ©, passait des jours tranquilles dans une solitude agrĂ©able. Les habitants d'alentour, pour avoir part Ă  ses priĂšres, s'empressaient chaque jour Ă  lui porter des provisions et des prĂ©sents. Le saint homme ne cessait de rendre grĂąces Ă  Dieu des bienfaits dont sa Providence le comblait. O Allah ! disait-il, que ta tendresse est ineffable pour tes serviteurs, qu'ai-je fait pour mĂ©riter les biens dont ta libĂ©ralitĂ© m'accable ? O monarque des cieux ! O pĂšre de la nature ! quelles louanges pourraient dignement cĂ©lĂ©brer ta munificence et tes soins paternels ! O Allah ! que tes bontĂ©s sont grandes pour les enfants des hommes ! » PĂ©nĂ©trĂ© de reconnaissance, notre ermite fit le vƓu d'entreprendre pour la septiĂšme fois le pĂšlerinage de La Mecque. La guerre qui subsistait alors entre les Persans et les Turcs, ne put lui faire diffĂ©rer l'exĂ©cution de sa pieuse entreprise. Plein de confiance en Dieu, il se met en voyage ; sous la sauvegarde inviolable d'un habit respectĂ©, il traverse sans obstacle les dĂ©tachements ennemis loin d'ĂȘtre molestĂ©, il reçoit Ă  chaque pas des marques de la vĂ©nĂ©ration du soldat des deux partis. A la fin, accablĂ© de lassitude, il se voit obligĂ© de chercher un asile contre les rayons d'un soleil brĂ»lant ; il le trouve sous l'ombrage frais d'un groupe de palmiers, dont un ruisseau limpide arrosait les racines. Dans ce lieu solitaire, dont la paix n'Ă©tait troublĂ©e que par le murmure des eaux et le ramage des oiseaux, l'homme de Dieu rencontre, non seulement une retraite enchantĂ©e, mais encore un repas dĂ©licieux ; il n'a qu'Ă  Ă©tendre la main pour cueillir des dattes et d'autres fruits agrĂ©ables ; le ruisseau lui fournit le moyen de se dĂ©saltĂ©rer bientĂŽt un gazon vert l'invite Ă  prendre un doux repos ; Ă  son rĂ©veil il fait l'ablution sacrĂ©e et dans un transport d'allĂ©gresse, il s'Ă©crie, O Allah ! que tes bontĂ©s sont grandes pour les enfants des hommes ! » Bien repu, rafraĂźchi, plein de force et de gaietĂ©, notre saint poursuit sa route ; elle le conduit quelque temps au travers d'une contrĂ©e riante qui n'offre Ă  ses yeux que des coteaux fleuris, des prairies Ă©maillĂ©es, des arbres chargĂ©s de fruits. Attendri par ce spectacle, il ne cesse d'adorer la main riche et libĂ©rale de la providence, qui se montre partout occupĂ©e du bonheur de la race humaine. Parvenu un peu plus loin, il trouve quelques montagnes assez rudes Ă  franchir, mais une fois arrivĂ© Ă  leur sommet, un spectacle hideux se prĂ©sente tout Ă  coup Ă  ses regards ; son Ăąme en est consternĂ©e. II dĂ©couvre une vaste plaine, entiĂšrement dĂ©solĂ©e par le fer et la flamme ; il la mesure des yeux et la voit couverte de plus de cent mille cadavres, restes dĂ©plorables d'une bataille sanglante qui depuis peu de jours s'Ă©tait livrĂ©e dans ces lieux. Les aigles, les vautours, les corbeaux et les loups dĂ©voraient Ă  l'envi les corps morts, dont la terre Ă©tait jonchĂ©e. Cette vue plonge notre pĂšlerin dans une sombre rĂȘverie le ciel, par une faveur spĂ©ciale, lui avait donnĂ© de comprendre le langage des bĂȘtes ; il entendit un loup gorgĂ© de chair humaine, qui, dans l'excĂšs de sa joie, s'Ă©criait, O Allah ! que tes bontĂ©s sont grandes pour les enfants des loups ! ta sagesse prĂ©voyante a soin d'envoyer des vertiges Ă  ces hommes dĂ©testables si dangereux pour nous. Par un effet de ta providence, qui veille sur tes crĂ©atures, ces destructeurs de notre espĂšce s'Ă©gorgent les uns les autres, et nous fournissent des repas somptueux. O Allah que tes bontĂ©s sont grandes pour les enfants des loups ! » LE VOYAGE LITTERAIRE Entre les XVIIĂšme et XVIIIĂšme siĂšcles, les progrĂšs de la navigation lointaine permettent la conquĂȘte d'espaces et de savoirs nouveaux. Les rĂ©cits de Louis Antoine de BOUGAINVILLE, au retour d'un voyage autour du monde entre 1766 et 1769, ou de Jean François de LA PEROUSE, disparu alors que son navire se trouvait au sud de l'Australie, apportent la certitude que le monde ne se limite pas Ă  l'Europe chrĂ©tienne et que l'idĂ©e de civilisation est une notion relative. Plus hardis que ceux du XVIIĂšme siĂšcle, les Ă©crivains des LumiĂšres sont eux-mĂȘmes des voyageurs, au moins en Europe et dans le pourtour mĂ©diterranĂ©en ; et il n'est pas un seul de leurs voyages qui ne donne lieu Ă  la rĂ©daction de leurs conclusions, tels VOLTAIRE parti pour l'Angleterre ou MONTESQUIEU de retour d'Italie. Mus par la curiositĂ© et par le dĂ©sir de comprendre, ils mettent ainsi Ă  profit leurs observations pour renverser leur regard et se livrer Ă  des analyses comparatives dont MONTAIGNE humaniste du 16Ăšme siĂšcle, avant eux, avait montrĂ© la justesse. Le passage Ă  la fiction permet Ă  ces Ă©crivains plus d'audace et de libertĂ© ainsi naĂźt le hĂ©ros voyageur, venu de l'espace ex MicromĂ©gas chez VOLTAIRE, ou s'y rendant comme le narrateur des Etat et Empires de la Lune, chez Cyrano de BERGERAC, ingĂ©nu dĂ©barquĂ© d'AmĂ©rique dans le conte L'IngĂ©nu, de VOLTAIRE ou faux candides persans en visite en Europe Lettres persanes de MONTESQUIEU. Tous portent un regard "Ă©tranger", toujours critique sur la sociĂ©tĂ© europĂ©enne. La satire prend ainsi Ă  revers la censure et contribue aux changements que la sociĂ©tĂ© rĂ©clame.

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